
Le toit-terrasse à la Caisse Desjardins du Plateau-Mont-Royal (Courtoisie Desjardins/Pierre Langlois)
25 juin 2025DU VERT SUR LE TOIT DE LA CAISSE DU PLATEAU
Dans son désir de réduire sa consommation énergétique et d’investir dans des solutions durables, la Caisse Desjardins du Plateau-Mont-Royal a récemment inauguré une terrasse végétalisée sur le toit de son bâtiment, situé au coin de l’avenue du Mont-Royal Est et de la rue Rivard. Potager urbain, panneaux photovoltaïques et espace habitable composent notamment cette conception biophilique.
Le projet de toit-terrasse végétalisé répondait naturellement à la mission de Desjardins. En effet, l’institution financière a officialisé une politique de gestion de ses immeubles avec l’objectif d’atteindre la carboneutralité d’ici 2040. Le concept pour le toit du bâtiment du Plateau s’inscrivait dans cette trajectoire.
La vision était de créer un bâtiment exemplaire, à la fois écologiquement responsable et enraciné dans la communauté. Progressivement, d’autres composantes se sont ajoutées au projet, soit des panneaux solaires, un potager urbain et des ruches, avec comme but de réduire les îlots de chaleur, de permettre une redistribution communautaire de légumes et de contribuer à la pollinisation.

Bernard Bitar, architecte et leader de pratique ESG pour Groupe Immobilier Desjardins (Courtoisie)
La genèse
La toiture comportait déjà une terrasse pour les employés, et des jardins se situaient à l’extérieur de cet espace. Avec le temps, des aménagements structuraux étaient nécessaires, dont l’installation de garde-corps. Profitant du besoin de cet ajout et de la nécessité de remplacer la membrane de la toiture, l’équipe a intégré d’autres éléments dans ce qui est devenu un projet d’envergure qui allait combiner toiture végétalisée, terrasse améliorée et panneaux solaires.
« C’est donc le vieillissement des composants du bâtiment qui a été le déclencheur du projet », explique Bernard Bitar, architecte de formation et leader de pratique ESG [environnement, social et gouvernance] pour Groupe Immobilier Desjardins. « Puis l’autonomie en est devenue le fil conducteur : alimentaire grâce au jardin, énergétique grâce aux panneaux photovoltaïques. L’ensemble de ces éléments nous permettait de créer un écosystème durable, qui allait à la fois s’aligner avec le cycle de vie du bâtiment et contribuer à la communauté. »
Les défis et les retombées d’un projet vert
L’un des principaux défis était non seulement de sécuriser la toiture, mais d’aussi respecter les contraintes urbanistiques. Les options envisagées incluaient l’élévation du parapet ou la construction d’un garde-corps en retrait afin de répondre aux exigences visuelles de la Ville; il fallait notamment que ce ne soit pas visible depuis la rue. Le compromis retenu a été celui de rehausser le parapet.
Ce projet de toiture incarne le concept de biophilie, soit l’intégration de la nature dans des lieux où elle est normalement absente. Cette démarche a eu un impact notable sur l’esthétique du bâtiment, mais aussi sur la qualité de vie au travail, explique le leader ESG. « Visuellement, elle améliore l’environnement urbain et offre un espace vert unique aux employés. Ceux-ci profitent désormais de ce lieu pour leur pause du midi. » Et certains d’entre eux ont pu expérimenter le jardinage pour la première fois et ainsi apprivoiser le contact avec la terre et les végétaux.
Le projet inclut une dimension communautaire importante. Par le passé, des ateliers et événements éducatifs, notamment lors des récoltes du miel des ruches, ont été offerts à quelques écoles et organismes du quartier, activités auxquelles les employés et leurs familles ont aussi pu participer. Pour l’année en cours, ce sont Les cuisines collectives du Grand Plateau (CCGP) qui recevront les récoltes de légumes.

Patricia-Ann Sarrazin-Sullivan, architecte et vice-présidente du CA de la Caisse Desjardins du Plateau-Mont-Royal (Courtoisie)
L’avenir
Les institutions financières peuvent ainsi jouer un rôle dans la transition écologique via leurs infrastructues. « En tant que coopérative ancrée dans la communauté, on se doit de donner l’exemple », indique Patricia-Ann Sarrazin-Sullivan, aussi architecte de formation et vice-présidente du conseil d’administration de la Caisse Desjardins du Plateau-Mont-Royal. « Le projet du Plateau est vu comme un modèle inspirant, qui pourrait être reproduit ailleurs dans le réseau. »
Toutefois, une duplication éventuelle à grande échelle est limitée par plusieurs facteurs : contraintes réglementaires, capacités d’accueil des bâtiments, infrastructures existantes, etc. Par exemple, la toiture du bâtiment du Plateau-Mont-Royal permettait un accès aisé et une adaptation structurale, ce qui n’est pas le cas partout. D’autres caisses pourraient privilégier des jardins au sol, par exemple, si elles disposent de terrains propices à en recevoir.
La concrétisation du toit-terrasse de la Caisse Desjardins du Plateau-Mont-Royal a nécessité beaucoup de temps et de résilience. « Un tel projet n’aurait pu être porté seul : il a fallu une équipe motivée, déterminée et cohésive », dit Mme Sarrazin-Sullivan.
Dans le futur, l’équipe aimerait bonifier le projet, ayant l’ambition d’y ajouter un système de stockage d’énergie via des batteries. « C’est encore à l’étude, mais ça reflète l’évolution des technologies et l’adaptation progressive du projet aux nouvelles possibilités », soutient M. Bitar. Ce futur lieu de stockage constituerait d’ailleurs l’étape suivante logique vers un début d’autonomie énergétique.










