Soraya Martinez Ferrada, cheffe d’Ensemble Montréal (à gauche) et Lorraine Pintal, candidate au poste de conseillère dans le Vieux-Rosemont (à droite) (Courtoisie Ensemble Montréal)

Soraya Martinez Ferrada veut s’occuper personnellement de la revitalisation de l’est

L’ex-députée fédérale de Hochelaga—Rosemont-Est et ministre du cabinet Trudeau, Soraya Martinez Ferrada, s’est grandement impliquée dans le développement de l’est de Montréal depuis son élection en 2018. C’est lors de sa première campagne qu’elle s’était notamment engagée à mettre en place un sommet de l’est qui regrouperait les forces vives de la région, un projet qui s’est réalisé lors de son deuxième mandat via la Chambre de commerce de l’Est de Montréal. L’élue a joué un rôle clé pour débloquer l’important financement tripartite et nécessaire à l’événement, assuré par Ottawa, Québec et Montréal (près de 1 M$ au total). Le sommet, qui a fait rayonner le territoire lors de ses deux éditions (2023 et 2025), reflète bien le plan de match de Mme Martinez Ferrada pour la revitalisation de l’est si elle remporte la victoire le 2 novembre prochain.

« Le Sommet de l’est est selon moi un événement important qui devrait être organisé sur une base régulière, peut-être pas chaque année mais qu’il faudrait maintenir. C’est une occasion extraordinaire d’aligner le travail collectif des acteurs de l’est et c’est un exercice de relations publiques efficace qui tourne tous les regards sur notre territoire. Mais tout cela demande un immense travail en amont, et c’est la coordination de tout ça que j’aimerais ramener au bureau de la mairesse si je suis élue. Je veux porter ce dossier personnellement, car c’est un des secteurs de la ville qui va nous demander énormément d’attention et de relations politiques avec les autres paliers de gouvernement au cours des prochaines années », avance la cheffe d’Ensemble Montréal.

Redonner du leadership à Montréal

En entrevue avec EST MÉDIA Montréal, Soraya Martinez Ferrada reviendra souvent sur le manque de leadership de l’administration Plante qui selon elle « a failli à la tâche » concernant le développement de l’est de Montréal, qui devait pourtant être une priorité pour Projet Montréal ces huit dernières années.

(Courtoisie Ensemble Montréal)

« Ils ont manqué de leadership, mais surtout ils ont manqué d’ambition. Valérie Plante a signé une déclaration conjointe avec Québec en 2018 pour revitaliser l’est de Montréal. Mais après, il faut avouer qu’il ne s’est pas passé grand-chose. Ce n’est pas la Ville qui a initié le Sommet de l’est. C’est la Ville qui a par contre vraiment mal géré les premiers 100 M $ offerts par Québec pour décontaminer les sols industriels de l’est. Ce n’est pas la Ville qui a aidé dans le dossier du transport structurant dans l’est… La Ville n’a pas eu le leadership, malheureusement, pour débloquer les grands projets dans l’est, et le résultat est que nous ne sommes pas plus avancés aujourd’hui », insiste l’aspirante mairesse.

Questionnée à savoir quel rôle peut vraiment jouer une mairesse pour des grands projets de développement territorial, Soraya Martinez Ferrada est d’avis qu’il est majeur. Elle donne comme exemple le travail effectué récemment par la mairesse de Montréal-Est, Anne St-Laurent. « Elle a fait beaucoup de choses. Elle a entre autres exercé son droit de préemption pour acheter un terrain que le Port de Montréal n’a finalement pas pu acquérir, soit le dernier terrain disponible sur le bord du fleuve. Elle a aussi acheté des terrains pour désenclaver le nord de Montréal-Est. Elle a été à Québec faire ses représentations et m’a rencontrée à plusieurs reprises lorsque j’étais ministre au fédéral en développement économique. Je pense que lorsqu’une mairesse décide de travailler pour sa ville, elle a énormément de pouvoir et d’influence. C’est ce que je veux faire pour la métropole. »

« Débloquer » l’est

Pour « débloquer » l’est de Montréal, Soraya Martinez Ferrada affirme qu’il faut avant tout mettre sur les rails le tramway de l’est le plus rapidement possible. « Il faut que la Ville travaille de près avec le gouvernement du Québec pour établir un échéancier concret de réalisation. Il faut qu’on passe à l’action et ne plus reculer. On est passé d’un REM à un tramway dans l’est, OK. Mais là, c’est le minimum que les citoyens vont accepter. Oublions les solutions de rechange comme un SRB et allons de l’avant avec un vrai projet de transport structurant. La Ville doit être un facilitateur dans ce projet, pas un frein comme ç’a été le cas auparavant », affirme-t-elle.

Quant au dossier de la décontamination des sols, la candidate a une approche très différente de celle proposée par Projet Montréal ces dernières années. Au lieu de décontaminer et ensuite essayer de trouver des entreprises qui voudraient venir s’installer sur ces terrains, Soraya Martinez Ferrada est d’avis qu’il faut gérer tout cela dans un même souffle. « On est capable de vendre le territoire à des investisseurs et de les soutenir au niveau de la décontamination au moment qu’il conviendra. Qu’est-ce qui doit venir en premier pour les terrains contaminés dans l’est? Eh bien, ça ne donne rien de jouer à la poule ou l’œuf. Maintenant, il faut accélérer les choses et mieux vendre l’est de Montréal. Il faut changer de stratégie », soutient-elle.

La résidente de Pointe-aux-Trembles est aussi la seule des candidats à la mairie à mettre dans sa plateforme électorale une éventuelle reconstruction de la rue Notre-Dame, un projet caressé surtout par la députée caquiste Chantal Rouleau ces dernières années, mais qui a été vite tabletté avec la mise au rancart du projet du REM de l’est. « Il faut ressusciter le bureau de projet de la rue Notre-Dame. On doit déjà penser à qu’est-ce qu’on va faire avec cette importante voie de circulation, qui est notamment stratégique pour relier l’est avec le centre-ville et qui va demander bientôt des investissements considérables. Une fois que les travaux dans le tunnel vont être complétés et que Québec aura attaqué le chantier de l’autoroute 40, je veux que le prochain grand projet routier dans l’est soit la réfection de la rue Notre-Dame. On doit commencer maintenant à planifier la rue Notre-Dame de demain », avance la cheffe d’Ensemble Montréal.

Une élection qui approche à grands pas

Le plus récent sondage publié lundi par Pallas Data place Soraya Martinez Ferrada confortablement en avance (avec 33 % des intentions de vote) sur le candidat de Projet Montréal, Luc Rabouin (18 %). La principale intéressée dit ne rien prendre pour acquis pour le moment, mais constate « qu’il y a définitivement actuellement une volonté de changement chez les électeurs. On le sent très bien sur le terrain, et c’est dans tous les arrondissements. Je crois aussi que les gens sont plus conscients aujourd’hui de la qualité de l’équipe que présente Ensemble Montréal. Il y a beaucoup de candidats de grande qualité chez nous et la campagne aura permis aux gens de les découvrir un peu partout à Montréal. »

Quelles seront les premières actions que posera la nouvelle mairesse de Montréal si elle est élue dimanche prochain? « Deux choses [seront faites] très rapidement. Un, mettre la table des maires d’arrondissement en place (un engagement pris en début de campagne), indépendamment des maires et mairesses élu.es, afin que l’on établisse les meilleures méthodes à adopter pour assurer les services aux citoyens. Et deux, mettre en place un groupe d’intervention tactique pour l’itinérance, parce que l’hiver va arriver très vite et qu’il faut régler ce problème une fois pour toutes. Ce n’est pas normal qu’à chaque début d’hiver, à Montréal, on se pose la question de ce qu’on va faire cette année. Là, il faut arrêter d’improviser et prévoir que l’hiver, eh oui, il revient chaque année », conclut Mme Martinez Ferrada.