
Maison d’après-guerre dans l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (Courtoisie Ville de Montréal)
21 juillet 2025VSP simplifie sa règlementation sur le patrimoine des bâtiments
Au conseil d’arrondissement de juin dernier, l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (VSP) a adopté une révision de son règlement sur la gestion du patrimoine. L’arrondissement a par le fait même procédé à une refonte simplifiée des secteurs patrimoniaux protégés ainsi qu’à l’élaboration d’une liste de nouveaux bâtiments d’intérêt architectural.
Cette liste de 24 bâtiments comprend surtout des édifices situés à l’extérieur des nouvelles zones protégées, lesquelles ont été élargies afin d’inclure un plus grand nombre de bâtiments.
Sur ce nouveau plan des secteurs patrimoniaux de l’arrondissement, la délimitation des zones s’avère moins complexe qu’auparavant. « Avant, quand on regardait la carte et les frontières, il y avait beaucoup d’exceptions. Là, c’est plus un grand secteur uniforme au centre de Villeray », résume Sylvain Ouellet, conseiller de la Ville pour l’arrondissement de VSP.
Dans la même veine, l’arrondissement a éliminé les diverses catégories et sous-catégories attribuées à certains territoires. « Avant, il y avait différentes catégories au niveau patrimonial. Par exemple, sur Saint-Denis, c’était « AA ». Souvent, le reste du secteur Villeray, c’était « A ». Cette classification n’existe plus », donne en exemple M. Ouellet.

Sylvain Ouellet, conseiller de la Ville pour l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (Courtoisie Ville de Montréal)
VSP a également ajouté des secteurs patrimoniaux qui n’étaient pas reconnus avant. « Il y avait des secteurs où on ne comprenait pas pourquoi ils n’avaient pas été inclus au départ. Par exemple, sur la 6ᵉ avenue, sur trois pâtés de maison, du côté ouest, ce sont des jumelés d’après-guerre similaires. Probablement fait par le même entrepreneur, exactement le même design. Sauf qu’il y avait seulement deux des trois tronçons de rue qui avaient été mis dans la zone patrimoniale. »
Nouvelle liste de bâtiments d’intérêt local
Si une grande importance est accordée à l’ajout de secteurs patrimoniaux ou à leur reconfiguration, de nouveaux bâtiments en dehors de ces secteurs pourront aussi être protégés en vertu des modifications au règlement.
M. Ouellet donne en exemple l’ancien hôtel de ville de la cité Saint-Michel, dans le parc François-Perreault. « Elle était déjà classée dans l’ancien règlement. Sauf que, comme on fait une refonte complète des secteurs, il faut quand même venir protéger ce qui est à l’extérieur de ces zones-là. »
Pour déterminer la valeur patrimoniale de ces édifices, l’arrondissement a vérifié à quel point leurs éléments architecturaux d’origine avaient été préservés. Certains édifices ont également été retenus pour leur style architectural représentatif de l’esthétique de certaines époques. M. Ouellet cite en exemple la caisse populaire près de l’ancienne église Saint-Barthélémy, située au coin des rues Jean-Talon Est et Louis-Hémon. « Dans les années 60-70, il y a eu beaucoup de caisses qui ont décidé d’opter pour une architecture un peu « flyée ». Celle-là était moderniste », précise-t-il.
Typologie des bâtiments
L’arrondissement propose également de nouvelles fiches typologiques répertoriant les différents types de bâtiments, le tout dans le but de bien orienter les propriétaires de maisons classées patrimoniales lors de rénovations. En sachant à quel type de propriétés appartient leur maison, ils seront mieux outillés pour respecter les normes patrimoniales. La démarche, selon Sylvain Ouellet, sert surtout à « illustrer les travaux permis dans les secteurs patrimoniaux. » Les fiches pourraient aussi simplifier le travail « des entrepreneurs et du monde qui gèrent les permis de rénovation ».
Parmi les types d’habitations potentiellement patrimoniales dans VSP, on retrouve « les anciennes maisons de vétérans, des jumelées d’après-guerre, différents types de plex ou encore différents types de shoebox », énumère le conseiller.
D’ailleurs, les maisons d’après-guerre, construites dans quelques quartiers montréalais à partir de 1945, ainsi que les shoebox, apportent leur lot de défis patrimoniaux pour les propriétaires désirant les rénover ou les transformer partiellement, indique M. Ouelet. « Les maisons d’après-guerre sont relativement petites. Surtout par rapport à la taille du terrain. On comprend que les gens veulent les agrandir, mais on ne veut pas perdre leur intérêt patrimonial. Donc, on a fait un guide leur montrant comment les agrandir sans les dénaturer. On y dit ce qu’on accepte, ce qu’on accepterait pas », précise-t-il.
L’arrondissement demeure relativement permissif en matière d’agrandissement des maisons shoebox. D’ailleurs, plusieurs d’entre elles ont, au fil des ans, été surélevées d’un étage. « D’autres arrondissements ont décidé de vraiment limiter les agrandissements. Nous, on n’a pas vraiment été dans cette direction-là. »
De nouveaux matériaux permis
Autre nouveauté dans la modification du règlement : l’arrondissement permet maintenant l’utilisation de nouveaux matériaux pour remplacer certaines parties d’origine des maisons patrimoniales. « Par exemple, pour un garde-corps, le matériel original, c’était du bois. Mais le bois, c’est quand même coûteux et c’est surtout difficile à entretenir. On permet maintenant du polyuréthane », donne en exemple le conseiller de la Ville.
Selon ce dernier, cette tolérance envers l’utilisation de matériaux alternatifs ne changera en rien l’aspect visuel du bâtiment en termes de couleur ou de dimension. D’autant plus que l’obligation de n’utiliser que des matériaux d’origine complexifiait le processus de rénovation. « C’est ça qui est compliqué pour les citoyens. On ne veut pas qu’il fasse affaire avec un architecte juste pour refaire leur balcon ou des choses comme ça », termine-t-il.







