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Se mettre au sport sur le tard

À 82 ans, Gilles St-Onge prouve qu’il n’est jamais trop tard pour reprendre sa santé en main. Résident de la RPA Terrasses Versailles dans l’arrondissement d’Anjou, cet homme qui n’avait jamais été sportif de sa vie s’est lancé un défi de taille à l’aube de ses 80 ans pour contrer la maladie. Aujourd’hui, malgré une perte de vision presque totale causée par une maladie dégénérative, il gravit quotidiennement 14 étages pour rester en forme et maintenir son autonomie.

Pendant la majeure partie de sa vie, Gilles St-Onge a privilégié les activités de l’esprit. Se définissant lui-même comme un intellectuel, il passait ses temps libres à lire, à faire des mots croisés ou à s’impliquer dans le milieu du théâtre.

Gilles St-Onge (Photo: Courtoisie)

Le sport ne faisait tout simplement pas partie de ses intérêts, une réalité qui a persisté jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de 80 ans. C’est à ce moment que sa santé a envoyé des signaux d’alarme impossibles à ignorer.

En plus de problèmes cardiaques ayant nécessité deux opérations, M. St-Onge a reçu un diagnostic de diabète de type 2.« Il fallait que je fasse quelque chose (…) j’avais un taux de glycémie de 26, un niveau extrêmement critique », dit-il. L’infirmière de sa résidence l’avait d’ailleurs prévenu qu’avec un tel taux, il aurait pu sombrer dans le coma à tout moment. Devant l’urgence de la situation et une prise de poids de plus en plus marquée, il a compris qu’il devait impérativement intégrer l’exercice physique à sa routine pour ne pas « sombrer encore plus dans la maladie ».

S’adapter malgré une vision de 2 %

Le défi de Gilles St-Onge était double, car sa condition physique générale n’était pas son seul obstacle. Il vit avec une dégénérescence maculaire sèche, une maladie oculaire qu’il a contractée précocement à l’âge de 54 ans. Malgré des traitements par injections au début de la maladie, sa vision a continué de décliner graduellement. Aujourd’hui, il ne dispose plus que de 2 % de sa capacité visuelle, ce qui l’oblige à se déplacer avec une canne blanche.

En raison de cette cécité quasi totale, M. St-Onges refusait d’envisager de faire des activités extérieures ou des cours de sport en groupe. Ce dernier explique qu’il lui est difficile de marcher dehors, car il ne perçoit pas les trous ou les dénivellations du sol.  C’est finalement dans son milieu de vie qu’il a trouvé la solution : les cages d’escaliers de sa résidence.

La conquête des 14 étages

Motivé par une autre résidente qui pratiquait déjà cet exercice, Gilles St-Onge a commencé sa nouvelle vie de sportif de manière très progressive. Au départ, monter seulement deux étages représentait un effort colossal qui le laissait complètement essoufflé. Cependant, il ne s’est pas découragé. Peu à peu, il est parvenu à monter trois, puis quatre étages, pour finalement monter les 14 étages et atteindre le sommet de l’édifice.

Après deux ans et demi de pratique quotidienne, les résultats sont palpables. L’octogénaire a perdu 20 livres et constate une amélioration notable de sa qualité de vie : il dort mieux et se sent plus alerte.

Un héritage de détermination

Le parcours de Gilles St-Onge trouve peut-être ses racines dans une jeunesse marquée par la rigueur du cours classique et une vie familiale modeste. Grandir dans un petit logement à l’arrière d’un dépanneur avec six autres personnes lui a appris la persévérance. Il se souvient avoir dû étudier dans des conditions bruyantes, ce qui lui a d’ailleurs fait détester le hockey, puisque le son de la télévision l’empêchait de se concentrer sur ses lectures obligatoires comportant une centaine de pages par jour.

Cette force de caractère acquise tôt dans la vie lui sert aujourd’hui à inspirer ses pairs. Lors d’une récente panne d’électricité qui a limité l’utilisation des ascenseurs dans la résidence, M. St-Onge est devenu un exemple vivant de l’importance de la mise en forme. Alors que plusieurs résidents se désolaient de ne pas pouvoir monter à pied, il a pu leur témoigner que c’était son quotidien depuis plus de deux ans.

Pour Gilles St-Onge, l’âge n’est pas une excuse, mais plutôt une raison de plus de s’activer. À l’approche de son 83e anniversaire en avril 2026, il encourage tous les aînés à faire de même pour leur propre santé.


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