Finalistes du Prix des librairies 2019 (photo : Bélisle).

SPÉCIAL PRIX DES LIBRAIRES

Une présentation de : 


Les titres finalistes du Prix des libraires du Québec ont été dévoilés le 31 janvier dernier lors d’un événement qui s’est déroulé à la Librairie Paulines sur la rue Masson. Voici donc les finalistes!

CATÉGORIE ROMAN QUÉBEC

Manuel de la vie sauvage
Jean-Philippe Baril Guérard

J’ai appris beaucoup de choses en fondant mon entreprise. J’ai appris que l’argent se définit par sa quantité, mais aussi par sa qualité. J’ai appris que toutes les relations humaines impliquent une transaction et qu’il faut toujours s’assurer de ne pas perdre au change. J’ai appris que la haine est le plus grand moteur d’innovation. J’ai appris que la seule façon de se faire respecter par les autres est d’avoir une relation contractuelle avec eux. J’ai appris qu’il ne faut pas confondre la légalité avec la moralité. J’ai appris que je suis une bonne personne, mais j’ai aussi appris qu’il est important de faire des compromis.   J’ai dû apprendre tout ça par moi-même, au prix d’échecs cuisants et d’efforts soutenus. Et même si, en ce moment, votre startup ne connaît pas de succès, vous avez une immense chance : vous tenez entre vos mains un livre qui vous fera profiter de tout ce que j’ai appris, en accéléré. Et si vous appliquez bien ce que je vous enseigne, vous aurez la chance de devenir un peu comme moi.

Mère d’invention
Clara Dupuis-Morency

Voici un livre qu’un évènement réel a scindé en deux. Ce récit mutant, qui n’épargne personne, est l’occasion de découvrir le style entêtant, enflammé et profondément intelligent de l’auteure, hybride de Marcel Proust et de Christine Angot. « Je ne veux pas être une mère qui est toujours dans ses livres, je veux être interrompue, je veux pouvoir être dérangée, je ne veux pas qu’un enfant sente qu’il vit dans un ordre inférieur de réalité, que sa vie est contingente. Je veux qu’il se sente souverain, qu’il soit impérieux, qu’il soit insupportable. Je veux que ce soit l’écriture qui ressente les secousses du quotidien, les dérangements, la maladie, les caprices, je veux que l’écriture soit insomniaque, dépassée par la vie, qu’elle en souffre, et qu’on le sente, qu’on se dise : clairement, elle n’arrive pas à gérer, c’est trop pour elle, ça se voit que tout ça est au-dessus de ses forces, qu’elle concilie mal le travail et la famille, toujours en retard, décalée, c’est agaçant…

Ouvrir son coeur
Alexie Morin

Ce livre s’appelle Ouvrir son cœur. Le sujet de ce livre, c’est la honte. Ce livre raconte ma vie, des morceaux de ma vie. Il raconte la solitude d’une enfant, l’école peuplée de camarades qui savaient, eux, comment être des enfants, comment être un groupe, alors que je ne savais pas. Il raconte l’histoire de mon œil. Il raconte les chirurgies, la peur, et l’amitié fusionnelle et jalouse avec une petite fille lumineuse, que la mort guettait. Il raconte une adolescence atrabilaire et secrète. Il raconte une petite ville industrielle, son usine immense et inhumaine, aux allures de vaisseau générationnel, et l’été de terreur et d’hébétude que j’y ai vécu, avant ma fuite à Montréal, qui n’arrangera rien. En racontant, j’essaie de comprendre comment les souvenirs deviennent des souvenirs, les personnes des personnes, les livres des livres. L’instant présent est inconnaissable et le passé est perdu. Les souvenirs, les livres, les personnes se construisent en se racontant. En se racontant, ils se transforment. Rien n’est jamais fixé. Au bout de cette histoire se trouve la mort. Ce livre s’appelle Ouvrir son cœur. Le sujet de ce livre, c’est la mort. — Alexie Morin

Querelle de Roberval
Kevin Lambert

Les ouvriers et ouvrières de la scierie de Roberval sont en grève. Sous l’apparente cohésion de la lutte, on découvre rapidement les revendications plus personnelles de chacun. Ils partagent toutefois un même désir d’échapper à la misère et de se venger de leur boss, Brian Ferland. Alors que le conflit s’enlise, le lockout que décrète Ferland réveille en eux une rage enfouie. La folie s’empare des employé·e·s, qui rejoignent la ronde infernale du beau Querelle, héros de Jean Genet copié-collé dans ce décor québécois, élément de chaos, sable dans l’engrenage de la machine économique, hétérosexuelle et patriarcale. Tout est désormais permis. Ils cassent des bouteilles sur la plage, règlent leurs comptes à coups de batte de baseball. Et puis ils font pire, bien pire.

Une affection rare
Catherine Lemieux

« Nous avons dix-sept ans. Encore permis de profiter un maximum de nos derniers mois de sursis avant la chute dans la majorité. Ce serait dommage, après tout, d’attraper trop tôt le sens des réalités. Cette infection qui laisse des séquelles irréversibles, dont la plus répugnante est l’idolâtrie de l’enfance. Ce trou noir de la liaison absolue, aux parents, à la maison, au port qui sent le poisson pourri. Il ne se trouve que des majeurs parfaitement pervers pour se délecter de leurs souvenirs de morveux. Elle est d’accord. Mon amie. La réalité ne suffit pas. Nous fuirons ensemble son sens, mais aussi la morve infantile. Bref, Québec. » C. L.

CATÉGORIE ROMAN HORS-QUÉBEC

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Paul Auster

À en croire la légende familiale, le grand-père nommé Isaac Reznikoff quitta un jour à pied sa ville natale de Minsk avec cent roubles cousus dans la doublure de sa veste, passa Varsovie puis Berlin, atteignit Hambourg et s’embarqua sur l’Impératrice de Chine qui franchit l’Atlantique en essuyant plusieurs tempêtes, puis jeta l’ancre dans le port de New York au tout premier jour du XXe siècle. À Ellis Island, par une de ces bifurcations du destin chères à l’auteur, le nouvel arrivant fut rebaptisé Ferguson. Dès lors, en quatre variations biographiques qui se conjuguent, Paul Auster décline les parcours des quatre possibilités du petit-fils de l’immigrant. Quatre trajectoires pour un seul personnage, quatre répliques de Ferguson qui traversent d’un même mouvement l’histoire américaine des fifties et des sixties. Quatre contemporains de Paul Auster lui-même, dont le « maître de Brooklyn » arpente les existences avec l’irrésistible plaisir de raconter qui fait de lui l’un des plus fameux romanciers de notre temps.

Arcadie
Emmanuelle Bayamack-Tam

« Si on n’aimait que les gens qui le méritent, la vie serait une distribution de prix très ennuyeuse ». Farah et ses parents ont trouvé refuge en zone blanche, dans une communauté libertaire qui rassemble des gens fragiles, inadaptés au monde extérieur tel que le façonnent les nouvelles technologies, la mondialisation et les réseaux sociaux. Tendrement aimée mais livrée à elle-même, Farah grandit au milieu des arbres, des fleurs et des bêtes.
Mais cet Eden est établi à la frontière franco-italienne, dans une zone sillonnée par les migrants : les portes du paradis vont-elles s’ouvrir pour les accueillir ?

Marx et la poupée
Maryam Madjidi

Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris. À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, la perte de ses jouets – donnés aux enfants de Téhéran sous l’injonction de ses parents communistes –, l’effacement progressif du persan au profit du français, qu’elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement. Dans ce récit, qui peut être lu comme une fable ou un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines en tant que fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive.

Le lambeau
Philippe Lançon

Début janvier 2015, l’auteur s’apprête à rejoindre sa compagne aux Etats-Unis, où il doit donner des cours de littérature. Le 7 janvier, il participe à la conférence de rédaction de Charlie Hebdo. Alors que l’équipe débat, c’est l’irruption de l’horreur dont dont il réchappera, défiguré. Il raconte sa sidération, sa douleur, les greffes tout en essayant de se refabriquer un lien à l’existence.

Les frères Lehman
Stefano Massini

11 septembre 1844, apparition. Heyum Lehmann arrive de Rimpar, Bavière, à New York. Il a perdu 8 kilos en 45 jours de traversée. Il fait venir ses deux frères pour travailler avec lui. 15 septembre 2008, disparition. La banque Lehman Brothers fait faillite. Elle a vendu au monde coton, charbon, café, acier, pétrole, armes, tabac, télévisions, ordinateurs et illusions, pendant plus de 150 ans. Comment passe-t-on du sens du commerce à l’insensé de la finance ? Comment des pères inventent-ils un métier qu’aucun enfant ne peut comprendre ni rêver d’exercer ? Grandeur et décadence, les Heureux et les Damnés, comment raconter ce qui est arrivé ? Non seulement par les chiffres, mais par l’esprit et la lettre ? Par le récit détaillé de l’épopée familiale, économique et biblique. Par la répétition poétique, par la litanie prophétique, par l’humour toujours. Par une histoire de l’Amérique, au galop comme un cheval fou dans les crises et les guerres fratricides.

CATÉGORIE POÉSIE QUÉBEC

La raison des fleurs
Michaël Trahan

Pendant des années j’ai été hanté par les vagues, le ressac, le souvenir d’un corps happé par le fond des eaux. Je cherchais à épuiser une scène dont je n’arrivais pas à revenir. J’ai ainsi habité un rêve qui ne m’appartenait pas, une photographie prise dans les années cinquante, puis oubliée ou perdue avant d’être développée. Quelqu’un en a découvert le négatif par hasard dans une brocante il y a deux ans. Une femme se tient debout sur la plage. Le soleil tombe, l’horizon est bleu, rose, mauve. La mer roule à ses pieds. La femme regarde au loin. C’est à peine si on voit le profil de son visage. Ce n’est pas vraiment une réponse. C’est une fiction de la disparition, une enquête sur le silence de quelques images que je traîne depuis trop longtemps. C’est un requiem : un chant qui ouvre le calme pour les morts et les vivants.   C’est la logique de l’encre poussée à sa vraie limite de chose vraie.

La chanson de ma mère
Alain Larose

« Au fil des rues côteuses d’un humble quartier, la silhouette d’une jeune femme se dessine à travers ses tragédies intimes et les modestes comptes qu’elle tient dans un petit carnet. On la suit comme elle traverse sa vie, jusqu’à ce que l’oubli s’empare d’elle, jusqu’à ce que les contours du réel deviennent trop flous pour les reconnaître. Et l’on se surprend, alors que l’on croyait feuilleter l’album de famille du narrateur, à remonter le fil de sa propre mémoire, à se reconnaître soi-même dans ces textes où la dure réalité côtoie des moments d’une infinie tendresse. Alain Larose poursuit ici son travail d’orfèvre, traçant dans le plomb des jours ordinaires des portraits lumineux et d’une grande force évocatrice. »

Uiesh, Quelque part
Joséphine Bacon

« Dans Quelque part, ou Uiesh, je m’éloigne de mon territoire, parfois je lui fais un clin d’œil puisque je ne pourrais jamais être loin, j’angoisse parce que je suis étrangère dans ce lieu (la ville) qui ne cesse de me rappeler qu’il est celui qui écrit ces mots. J’aimerais être poète simplement et y croire. Il y a des départs, il y a des déjà vécus, il y a des quelque part où je me trouve et il y a moi et mes poèmes aux mots simples. »

Expo habitat
Marie-Hélène Voyer

Elle a douze ans et autant de cabanes sur la câliboire de calvasse de câlasse de câlique de caltor de ferme, qu’elle a pourtant aimée plus que tout, sur les lignes de trappe, dans les traversées sinueuses où elle apprenait à marcher dans le noir, à dompter les pas inquiets, à habiter l’indépassable campagne. Pour Marie-Hélène Voyer, chaque lieu est une manière d’être, une manière de dire – ou de taire. À travers un pays que l’on ne construit qu’en vivant, elle propose une formidable cavale poétique tout en épivardages, élancements, voyagements, enfargements et effarouchements. La voix ruse, se densifie, se transforme et s’adapte ; glisse la langue de l’enfance. Sur le mode de l’oscillation apparaissent une ruralité québécoise fascinante et angoissante, une urbanité creuse et décevante, et, ultimement, une boréalité salutaire.

CATÉGORIE ESSAI QUÉBEC

La crise de la masculinité : autopsie…
Francis Dupuis-Déri

Une crise de la masculinité, dit-on, sévit dans nos sociétés trop féminisées. Les hommes souffriraient parce que les femmes et les féministes prennent trop de place. Parmi les symptômes de cette crise, on évoque les difficultés scolaires des garçons, l’incapacité des hommes à draguer, le refus des tribunaux d’accorder la garde des enfants au père en cas de séparation, sans oublier les suicides. Pourtant, l’histoire révèle que la crise de la masculinité aurait commencé dès l’antiquité romaine et qu’elle toucherait aujourd’hui des pays aussi différents que le Canada, les États-Unis et la France, mais aussi l’Inde, Israël, le Japon et la Russie. L’homme serait-il toujours et partout en crise? Dans ce livre, Francis Dupuis-Déri propose une étonnante enquête sur ce discours de la «crise de la masculinité», dont il retrace l’histoire longue et ses expressions particulières selon le contexte et les catégories d’hommes en cause, notamment les «hommes blancs en colère» ainsi que les Africains-Américains et les «jeunes Arabes». Il analyse l’émergence du «Mouvement des hommes» dans les années 1970 et du «Mouvement des droits des pères» dans les années 1990 et leurs échos dans les réseaux chrétiens et néonazis. Il se demande finalement quelle est la signification politique de cette rhétorique, qui a pour effet de susciter la pitié envers les hommes, de justifier les violences masculines contre les femmes et de discréditer le projet de l’égalité entre les sexes.

Noires sous surveillance
Robyn Maynard

Esclavage. Racisme. Ségrégation. Appauvrissement, peur et haine des NoirEs. Une histoire du Canada. Un livre à lire absolument.

La vérité a souvent un goût amer. Nous ne savons comment accepter nos histoires. Faut-il s’en tenir aux faits et dire la vérité ? Cet ouvrage monumental si richement documenté est précieux, il nous tire de l’oubli et du silence. Que savons-nous de l’esclavage au Canada ? Que savons-nous de la répression exercée sur les femmes et les hommes noirs ? Que savons-nous du racisme systémique ? Que savons-nous de la détresse des Autochtones, des sans-papiers, des personnes réfugiées ? Enfin fort peu… Parce que l’État construit et déconstruit les récits à travers les institutions. Les citoyen.ne.s sont ainsi condamné.e.s à reproduire une histoire qui nous échappe.

L’édition originale anglaise de NoirEs sous surveillance. Esclavage, répression et violence d’État au Canada (Policing Black Lives : State Violence in Canada from Slavery to the Present, Fernwood 2017) a été nommée parmi l’un des « cent meilleurs titres de 2017 » par le Hill Times, et est en nomination pour le Atlantic Book Award.

Mégantic : une tragédie annoncée
Anne-Marie Saint-Cerny / André Noël

Lac-Mégantic, le 6 juillet 2013. En cette chaude nuit d’été, un train fou sans conducteur tirant des bombes de pétrole explosif dévale la pente qui mène au cœur de la localité et en pulvérise le centre-ville, carbonisant 47 victimes prises au piège et laissant dans son sillage une insouciance à jamais perdue.

Qui sont les vrais coupables de cette tragédie? Qui a pris le contrôle de la scène de crime? Qui assure la reconstruction et pour le bien de qui? Dans ce récit fascinant qui nous plonge au cœur des événements, Anne-Marie Saint-Cerny fait son enquête, pour en tirer les leçons qui s’imposent et fournir tous les arguments pour exiger la tenue d’une commission d’enquête publique. Surtout qu’à Mégantic, malgré l’annonce de la voie de contournement, rien n’a véritablement changé sur le fond: les trains de propane roulent encore la nuit, sur des rails brisés, sous la supervision de l’industrie ferroviaire elle-même, comme partout au Canada.

Tragédie emblématique à plus d’un titre et dépassant largement le fait divers, Mégantic est un conte capitaliste moderne parfait. Trouvant naissance dans les officines d’investisseurs de Wall Street, de producteurs cowboys d’or noir du Dakota, de bureaux de conglomérats du pétrole, et mis en place par une classe politique complaisante, le drame a frappé une population qui, sous le choc, s’est rapidement trouvée à la merci de promoteurs locaux et d’intérêts financiers loin d’être toujours bien intentionnés. Un troublant exemple de stratégie du choc.

Récit en trois actes – avant, pendant, après – se lisant comme un polar, enquête extrêmement fouillée donnant la parole à plusieurs protagonistes du drame, Mégantic cherche à faire le récit global de la tragédie et à expliquer pourquoi une telle catastrophe pourrait bien se reproduire.

Le droit du plus fort
Anne-Marie Voisard

En 2008, Écosociété publiait Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique, d’Alain Deneault, William Sacher et Delphine Abadie, ce qui a valu à la maison d’édition et aux auteur.e.s deux poursuites de compagnies minières totalisant 11 millions de dollars. Anne-Marie Voisard revient sur cet événement marquant et se livre à une magistrale réflexion critique sur le droit. Pour elle, l’affaire Noir Canada est symptomatique de la violence sociale qui s’exerce par le dispositif judiciaire et révèle le rôle stratégique joué par le droit dans la cartographie contemporaine des rapports de pouvoir et de domi­nation. Les torsions du droit organisent ainsi la suspension de la justice, où s’affrontent le droit à la réputation et la liberté d’expression, au profit d’un droit du plus fort.

CATÉGORIE BD QUÉBEC

La vie d’artiste
Catherine Ocelot

Qu’est-ce que ça fait, avoir des amis qui réussissent? Est-ce prétentieux d’avoir l’ambition de grimper dans un arbre? Risquer de tomber, sans assurances collectives, ça vaut le coup? Peut-on parler de sa cellulite dans un livre et se faire prendre au sérieux?  Les talons hauts sont-ils nécessaires pour séduire? Le couple est-il un frein? Citer Deleuze rend-il crédible? Quel est l’impact de la famille sur le travail? Les singes du Biodôme sont-ils découragés par nos conversations? Dans son nouvel opus, Catherine Ocelot s’interroge sur sa place en tant qu’artiste. Que doit-elle et que veut-elle dire? Pour l’éclairer, elle a rencontré sept artistes, œuvrant dans des disciplines diverses. Ainsi, Micheline Lanctôt, Rafaël Ouellet, Natacha Clitandre, Julie Delporte, Marcel Jean, Emmanuelle Caron et Daphné B. livrent leurs doutes, leurs luttes, leurs ambitions et leurs accidents de parcours. L’auteure met en scène ces rencontres avec finesse et humour, et y fait écho avec des scènes de sa propre vie. La vie d’artiste est un récit tragi-comique teinté d’onirisme qui explore l’impact des autres sur soi, mené par une artiste qui se dévoile à elle-même.

La petite Russie
Francis Desharnais

C’est une histoire de la colonisation de l’Abitibi. Un portrait d’hommes et de femmes qui ont tout quitté pour aller s’installer dans le Nord. Le récit d’un petit village qui s’appelle Guyenne. Sauf que Guyenne n’est pas une paroisse comme les autres. C’est une coopérative. Le bois que tu coupes là ne t’appartient pas et la coop garde 50 % de ton salaire pour financer le développement de la colonie. Dans le coin, il y en a qui appellent cet endroit, « la petite Russie ». C’est là que Marcel et Antoinette vont vivre durant vingt ans.

Vogue la valise, l’intégrale
Siris

Touchant témoignage sur un père alcoolique qui entraîne dans son malheur sa famille et surtout la Poule, alter ego autobiographique de Siris, Vogue la valise met en lumière une saga familiale déchirante. Les pieds bien ancrés dans la réalité et l’oeil planant bien haut, Siris jette un regard poétique acide et autobiographique sur son enfance. Premier véritable roman graphique de l’auteur, celui-ci à mis plus de dix ans pour pondre, à travers son style chargé et sa créativité narrative, un récit fort émouvant.

CATÉGORIE BD HORS-QUÉBEC

Les rigoles
Brecht Evens

Par une nuit d’été, dans la plus belle ville du plus beau pays, les princes et les princesses d’Europe, en pleine fleur de l’âge, sont en quête d’émerveillement. Fauve prix spécial du jury 2019 (Festival international de la bande dessinée d’Angoulême).

Royal City T.1 : Famille décomposée
Jeff Lemire

Depuis plus de trois générations, la petite ville industrielle de Royal City voit naître, grandir, partir, Depuis plus de trois générations, la petite ville industrielle de Royal City voit naître, grandir, partir, vieillir et mourir les membres de la famille Pike. Patrick, romancier en perte de vitesse ; Tara, bien décidée à relancer la compétitivité de la ville ; et Richard, égaré dans le dédale d’une vie dissolue ; tous sont aujourd’hui réunis par la force des choses, et la crise cardiaque de leur père. Dans cette nouvelle épreuve se fait l’écho du drame qui bouleversa la vie de chaque membre de cette famille : la mort de Tommy, le plus jeune fils, retrouvé noyé alors qu’il n’était encore qu’un enfant, et dont le souvenir hante depuis le quotidien de ses proches.

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres
Emil Ferris

Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, admire les fantômes, les vampires et autres morts-vivants. Elle s’imagine même être un loup-garou : plus facile, ici, d’être un monstre que d’être une femme. Le jour de la Saint-Valentin, sa séduisante voisine, Anka Silverberg, se suicide d’une balle dans le coeur. Mais Karen n’y croit pas et décide d’élucider cette mort suspecte. Elle va vite découvrir qu’entre le passé d’Anka dans l’Allemagne nazie, son propre quartier prêt à s’embraser et les drames tapis dans l’ombre de son quotidien, les monstres, bons ou mauvais, sont des êtres comme les autres, ambigus, torturés et fascinants. Journal intime d’une artiste prodige, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres est un kaléidoscope brillant d’énergie et d’émotions, l’histoire magnifiquement contée d’une fascinante enfant au coeur du Chicago en ébullition des années 1960. Dans cette oeuvre magistrale, tout à la fois enquête, drame familial et témoignage historique, Emil Ferris tisse un lien infiniment personnel entre un expressionnisme féroce, les hachures d’un Crumb et l’univers de Maurice Sendak (Max et les maximonstres).


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