
Le réalisateur de musique « Le Mind » donne un atelier dans le studio mobile de VRIX. (Photo : Marie-Claire Denis)
28 septembre 2026VRIX : offrir la culture à tous les jeunes de l’est

Avec son van multifonctionnel 100 % électrique, l’OBNL VRIX se déplace dans des espaces publics ou privés pour animer divers événements culturels. Créé par Marc-Evans Jeannot, ancien représentant promotion et marketing chez Universal Music Canada, le projet veut notamment rendre la culture plus accessible aux jeunes.
C’est un véhicule que l’on ne peut pas manquer. Frappé d’un très coloré logo VRIX pour « véhicule rythmique interactif expérientiel », le petit camion se gare partout où on lui réclame un DJ set, une animation interactive, un magasin éphémère ou un studio mobile.
Après plusieurs années passées dans l’industrie musicale, Marc-Evans Jeannot a eu l’idée « d’une sorte de disco mobile des années 1980, mais version 2026 », qui pourrait se déplacer partout pour offrir des événements culturels.
Si les événements de VRIX s’adressent aux arrondissements, aux commerces et aux entreprises, sa mission vise avant tout les jeunes, auprès de qui Marc-Evans Jeannot veut se rendre utile en leur partageant son « expérience et son réseau dans l’industrie », explique le fondateur.

Le van multifonctionnel de VRIX (Photo : Courtoisie VRIX)
Des ateliers pour la jeunesse
L’OBNL propose ainsi de nombreux ateliers d’initiation au balado, à la musique, à la vidéo et à la méditation culturelle, le tout animé par des professionnels du secteur. Les formations se déroulent à même le camion, aménagé et équipé pour l’occasion, ou dans les locaux des organismes avec qui VRIX collabore.
Cette semaine, c’est au Service d’aide communautaire (SAC) d’Anjou que le van fait un arrêt, dans le cadre du projet Anjou en balado : jeunesse en voix, quartier en action. Durant tout l’été, VRIX a ainsi sillonné l’arrondissement pour offrir des ateliers aux adolescents de 12 à 17 ans.
Le SAC a fait appel à VRIX à l’occasion de sa Journée du refus de l’échec scolaire. Safiétou Kane, coordonnatrice de l’organisme communautaire, se réjouit de cette collaboration, qui permet au SAC de diversifier son offre d’activités aux jeunes.
Marc-Evans Jeannot, lui-même originaire d’Anjou, collabore régulièrement avec les OBNL locaux pour leur connaissance du terrain, mais aussi pour encourager la vie communautaire locale.
Ce soir, deux ateliers seront donnés à une dizaine de jeunes. L’un est une initiation au DJing, animée par le DJ Randy Jaymz, et l’autre est dédié à l’animation de balado, présenté par l’animatrice, artiste et entrepreneuse Keithy Antoine.

L’équipe présente lors d’un atelier de VRIX. De gauche à droite : Marc-Evans Jeannot, la coordonatrice Safiétou Kane, l’animatrice Keithy Antoine et le DJ Randy Jaymz. (Photo : Courtoisie VRIX)
Ces formations d’une heure comportent une partie d’apprentissages techniques, mais aussi de nombreux échanges qui dépassent la musique. « Je me suis demandé ce que j’aurais voulu entendre à cet âge-là. J’aurais aimé entendre des trucs concrets pour passer à la prochaine étape. Puis aussi de comprendre qu’on n’a pas besoin de tout faire dans la vingtaine », confie Keithy Antoine, qui tient à « redonner de son temps » aux jeunes à travers le mentorat.
Inspirer les jeunes
Pour la coordonnatrice Safiétou Kane, les balados sont de véritables « espaces d’échange » pour les jeunes. « Avec les intervenants, on est tout le temps autour de la table à parler pour les jeunes, mais ce serait bien aussi d’avoir la parole des premiers concernés, pour qu’ils nous parlent de leur réalité, de ce qu’ils voudraient, de ce qui pourrait les aider à réussir à l’école et ne pas décrocher. »
Ces ateliers leur permettent également de « découvrir autre chose » et de voir « toutes les perspectives qui s’offrent à eux et à elles ». Dans un contexte de lutte contre le décrochage scolaire, ces initiations aux métiers culturels sont bénéfiques. « Ce sont peut-être de futurs DJ ou animateurs et animatrices », se réjouit la coordonnatrice.
Un objectif partagé par Marc-Evans Jeannot, qui veut encourager les jeunes à persévérer dans un domaine qui les intéresse. « J’aimerais qu’ils retiennent les différentes alternatives qui existent, et qu’ils soient motivés. C’est important pour moi qu’ils aient une passion », raconte le féru de musique.
C’est aussi un moyen de se découvrir en tant que personne, estime Keithy Antoine. « Il faut essayer le plus de choses possibles et essayer de comprendre qui on est. Ses défauts, ses forces, ce qu’on aime ou pas… Puis ce n’est pas en chillant sur une tablette qu’on peut trouver ça », avance l’animatrice avec un sourire.
Une proximité essentielle
« La culture devrait se déplacer vers les gens, et non pas l’inverse », fait valoir VRIX dans sa présentation. L’OBNL entend répondre aux enjeux d’accessibilité de la culture, notamment dans les « quartiers en périphérie où c’est plus difficile », comme l’observe Safiétou Kane.
En se déplaçant directement auprès des jeunes, les ateliers de VRIX leur évitent « de devoir aller au centre-ville, et de payer X frais pour assister à une conférence », défend le fondateur.
Mais c’est aussi pour « redorer l’image d’Anjou », qui souffre de préjugés, que VRIX tient à son ancrage local, explique Marc-Evans Jeannot. « C’est une très belle ville, multiethnique, avec des jeunes qui ont beaucoup de potentiel. Il y a vraiment quelque chose de beau à faire ».
Ce projet est réalisé grâce au soutien financier du gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal dans le cadre de l’Entente de développement culturel de Montréal.











