Caroline Bourgeois, candidate à la mairie de RDP-PAT sous les couleurs de Projet Montréal (photo : EMM).

PLATEFORME LOCALE AMBITIEUSE POUR CAROLINE BOURGEOIS

Tout au long de la présente campagne électorale municipale, EST MÉDIA Montréal vous proposera plusieurs rencontres avec des aspirant.es à la mairie d’arrondissements de l’est, question de découvrir à la fois leur plateforme locale et leur vision de certains enjeux liés au territoire. Aujourd’hui, Caroline Bourgeois, candidate de Projet Montréal dans Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

S’il y a une lutte intéressante à suivre dans l’est de Montréal dans le cadre de cette élection municipale, c’est probablement celle de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. Si Projet Montréal y a fait une percée plus ou moins surprenante en faisant élire à la mairie Caroline Bourgeois il y a trois ans, dans le cadre d’une partielle, il n’en demeure pas moins que l’élection était très serrée et qu’au Conseil d’arrondissement la majorité des élu.es sortant.es portent les couleurs d’Ensemble Montréal. Rappelons également que Chantal Rouleau, sous l’équipe Coderre, était aussi bien en selle comme mairesse de l’arrondissement avant de faire le saut en politique provinciale.

Par contre, Caroline Bourgeois semble appréciée par plusieurs sur le territoire et bénéficie d’appuis de gens influents dans l’est de Montréal, c’est un secret de polichinelle. Par ailleurs, Valérie Plante avait aussi fait un bon coup en créant le siège de responsable des dossiers de l’est et en nommant rapidement la nouvelle mairesse de RDP-PAT à ce poste, la mettant ainsi à l’avant-plan dans plusieurs grands dossiers plutôt médiatisés, sans parler de sa nomination par la suite au poste de responsable de la sécurité publique. Ajoutons à cela que passablement de réalisations ont été faites dans l’arrondissement depuis 2018, par exemple l’aménagement de la friche ferroviaire dans P.A.T. en parc linéaire, le projet Poussette dans RDP, l’avancement de la Plage de l’est, navette fluviale, etc. Reste à voir maintenant si ce sera suffisant pour permettre à Projet Montréal de prendre la mairie et la majorité dans cet arrondissement lors du prochain scrutin.

Une plateforme locale étoffée

Rencontrée dans son local électoral du Vieux-Pointe-aux-Trembles la semaine dernière, la candidate en était à faire les derniers ajustements de son programme pour un prochain mandat dans RDP-PAT. Et à la lecture de ce dernier, que nous avons pu consulter juste avant l’entretien, on constatait rapidement que l’équipe de la mairesse sortante était prête depuis un certain temps, car la plateforme est plutôt volumineuse et détaillée.

Patrimoine

Annoncé officiellement hier, Caroline Bourgeois souhaite notamment créer une place publique d’envergure sur le site de la Chapelle de la Réparation, à temps pour souligner le 350e anniversaire de Pointe-aux-Trembles en 2024. « Le 350e anniversaire est un moment phare pour Pointe-aux-Trembles pour nous reconnecter avec notre passé et nous propulser dans le futur. Quoi de mieux que le site de la Chapelle de la Réparation pour se faire? Il s’agit d’un lieu privilégié et cher à de nombreux citoyens de notre arrondissement qui s’y regroupent pour accéder au boisé. Je souhaite mettre en valeur ce lieu pour qu’il soit à la hauteur de son importance historique pour Pointe-aux-Trembles », a-t-elle déclaré par voie de communiqué.

Propriété des frères Capucins, le site de la Chapelle de la Réparation a été fondé par Marie de La Rousselière. Il est situé tout au bout du boulevard qui porte aujourd’hui le nom de la Rousselière, et qui fait le lien entre le boisé de la Réparation, le parc-nature de La Pointe-aux-Prairies et le Fleuve Saint-Laurent. Son histoire est intimement liée au développement de Pointe-aux-Trembles. En plus de la Chapelle de la Réparation, on y retrouve la salle Padre Pio et un immense espace asphalté qui est sous-utilisé. C’est une partie de cette marée d’asphalte que la mairesse souhaite mettre en valeur avec une place publique comme leg du 350e anniversaire de Pointe-aux-Trembles. « J’y vois un lieu de rassemblement, où les citoyens pourront se retrouver naturellement pour leurs activités. On créerait une véritable place publique qui pourrait accueillir des événements culturels et animer ce site grandiose avec un potentiel immense. » Soulignons également que le chemin de croix dans le boisé de la Réparation et la Scala Santa constituent un des plus importants lieux de pèlerinage du Québec.

La mairesse sortante vise d’autres actions au niveau du patrimoine bâti dans RDP-PAT, notamment en créant un répertoire des bâtiments d’intérêts à protéger (autres que ceux déjà classés par le gouvernement). Elle désire aussi ouvrir au public la Maison Emeryl-Pepin, située à l’ouest du pont de l’A25 sur le boulevard Gouin, maison appelée « à devenir la porte d’entrée de l’arrondissement, du futur parc de l’Île Lapierre et de la promenade Gouin. » Finalement, elle propose de mettre en valeur la Maison Bleau, une rare maison patrimoniale de ferme en bois qui subsiste encore à Montréal. Elle est située dans le parc de la Pointe-aux-Prairies, près du boulevard Gouin.

Voir vert

Impossible en 2021 de ne pas laisser une place prépondérante à l’environnement dans une plateforme électorale, et celle de Caroline Bourgeois ne fait pas exception. Ainsi elle réitère sa volonté de créer un Grand parc de l’est en liant plusieurs espaces verts sur le territoire, dont notamment un futur écoparc de l’Île Sainte-Thérèse qui serait accessible par navette fluviale. Elle parle aussi d’aménager un nouveau parc local pour les résidents du projet immobilier du Faubourg Pointe-aux-Prairies, d’un autre pour les résidents du secteur du Ruisseau-Pinel, et de créer un nouveau parc riverain devant l’église Sainte-Marthe au cœur de Rivière-des-Prairies.

En plus de poursuivre l’aménagement du parc linéaire de l’ancienne friche ferroviaire qui traverse P.A.T., Caroline Bourgeois aimerait dans un prochain mandat aménager la friche sous la ligne d’Hydro-Québec (36e-39e avenue à P.A.T.), de même que celle sur le terrain d’Enbridge entre la 57e et la 58e à R.D.P. Principalement, elle aimerait que la nouvelle vocation de ces friches soit consacrée au développement de l’agriculture urbaine, une de ses politiques phares instaurées dans le mandat précédent. Elle prévoit également la plantation de 7 500 arbres sur le territoire d’ici 2026.

Infrastructures

Côté grands projets d’infrastructure, Caroline Bourgeois a dans sa mire la réfection complète de la rue Sherbrooke dans P.A.T. Elle compte profiter des travaux du REM de l’est pour reconstruire à neuf cette artère majeure. « Ici Sherbrooke est une rue qui n’a pas d’infrastructures dignes d’une grande ville, en fait elle se compare à une route de campagne. L’arrivée du REM, c’est le grand projet que Sherbrooke avait besoin pour se mettre à niveau », dit-elle. Au sujet par ailleurs d’une station du REM à Rivière-des-Prairies, que CDPQ Infra n’a toujours pas dans ses cartons, Caroline Bourgeois s’enflamme assez vite avec ce dossier. « Je ne peux pas justifier qu’on appelle ce mode de transport REM de l’est sans que l’on desserve le territoire de Rivière-des-Prairies. Pour moi ça ne fait pas de sens et je continuerai de me battre pour une station de toutes mes forces », dit-elle, ajoutant qu’elle est déçue du peu d’appui de Québec dans ce dossier jusqu’à maintenant.

Toujours dans le domaine de la mobilité, la candidate de Projet Montréal souhaite pérenniser la navette fluviale vers le centre-ville et prévoir des aménagements permanents en vue d’accueillir un éventuel réseau de navettes plus développé. Elle aimerait également, entre autres, améliorer l’état du réseau cyclable sur le territoire.

Parmi d’autres projets d’infrastructure que l’on retrouve dans la plateforme de l’équipe Bourgeois, soulignons la poursuite du projet Espace Rivière, également du projet de réaménagement du boulevard Gouin vers l’est entre le pont de l’A40 et la rue Sherbrooke, et la revitalisation du Vieux-Pointe-aux-Trembles (adoption d’un plan particulier d’urbanisme 2021-2031).

Loisirs

Plusieurs choses au niveau du loisir dans le programme de Projet Montréal RDP-PAT. D’abord on met l’accent sur les activités hivernales avec l’idée d’aménager une patinoire réfrigérée dans chaque secteur (R.D.P. et P.A.T.) et d’ouvrir un grand sentier glacé dans le parc de la Pointe-aux-Prairies, projet qui pourrait même devenir un lieu de destination pour l’ensemble des Montréalais.

Passant au mode estival, on propose par ailleurs la création d’un circuit de canot-kayak reliant les différentes îles et rives ceinturant la rivière des Prairies et le fleuve, en collaboration avec les administrations municipales environnantes. « L’idée, c’est de baliser un tel circuit, le rendre sécuritaire, et le promouvoir. Avec l’ajout récent de quais et le projet d’en installer d’autres pour de petites embarcations, on peut faire quelque chose d’unique à Montréal pour ce genre d’activité », explique Caroline Bourgeois.

« Il y a d’autres engagements qui sortiront aussi un peu plus tard dans la campagne, entre autres au niveau du logement et au sujet de la sécurité. J’invite les gens à rester à l’affût, je pense que c’est une campagne qui s’annonce intense et ça va certainement bouger encore dans les prochaines semaines », conclut Caroline Bourgeois, visiblement en forme dans ce premier tiers de campagne.