
La Collective, l’épicerie solidaire de la CCHM (Courtoisie CCHM)
15 février 2026Un an après son ouverture, l’épicerie solidaire d’Hochelaga-Maisonneuve est marquée de succès
Un an après sa création, l’épicerie solidaire de la Cuisine Collective Hochelaga-Maisonneuve (CCHM) connaît un fort succès. Nommée la Collective, cette ressource roule à plein régime et offre une alternative aux banques alimentaires.
Depuis son ouverture en janvier 2025, l’épicerie située au 3568, rue Adam, dans le même bâtiment que la CCHM, attire une clientèle croissante, notamment en raison du référencement fait par les organismes et les institutions qui sont ses partenaires.
« Ça dépasse de façon assez claire nos attentes. Aujourd’hui, nous sommes rendus à 26 organisations qui s’assurent de faire le référencement vers l’épicerie. Donc, c’est assez conséquent. Quand je dis organisation, on parle autant de CLSC, de cégep, ainsi qu’une diversité que d’organismes communautaires », souligne Benoist De Peyrelongue, directeur général de la CCHM.

Benoist De Peyrelongue, directeur général de La CCHM (Courtoisie CCHM)
Les clients peuvent s’y procurer une gamme de produits variés à des prix abordables, incluant des plats cuisinés et des boîtes-repas. Grâce à une tarification sociale modulée, les usagers peuvent bénéficier de tarifs réduits (allant de 10 % à 70 %), à l’achat de ces produits, selon leurs moyens. Dès lors qu’un client obtient 20 % de tarification sociale, celui-ci doit être référencé par une organisation partenaire de l’épicerie solidaire, en recevant une carte de membre.
Selon M. De Peyrelongue, à ce jour, environ 900 de ces cartes ont été distribuées auprès de la clientèle, et ce sont 60% des achats qui sont en tarification sociale dans l’épicerie.
« La tarification sociale, c’est en fonction de la réalité de chacun des clients. On peut avoir 10% pour les étudiants des écoles, des cégeps et des universités et pour les employés du milieu communautaire, jusqu’à 70% pour les personnes en grande précarité, entre autres celles qui fréquentent les banques alimentaires », explique le directeur général de la CCHM.
Une offre complémentaire aux banques alimentaires
Pour Maya Iwaskow, chargée de projet pour Répit Providence, la Collective est un service qui procure une bonne complémentarité aux banques alimentaires du quartier. « De pouvoir choisir ce que l’on achète, de se rendre dans une épicerie au lieu d’une banque alimentaire, ça permet de redonner une certaine dignité aux personnes. Souvent, les paniers alimentaires des banques sont « montés » à l’avance et les gens ne consommeront pas tous les articles. De plus, ce qui est offert dans ces paniers varie en fonction des dons, et l’offre peut être moins intéressante. L’épicerie vient compléter les paniers alimentaires en fonction des besoins spécifiques de chaque famille », indique-t-elle.
L’organisme, qui vient en aide aux familles vulnérables d’Hochelaga-Maisonneuve, a ainsi recommandé à 25 familles d’aller vers l’épicerie solidaire dans la dernière année. « L’objectif ce n’est pas nécessairement d’augmenter le nombre de cartes distribuées, mais de les offrir pour un certain temps. On ne veut pas créer une dépendance à ce service, mais plutôt aider les plus vulnérables lors de situations difficiles », illustre Mme Iwaskow.

(Courtoisie CCHM)
« Certaines personnes veulent quitter les banques alimentaires pour vouloir retourner à l’achat. Ils commencent timidement à visiter l’épicerie, ils achètent 2 ou 3 articles, puis leurs achats se font de plus en plus chez nous. Ils entreprennent aussi à intégrer certaines de nos autres activités, comme les ateliers de cuisine collective. Je suis vraiment content de voir tout ça », se réjouit M. De Peyrelongue.
D’ailleurs, le directeur général de la CCHM tient à rappeler que la Collective n’est pas réservée aux détenteurs de cartes : n’importe qui peut y faire des achats. Qui plus est, les clients qui paient le plein prix profitent tout de même d’une facture d’épicerie attrayante.
« Je trouve ça cool. Et puis on a aussi des gens du quartier qui viennent faire leurs courses au juste prix parce qu’ils ont envie de contribuer à l’effort de cette tarification sociale », insiste le directeur général de la CCHM.
Approvisionnée par les fermes et serres de la CCHM, l’épicerie solidaire repose en partie sur un modèle de circularité. Pour tout le reste, elle s’approvisionne dans le réseau alimentaire régulier, quoiqu’elle bénéficie heureusement de certains rabais offerts par des fournisseurs tels Mayrand et Plaisirs Gourmets (pour les fromages). De plus, celle-ci est supportée par deux bailleurs de fonds privés.
Néanmoins, d’une certaine façon, la Collective est victime de son succès. « Si vous achetez quelque chose à 10 $ et que vous recevez une tarification sociale de 70 %, le 7 $ je viens le prendre dans l’enveloppe provenant des fondations. Nous sommes fiduciaires de cet argent, indique M. De Peyrelongue. Le complément de cet élément, ce sont les tout petits revenus autogénérés de l’épicerie. Mais comme l’épicerie fonctionne bien, je vais commencer à avoir « chaud », parce que l’enveloppe budgétaire que nous avons jusqu’au 30 juin, je crois que fin mars nous l’aurons utilisée. »
Benoist De Peyrelongue espère ouvrir d’autres épiceries solidaires ailleurs à Montréal, toujours en collaboration avec un réseau de partenaires et de fournisseurs prêts à s’engager sur du long terme, un aspect clef pour assurer la pérennité d’un tel projet conclut-il.












