
Le joueur de basketball professionnel Luguentz Dort (Courtoisie)
26 juillet 2025Un café avec… le basketteur Luguentz Dort
Joueur de basketball professionnel, Luguentz Dort a grandi dans Montréal-Nord. Il est devenu un véritable modèle de réussite, tout comme Chris Boucher ou Bennedict Mathurin, pour les jeunes issus de ce quartier. De passage à Montréal après que son équipe, le Thunder d’Oklahoma City, ait remporté le championnat 2025 de la National Basketball Association (NBA), EST MÉDIA Montréal en a profité pour le rencontrer afin de discuter avec lui de son influence positive sur la jeunesse montréalaise.
EST MÉDIA Montréal (EMM) : Quel impact peut avoir des modèles de réussite comme toi, Bennedict Maturin ou Chris Boucher chez les jeunes dans une communauté comme l’Est de Montréal et Montréal-Nord?
LUGUENTZ DORT (LD) : Beaucoup, beaucoup, honnêtement. Nous, on était tous des jeunes qui venaient de Montréal-Nord, on a grandi dans les mêmes rues, on a joué dans les mêmes parcs, et on a été capable de se rendre où on est rendus aujourd’hui, ça donne une autre source de motivation. C’est pas facile du tout, mais le fait qu’on vienne du même endroit que ces jeunes-là, ça peut les aider, oui.
EMM : Qu’est-ce que tu leur dis, à ces jeunes-là, quand tu les rencontres?
LD : De continuer à travailler fort et de croire en leurs rêves. C’est toujours facile à dire, mais c’est vraiment ça, la recette. Tu crois en quelque chose et tu as envie de faire quelque chose dans le futur, eh bien, il faut juste que tu y crois et que tu travailles fort pour ça. C’est une des plus grosses choses que je leur dis.
EMM : Selon toi, qu’est-ce qu’ils devraient faire pour réussir à leur tour?
LD : Continuer à travailler fort et être vraiment disciplinés. C’est sûr qu’il y a beaucoup de distractions, des fois, dans ces quartiers-là. Il faut juste être capable de bloquer ce genre de distractions et continuer à mettre le focus sur le but et sur le truc qu’ils veulent vraiment faire. Et il faut travailler vraiment fort à l’école, travailler vraiment fort continuellement.
EMM : Oui, parce qu’en fait, le basketball, c’est un sport universitaire, donc je pense qu’il faut réussir académiquement aussi pour pouvoir continuer à jouer.
LD : Exactement. J’avais une règle quand j’étais jeune, que je ne pourrais rien faire avec le basket sans l’école. C’est mes coachs, quand j’étais jeune, qui me disaient toujours ça. Il faut être discipliné, il faut travailler fort, il faut avoir assez de bonnes notes pour être capable de se qualifier pour aller à l’université. C’est sûr qu’il y a d’autres façons de se rendre professionnel, mais l’école, c’est quelque chose que tu vas garder toute ta vie, même après ta carrière professionnelle, comme dans n’importe quoi dans la vie.

Luguentz Dort (Image tirée de sa page Facebook)
EMM : Comment tu expliques l’explosion de joueurs d’aussi haut calibre à Montréal?
LD : Ça montre juste qu’il y a beaucoup de talent à Montréal. Ça montre que le basket, dans ces coins-là, au nord de Montréal, est un sport qui grandit vraiment beaucoup. C’est sûr qu’on a des jeunes de partout qui aiment beaucoup le basket. Maintenant, il faut juste être capable de leur donner le plus de visibilité possible pour qu’ils soient capables de se faire voir, de se faire recruter. Il y a beaucoup de jeunes de Montréal qui continuent à briller.
EMM : Est-ce que c’était dans tes rêves les plus fous d’atteindre la NBA ou tu n’avais même jamais pensé à ça?
LD : C’était dans mes rêves les plus fous, c’est sûr. C’est sûr que le pourcentage de jeunes qui atteignent la NBA, c’est vraiment petit. Mais j’avais un rêve, et quand j’ai vu que j’avais encore plus de chance de le réaliser, j’ai commencé à travailler encore plus fort. À l’âge de 15-16 ans, quand je suis parti aux États-Unis, c’est là que j’ai vu que j’avais une plus grande chance de faire la NBA un jour.
EMM : Qui sont tes idoles? Ou les personnes qui t’ont inspiré dans ta carrière?
LD : Il y a plusieurs personnes. Côté famille, il y a ma mère surtout. C’était une grosse motivation. Juste le fait de voir la façon qu’on a grandi dans l’est de Montréal… je voulais faire tout mon possible pour qu’on ait une meilleure vie, pour que ça soit un petit peu plus facile pour elle et mes proches. J’avais aussi un mentor, Nelson Ossé, un coach qui m’a appris les principes d’être un homme, d’être discipliné, d’être à l’heure, d’être respectueux. Il y a Russell Rushbrook et Derrick Rose, ce sont les joueurs que je regardais et dont j’aimais vraiment le style de jeu. Il y a plusieurs personnes qui ont joué un rôle.
EMM : On dirait que cette année, tu es vraiment passé au statut de super vedette de la NBA. Est-ce que c’est ce que tu ressens aussi? Et est-ce que ça change ton quotidien? Comment jongles-tu avec ça?
LD : Non, ça ne change pas trop pour moi. J’ai toujours été un gars simple, vraiment humble. Je mets beaucoup de temps dans mon travail. Je travaille fort pour arriver aujourd’hui avec ce genre de stats-là. Je ne vais jamais changer. Je suis un gars de famille. Je suis un gars qui aime vraiment ma communauté. Je ne vais jamais tourner mon dos sur un jeune qui voudrait un conseil ou quelque chose comme ça.
EMM : On doit te reconnaître dans la rue!
LD : Oui, ça arrive souvent! Ha, ha!
EMM : As-tu déjà une idée de ce que tu veux faire après ta carrière de joueur professionnel? Est-ce que tu penses revenir habiter au Québec?
LD : Je ne sais pas encore. Ça va dépendre. C’est sûr que j’adore Montréal. C’est vraiment la ville que j’aime beaucoup. Peut-être que j’aurai une maison ici, c’est sûr. Mais d’autres places, on ne sait jamais. C’est sûr qu’après ma carrière de basket, j’aimerais être un businessman, ou quelque chose du genre pour être capable de travailler dans la communauté et aider beaucoup de personnes. Mais du point où je vais habiter, je sais pas encore.
EMM : En terminant, quand tu viens à Montréal, c’est quoi tes petites habitudes, tes endroits préférés, tes incontournables?
LD : Je passe beaucoup de temps avec ma famille. C’est sûr que j’ai encore beaucoup de famille dans l’est de Montréal. J’ai mes oncles, mes tantes, mes cousins, cousines. Je m’entraîne beaucoup ici. Je revois mes anciens amis. Je passe beaucoup de temps au centre-ville aussi, où c’est vraiment le fun. Il y a vraiment beaucoup de places où manger. Mais je suis un petit peu partout quand je suis ici, à Montréal, puis j’ai toujours beaucoup de fun.







