(Photo tirée de la page Facebook de PME MTL Centre-Est)

Villeray : des commerces « pas ordinaires » recherchés sur St-Hubert

Un appel à projets a été lancé récemment par l’arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension (VSP) et PME MTL Centre-EST. L’objectif? Trouver des entrepreneurs qui souhaitent ouvrir des commerces « pas ordinaires » sur la rue Saint-Hubert, au nord de la rue Jean-Talon, un secteur à redynamiser.

Mais que veut-on dire par « pas ordinaires » exactement? Les commerces recherchés sont de proximité et apporteront une valeur ajoutée concrète à la rue et à la vie du quartier. Il pourrait s’agir d’épiceries, de boulangeries, de poissonneries ou encore d’ateliers de réparation ou de magasins de vélo, par exemple, illustre Isabelle Paille, directrice du développement commercial chez PME MTL Centre-Est. De plus, les initiatives valorisées seront celles portant des valeurs sociales et environnementales : seconde main, économie circulaire, durabilité.

En effet, l’arrondissement cherche à favoriser des commerces de proximité, mais aussi en adéquation avec les valeurs de transition écologique et de développement durable. « L’impact attendu n’est pas seulement économique, mais aussi social, notamment en appuyant les initiatives locales et en créant des emplois pour des groupes sous-représentés (jeunes, personnes en situation de handicap, etc.) », ajoute Martine Musau Muele, conseillère municipale de Villeray.

Isabelle Paille, directrice du développement commercial chez PME MTL Centre-Est (Courtoisie/Myriam Baril-Tessier)

« Cette vision repose sur notre connaissance fine du territoire, appuyée par une étude de marché en cours », explique Mme Paille. Cette étude est effectivement en branle pour analyser les habitudes de consommation et les besoins des résidents. L’idée est de s’assurer que les futurs commerces soient complémentaires à l’offre existante et répondent réellement aux attentes de la population locale.

L’appel vise à faciliter l’implantation d’un nouveau commerce, mais une autre avenue possible pour accéder à la subvention serait de transformer « de manière notable un commerce existant ». Encore une fois, que veut-on dire par là? « Une transformation majeure doit être structurante, c’est-à-dire qu’elle doit entraîner un changement notable dans l’expérience client, l’offre commerciale ou la performance des ventes », nous indique-t-on. De simples rénovations esthétiques ou des changements d’enseigne ne sont pas considérés comme admissibles, par exemple.

Le territoire

Le tronçon visé est celui au nord de la rue Jean-Talon, qu’on associe souvent faussement à la Plaza Saint-Hubert, située au sud. « Il fait suite à la Plaza, mais il possède désormais sa propre identité », souligne la directrice du développement commercial. Néanmoins, la portion de la rue Saint-Hubert ciblée suscite un certain « blocage psychologique » chez plusieurs, qui pourrait être lié à son aménagement, croit l’équipe de PME MTL Centre-Est. « C’est une zone à forte circulation, plus large, et donc perçue différemment de la Plaza, qui est plus dense et animée. »

La zone ciblée affiche un taux de vacance de 17 %, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne, soutient Mme Musau Muele, et ce qui en fait un secteur stratégique pour accueillir de nouveaux commerces. L’idée est donc de reconnecter cette rue à sa communauté locale, « en attirant des commerces porteurs de sens et de valeurs ancrées dans le tissu local », complète Mme Paille.

Une attention particulière sera aussi portée à l’intégration des futurs commerces dans la trame actuelle du quartier Villeray. « Le secteur présente une diversité commerciale, avec une présence hispanophone, du commerce textile, mais aussi une forte implantation de commerces de transition socio-écologique. Le concours en cours vise à encourager cette orientation et à renforcer cette trame locale cohérente », souligne la directrice du développement commercial.

Martine Musau Muele, conseillère municipale de Villeray (Courtoisie Projet Montréal)

Les candidats ont accès à la liste des locaux vacants situés entre Jean-Talon et De Rosaire. L’organisation est en relation avec certains propriétaires du secteur et a mis en place une cartographie de la rue, indiquant les types de commerces présents, les emplacements vacants et les opportunités de complémentarité commerciale, entre autres. Cette cartographie est réalisée en collaboration avec l’arrondissement, notamment pour valider les usages permis et les réglementations.

Le plan d’affaires

Ce qui est crucial dans cet appel à projets est de présenter un plan d’affaires détaillé et solide. Les dépenses admissibles doivent faire partie de ce montage financier, elles peuvent autant inclure le marketing, la mise en marché ou encore les travaux d’aménagement, selon les besoins des entreprises.

Les candidats peuvent recevoir de l’aide pour élaborer leur plan. Néanmoins, même si du soutien est disponible, Isabelle Paille mentionne qu’il demeure essentiel que les entrepreneurs aient une base solide. « On ne peut pas bâtir un projet complet à partir d’une simple idée : les commerçants doivent avoir un minimum de structure et de maturité pour pouvoir bénéficier de notre accompagnement. »

Toutefois, rester flexible demeure important pour PME MTL Centre-Est. Forte de son expérience sur la rue Sainte-Catherine-Est, dans Hochelaga, l’équipe est convaincue que cette ouverture créera un impact plus fort auprès des futurs commerçants.

Accompagnement personnalisé

Le concours permettra non seulement aux récipiendaires d’obtenir de l’argent, mais également un accompagnement de la part de l’organisation. « On offre un accompagnement ciblé, qui comprend la recherche de financement. Et Desjardins est un partenaire important de l’appel à projets, ils sont reconnus pour leur soutien aux petites entreprises. Le tout s’inscrit dans un écosystème partenarial solide, propice à la réussite des projets », dit la directrice du développement commercial de PME MTL Centre-Est.

L’appel à projets est d’abord conçu pour favoriser des rencontres individuelles avec chaque candidat, afin de valider l’admissibilité des projets en amont. Chaque entrepreneur est contacté pour un premier échange, suivi de la soumission de ses documents, puis d’une rencontre plus approfondie. « L’objectif est de maximiser le potentiel du projet, en le connectant aux bons locaux, au bon financement et aux bons appuis, tout en laissant la responsabilité principale à l’entrepreneur », réitère Mme Paille.

Échéancier et évaluation

L’approche « flexible » mentionnée plus tôt concerne aussi le calendrier de l’appel à projets, la seule date fixe étant celle de l’ouverture ou de la transformation majeure, soit le 31 décembre 2026. L’équipe étant encore en train de finaliser son étude de marché, qui permettra d’ajuster les modalités selon la réalité du terrain et les candidatures reçues, la date de fin de dépôt des projets n’a pas encore été fixée.

Le processus d’évaluation s’appuiera sur une grille interne. Les critères sont bien définis, notamment en ce qui concerne l’impact environnemental et social, évalué à l’aide d’outils d’autodiagnostic issus du programme d’optimisation développé par Isabelle Paille elle-même. Le jury comprendra des représentants de PME MTL Centre-Est, de l’arrondissement, de Desjardins, ainsi qu’un « quatrième membre influent localement ».

Les critères de sélection et les montants alloués varient selon les projets déposés. « L’enveloppe budgétaire est de 75 000 $, et les subventions ne seront pas systématiquement divisées de manière égale. Il y aura 3 à 5 récipiendaires plutôt que de nombreuses petites subventions », révèle Mme Paille. À noter que le programme est réalisé « en continu », c’est-à-dire que les candidats peuvent déposer leur projet lorsqu’ils sont prêts, sans craindre que les fonds ne soient rapidement épuisés. À ce jour, quinze dépôts ont déjà été reçus, ce qui réjouit et impressionne l’organisation derrière l’appel. « Et davantage sont souhaités! », conclut avec enthousiasme la directrice du développement commercial.

À noter que le présent programme s’inscrit parmi d’autres initiatives semblables dans VSP. Par exemple, en 2019, un concours entrepreneurial visait la revitalisation de la rue Jarry. De plus, un projet de dynamisation est actuellement en cours sur le boulevard Saint-Michel, mobilisant les commerçants autour d’actions concrètes comme l’embellissement et l’amélioration du mobilier urbain.

Pour visualiser l’appel à projets de la rue St-Hubert, dans Villeray, cliquez ICI.