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25 mai 2026Utilisation de la pyrotechnie lors de rassemblements : tolérance zéro rappelle le SPVM
Feux d’artifice, fumigènes, pétards, chandelles romaines, fusées routières : avec l’arrivée de la saison estivale et la multiplication des rassemblements publics, les conditions sont propices à une hausse de l’utilisation de pièces pyrotechniques à Montréal. Or, ces objets comportent des risques importants, comme l’ont rappelé deux incidents survenus à quelques jours d’intervalle dans l’est de la ville. Dans ce contexte, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) prévient qu’il appliquera une tolérance zéro et rappelle que l’usage — tout comme la possession — de pyrotechnie est strictement interdit lors des rassemblements.
Le 8 mai, un début d’incendie s’est déclaré sur le balcon d’un immeuble résidentiel après l’allumage d’un dispositif pyrotechnique lors d’une fête improvisée. Le feu a été rapidement maîtrisé, mais aurait pu causer des dommages importants. Quelques jours plus tard, le 16 mai, un enfant de quatre ans a été blessé aux jambes lorsqu’une fusée routière a été allumée au milieu d’une foule. Ces feux de détresse, normalement utilisés par les forces de l’ordre pour baliser une voie de circulation, peuvent devenir dangereux lorsqu’ils sont manipulés par le public. Comme le rappelle François Sauvé, chef aux communications stratégiques du SPVM : « Si ce n’est pas bien utilisé ou si c’est utilisé près d’une personne, ça s’enflamme très vite, puis il y a des résidus qui découlent de la mèche. Ça peut brûler quelqu’un très facilement. »
Selon M. Sauvé, ces événements ne sont pas isolés. Il observe une augmentation de la pyrotechnie improvisée, alimentée notamment par les réseaux sociaux où circulent des vidéos montrant des artifices allumés dans des foules, ce qui contribue à banaliser ces comportements.
Un été sous haute surveillance
Pour la saison estivale, le SPVM adopte une posture claire : tolérance zéro. « Ce qu’on voit sur le terrain, c’est vraiment qu’il y a un danger et notre tolérance, c’est zéro pour les pièces pyrotechniques, feux d’artifice, fumigènes », affirme le porte-parole du SPVM.
Le corps policier prévoit renforcer sa présence dans les prochaines semaines. Des équipes spécialisées, des patrouilles à pied, à vélo et en véhicule seront déployées pour repérer rapidement les infractions. Des pamphlets de sensibilisation seront distribués lors des événements, en complément des messages déjà diffusés sur les réseaux sociaux.
François Sauvé insiste sur le fait que l’objectif n’est pas d’empêcher les célébrations, mais d’assurer la sécurité du public. « Notre approche, ce n’est pas de criminaliser les comportements festifs. Vraiment pas. L’usage de la pyrotechnie peut blesser, provoquer des mouvements de foule, mettre en danger les personnes qui se trouvent à proximité », insiste-t-il.
Interventions facilitées par l’instauration d’une nouvelle loi
Avant le 2 avril 2026, l’encadrement de la pyrotechnie relevait d’un règlement municipal appliqué par le Service de sécurité incendie. La Loi visant à favoriser la paix, l’ordre et la sécurité publique au Québec — anciennement le projet de loi 13 — modifie désormais ce cadre.
La loi interdit la possession et l’utilisation de pièces pyrotechniques, de feux d’artifice, de fumigènes et de dispositifs similaires lors de rassemblements publics, qu’il s’agisse de manifestations, d’événements sportifs ou de festivités. Elle permet aussi aux policiers d’intervenir plus rapidement, notamment en interceptant des individus sans mandat lorsqu’ils ont des motifs raisonnables de croire qu’une infraction est commise.
Depuis son entrée en vigueur, une dizaine de constats d’infraction ont été émis sur l’ensemble du territoire montréalais, dont deux à la suite d’un match des Canadiens de Montréal. Les amendes varient de 500 $ à 5 000 $ pour une personne physique et certaines situations peuvent mener à des accusations criminelles. « Selon le Code criminel, on parle de négligence, d’agression armée si le feu d’artifice est envoyé vers quelqu’un et autres infractions », indique M. Sauvé.
Chaque dossier est évalué individuellement par les enquêteurs du SPVM. « Je peux vous donner comme exemple le feu de balcon. Même si c’est de façon non volontaire, est-ce qu’il y a eu une négligence? Si c’est une négligence, c’est dans le Code criminel », précise-t-il. Un engin pyrotechnique dirigé vers une personne peut également mener à une accusation d’agression armée.
Des risques qui peuvent être mortels
Les dangers liés à la pyrotechnie sont bien réels et peuvent même causer la mort. En juillet 2021, le gardien de but de la LNH Matiss Kivlenieks, 24 ans, est décédé lors d’une fête privée au Michigan après avoir été atteint en pleine poitrine par un feu d’artifice dont le dispositif de lancement s’était incliné. Le joueur tentait de fuir lorsque le projectile l’a frappé. Les autorités ont conclu à un accident.
Au quotidien, les risques les plus fréquents demeurent les blessures et les incendies. François Sauvé rappelle que la plupart des utilisateurs ne sont pas des artificiers formés et que, dans un milieu urbain dense, les conséquences peuvent être graves : brûlures, blessures oculaires, départs de feu causés par des résidus incandescents tombant sur des surfaces inflammables.
« La principale préoccupation, c’est vraiment les incendies et les blessures. Les gens, ce ne sont pas des artificiers. Quelqu’un peut recevoir un feu d’artifice en plein visage, qui n’est pas toujours pointé vers le ciel. Dans un attroupement où tout le monde est collé, ça devient extrêmement dangereux », prévient-il.





