La pièce Michelin ouvrira la 61e saison du TDP (Courtoisie TDP/Raphaël Nikiema)

LE THÉÂTRE DENISE-PELLETIER DÉVOILE LES 11 SPECTACLES DE SA 61e SAISON

Pour sa 61e saison, qui débutera le 28 août prochain, le Théâtre Denise-Pelletier (TDP) annonce une programmation qui comportera 11 spectacles. Chaque pièce, qu’elle soit une oeuvre originale ou issue du répertoire, mettra en scène des personnages animés par une quête de l’identité.

L’exploration de soi sera au cœur de la saison 2024-2025 du TDP. « Les personnages des pièces présentées se lancent dans des quêtes initiatiques ou des voyages introspectifs complexes », révèle Claude Poissant, directeur artistique du théâtre depuis 2014.

4 pièces se joueront dans la grande salle Denise-Pelletier, comptant 800 places, et 5 pièces dans la salle Fred-Barry, de 130 places. Pour la grande salle, les choix de spectacles sont dictés par un principe bien précis : « 95 % des pièces s’inspirent du répertoire. Celui-ci peut être le point de départ, la source d’inspiration ou une reprise identique de la pièce originale, bien que le metteur en scène en propose toujours une approche personnelle inédite », explique Claude Poissant. Le répertoire, dans le domaine des arts du spectacle dont le théâtre, désigne l’ensemble des œuvres devenues des références grâce à leur qualité qui, au fil du temps, se fait apprécier et reconnaître par le public et un grand nombre d’interprètes.

Dans la salle Fred-Barry, qui accueille un style de pièces davantage contemporain, le TDP fait une sélection parmi une multitude de projets d’artistes : « On nous a présenté 80 projets cette année. On aimerait toujours en garder davantage », confie le directeur artistique. 

Le répertoire classique dans la grande salle

Claude Poissant est ravi de cette nouvelle programmation et en particulier de ses pièces d’ouverture : « Le fait d’ouvrir avec Peau d’Âne dans la grande salle me donne l’impression d’entrer littéralement dans un nouveau cycle. Ce perpétuel changement de costume jusqu’à accéder à la vérité est une belle métaphore de l’être humain et du théâtre », confie-t-il. 

Claude Poissant, directeur artistique du TDP (Courtoisie TDP/Raphaël Nikiema)

Du 25 septembre au 19 octobre 2024, le TDP proposera donc une nouvelle version originale de ce classique, éloignée de celle de Charles Perrault et du film de Jacques Demy. Les metteurs en scène Félix-Antoine Boutin et Sophie Cadieux offrent un jeu de métamorphoses où chaque costume devient une tentative d’affirmation de soi. 

Du 12 novembre au 7 décembre, une héroïne antique ressuscitera sur les planches du TDP dans Iphigénie. Le dramaturge portugais Tiago Rodrigues, directeur du célèbre Festival d’Avignon en France, propose une adaptation libre de cette oeuvre de Racine qui expose les enjeux de sacrifice et de devoir. En 1964, la Nouvelle Compagnie théâtrale (NCT), qui deviendra plus tard le TDP, inaugurait son existence avec une représentation d’Iphigénie. Cette production constituait une première au Québec : jamais auparavant une pièce de théâtre professionnelle n’avait été présentée à un public exclusivement étudiant.

Du 28 janvier au 22 février 2025, le TDP invite les spectateurs à se plonger dans une oeuvre de Machiavel : Le Prince. Ce traité politique offre un regard éclairant sur la nature du pouvoir et de la condition humaine. « À l’origine, il s’agit d’une lettre de Machiavel destinée au prince Laurent de Médicis. Avec le temps, cette lettre est devenue le livre de chevet des gens de pouvoir », raconte le directeur artistique du TDP. Les auteurs Olivier Morin et Guillaume Tremblay en proposent ici une farce éducative et futuriste sur les enjeux de pouvoir.

Du 18 mars au 11 avril 2025, la grande salle clôturera sa saison avec Orgueil et Préjugés, le chef-d’oeuvre de Jane Austen. Cette comédie romantique explore les relations sociales, la vie de famille et les conventions du mariage dans l’Angleterre rurale du 19e siècle. Cette pièce met en scène Elizabeth et Darcy, l’un des couples les plus connus de la littérature britannique.

Les comédiens Stéphanie Arav et Thomas Derasp-Verge interprètent Elizabeth et Darcy (Courtoisie TDP/Raphaël Nikiema)

Des pièces originales à Fred-Barry 

Du 28 août au 21 septembre, le TDP ouvre sa saison à la salle Fred-Barry avec Michelin. Le dramaturge Michel-Maxime Legault propose une oeuvre biographique dans laquelle la ruralité croise l’hypersensibilité. L’homme de théâtre tisse une histoire poétique qui célèbre l’appartenance et la différence.

Du 29 octobre au 16 novembre, les spectateurs frissonneront devant la sombre fable Ma vie rouge Kubrick. Dans le roman éponyme dont la pièce est inspirée, le romancier Simon Roy intègre ses traumatismes personnels à son analyse du film The Shining, chef-d’œuvre de Stanley Kubrick qui le passionnait. Cette pièce mettra en scène ce jeu de miroirs entre le romancier québécois et le légendaire cinéaste américain. 

Du 19 novembre au 7 décembre, la pièce Le poids des fourmis de David Paquet revient pour une seconde fois sous les projecteurs de la salle Fred-Barry. La pièce avait remporté le Prix littéraire du Gouverneur général, puis le Prix Françoise-Graton pour la scénographie périlleuse d’Odile Gamache. Cette nouvelle version, cette fois mise en scène par Philippe Cyr, explore le mal-être adolescent à travers les personnages de Jeanne et Olivier qui expriment leur frustration face au monde qui les entoure. 

Du 25 mars au 12 avril 2025, le TDP joue La femme de nulle part, une pièce au titre évocateur. Son autrice, Anna Sanchez, donne vie à son alter ego, Nora, embarquant le public dans un voyage introspectif à la recherche de son identité. L’histoire personnelle se mêle à la grande Histoire, soulignant l’impact des événements historiques sur les individus et les familles.

Du 17 avril au 2 mai 2025, le SCRIPTARIUM est de retour pour sa huitième édition. Ce laboratoire d’écriture a déjà permis à 10 000 jeunes de s’exprimer. L’artiste Elkahna Talbi, alias Queen Ka, invite les jeunes à « répliquer », et ce, librement et grâce à l’art scénique. 

Du théâtre documentaire

Toujours dans la salle Fred-Barry, de nouvelles oeuvres célèbrent une forme hybride du théâtre documentaire. Se déroulant du 21 janvier au 8 février 2025, Monstres est une fiction ponctuée de témoignages percutants de jeunes adultes ayant récemment quitté le système de placement de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). L’autrice Marie-Ève Bélanger et la metteure en scène Marie-Andrée Lemieux collaborent avec le Collectif Ex-Placé DPJ et empruntent les voies de la fiction pour dénoncer la réalité effroyable de cette jeunesse.

Du 18 février au 1er mars 2025, OH! CANADA — Chapitre 1 : L’Est du pays propose le premier volet d’un vaste projet documentaire qui sonde l’état du fait français sur le territoire canadien. Avec humour et lucidité, Danielle Le Saux-Farmer et Noémie F. Savoie présentent un état des lieux statistique et une cartographie des terrains les plus minés, parmi lesquels ont cours la francisation, l’immigration et la montée de l’anti-bilinguisme. Chaque représentation sera suivie d’une discussion de 20 minutes avec le public afin de pouvoir échanger sur ces différents sujets d’actualité. 

OH! CANADA est une pièce qui offrira un espace de réflexion et de discussion aux spectateurs (Courtoisie TDP/Raphaël Nikiema)

Pour davantage de détails, rendez-vous sur le site web du Théâtre Denise-Pelletier, ICI.