À contrejour, œuvre de Sophie Thibault qui fait partie de l’exposition photo Lignes de vie • Signes de vie (Photo / Sophie Thibault)

Sophie Thibault expose dans l’est de Montréal

Depuis sa retraite comme cheffe d’antenne de TVA, Sophie Thibault multiplie les projets et s’adonne à sa passion : la photographie. Sa nouvelle exposition Lignes de vie • Signes de vie a élu domicile au pavillon commémoratif Ville‑Marie du Repos Saint‑François d’Assise, du 30 mars au 18 juin prochain. Elle y propose un parcours visuel lumineux, dans un lieu habituellement associé au recueillement et au deuil.

De prime abord, Sophie Thibault avoue avoir été étonnée lorsque son ami Alain Chartier, directeur général du Repos Saint-François d’Assise, lui a proposé d’exposer ses œuvres dans un cimetière : « Au départ, je n’y croyais pas trop et  finalement, il m’a convaincue. (…) Pour moi, ça a fini par faire du sens parce que c’est un lieu de vie. C’est un lieu où on commémore le souvenir des gens qu’on aime. Oui, il y a la mort. Oui, il y a du chagrin. Mais il y a aussi toutes sortes d’émotions », explique-t-elle. La journaliste ne tarie d’ailleurs pas d’éloges quant à la beauté du lieu : « C’est tellement un endroit exceptionnel, c’est un espace lumineux, où l’art occupe une place centrale… c’est vraiment comme un musée », rapporte l’ancienne cheffe d’antenne.

Sophie Thibault lors du vernissage de l’exposition photo Lignes de vie • Signes de vie (Photo / Courtoisie)

L’exposition propose un parcours visuel évolutif, débutant par des œuvres en noir et blanc pour transiter graduellement vers la couleur. Pour l’artiste, ce choix peut symboliser son propre passage d’une carrière intense à une vie plus colorée : « C’est un peu, au fond, une image de peut-être comment je vivais avant, dans le noir et blanc, puis la couleur est apparue. »

Bien qu’elle soit reconnue pour ses photos d’oiseaux, elle a volontairement misé sur des œuvres plus abstraites pour cette exposition afin d’harmoniser sa proposition avec la sérénité et la nature profonde du lieu.

Réactions positives

EST MÉDIA Montréal s’est entretenu avec Mme Thibault au lendemain de son vernissage. Un événement qui a suscité des réactions au-dessus de ses attentes : « J’ai vu des gens très touchés par ce qu’ils voient, par ces petits clins d’œil de la nature que j’ai la chance de capter avec mon appareil. Je pense que les gens, de façon générale, ont besoin de beauté, d’harmonie et de bonnes nouvelles », dit-elle. Elle note d’ailleurs que les  réactions provoquées par son travail de photographe sont à mille lieux de celles que son travail de cheffe d’antenne pouvait susciter: « C’est un peu différent de larguer une tonne de mauvaises nouvelles au quotidien », note cette dernière.

Des « signes de vie » captés au quotidien

Le titre de l’exposition n’est pas fortuit. « Lignes de vie » évoque le long chemin de l’existence parsemé de choix et de tournants majeurs, tandis que « Signes de vie » évoque les « clins d’œil » que la nature lui envoie. « Quand je fais des photos, on dirait que la vie me fait des signes. J’arrive à les capter », dit-elle.

Elle évoque par exemple une colombe apparue dans sa cour le lendemain de la mort de son chien : « Elle est restée toute la journée. Je l’ai photographiée sous tous les angles. » D’autres images naissent d’observations fortuites, comme une bouteille d’eau gelée laissée dans sa voiture qui a donné lieu à une série de photos abstraites.

Ces moments, dit-elle, nourrissent sa pratique et renforcent son sentiment d’être « sur son X » : « Quand je ne fais pas de photo pendant quatre jours, ça me manque physiquement », confie Sophie Thibault.

Celle qui a passé 37 ans dans le « vortex de l’actualité et de l’adrénaline » trouve aujourd’hui un équilibre différent derrière l’objectif. Comme journaliste, elle confie que le « doute » n’était jamais loin, un sentiment qu’elle n’a « curieusement » encore jamais connu dans le domaine de la photographie.

Une retraite active et un retour à l’écran

Depuis qu’elle a quitté son poste de cheffe d’antenne en juin 2025, Sophie Thibault ne chôme pas et se dit même agréablement surprise par l’intensité de sa nouvelle vie, qui s’est avérée être un véritable « feu roulant ».

Un retour à l’écran est prévu le 6 avril prochain sur ICI TÉLÉ avec La face cachée du soleil, un documentaire qui s’intéresse à la hausse des cancers de la peau. Ce sujet, elle le connaît d’une façon bien personnelle ayant elle-même été victime en 2017.

La photographe est également très sollicitée pour donner des conférences à travers le Québec. Parmi les nombreuses thématiques qu’elle propose sur son site, une est particulièrement en demande : celle portant sur son parcours journalistique. « Quand je parle de mon métier, je réalise que j’ai vécu tous les moments importants avec les Québécois pendant 37 ans. Les gens sont émus, ça ramène toutes sortes de souvenirs », explique-t-elle.

Sophie Thibault lors du vernissage de l’exposition photo Lignes de vie • Signes de vie (Photo / Courtoisie)

En parallèle, elle développe actuellement une offre d’ateliers photo à l’international. Une voyagiste l’a approché pour organiser des voyages thématiques, un projet qui la mènera notamment en Norvège, au Costa Rica et au Japon. « Il y  a une centaine de Québécois qui viennent, et la moitié fait de la photo. Je donne des sorties guidées et une conférence à bord », précise-t-elle.

Malgré un horaire chargé, elle dit vouloir préserver un certain équilibre. « La retraite, ce n’est pas un concept abstrait. Je veux quand même trouver une respiration à travers ça », affirme-t-elle, tout en reconnaissant que les projets continuent de s’accumuler.