
Un image de synthèse des développements prévus dans le secteur Langelier (Courtoisie Saint-Léonard)
7 juillet 2025La SDC Jean-Talon Est réagit au projet du secteur Langelier
L’arrondissement de Saint-Léonard et la Ville de Montréal déposaient en avril dernier le Plan directeur d’aménagement et de développement (PDAD) pour le secteur Langelier. La Société de développement commercial (SDC) Jean-Talon Est a émis certaines réserves vis-à-vis du projet dans un rapport déposé la semaine dernière.
Le nouveau secteur Langelier s’étend sur un territoire de 35 hectares à l’est du boulevard Langelier entre l’autoroute 40 et les limites des arrondissements d’Anjou et de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Une portion du projet de prolongement de la ligne bleue du métro traverse le secteur.
Tout organisme voulant formuler des commentaires sur le PDAD avait jusqu’au 20 juin dernier pour le faire via le site Réalisons Montréal. La SDC Jean-Talon Est a ainsi formulé quelques réserves à l’encontre de l’ambitieux projet se trouvant à proximité de son artère.

Pierre Frisko, directeur général de la SDC Jean-Talon Est (LinkedIn)
Même si le futur développement ne touche pas directement l’axe desservi par la SDC Jean-Talon Est, Pierre Frisko, son directeur général, juge que les impacts sur l’artère risquent d’être « féroces ».
Selon M. Frisko, le secteur de la SDC Jean-Talon Est entre le boulevard Viau à l’ouest et la rue de la Villanelle à l’est a longtemps été considéré comme « le cœur commercial et la rue principale de Saint-Léonard ». Ce secteur connaît toutefois des difficultés depuis quelques décennies. « En 2002, dans le plan d’urbanisme de la Ville de Montréal, on a constaté que la rue manquait d’amour. Elle avait besoin d’être retapée, redynamisée. Depuis ce temps-là, on a présenté toutes sortes de projets », explique le directeur général.
Même si aucun de ces projets ne semble être parvenu à redynamiser complètement l’artère, l’annonce de l’arrivée du prolongement de la ligne bleue avait suscité quelques espoirs. « Depuis qu’on parle de l’arrivée du métro, on dit que ça va nous lancer, souligne M. Frisko. Mais si on veut que le métro serve à quelque chose, il faut l’utiliser comme levier. »
Il pense à des solutions qui pourraient créer « du dynamisme, de l’achalandage, de la circulation » dans le secteur à proximité des nouvelles stations de métro. « Une maison de la culture, une bibliothèque, une salle de spectacle. Des locaux pour le monde communautaire qui en cherche depuis des années », donne-t-il en exemple.
Selon lui, le projet du secteur Langelier, tel qu’il est présenté à l’heure actuelle, ne présente pas suffisamment d’options pour redynamiser l’artère Jean-Talon est. « Si tout ce que tu fais, c’est mettre des logements à Lacordaire, tu ne crées pas d’achalandage », croit-il.
Refusant de commenter pour le moment les observations de la SDC Jean-Talon Est, Catherine Piazzon, chargée de communication à Saint-Léonard, a rappelé que la consultation pour le secteur Langelier s’est terminée à la fin de juin et que le rapport final est en cours de réalisation. « Il serait donc prématuré à ce stade de commenter la démarche ou l’intervention d’un groupe de participants plus qu’un autre », a-t-elle précisé par courriel.
Tours à logements
L’un des principaux commentaires émis par la SDC Jean-Talon Est concerne la construction des cinq tours à logements de 25, 20, 17, 22 et 20 étages prévues dans le nouveau secteur. Ces nouveaux édifices contourneraient les normes en vigueur pour l’urbanisme du quartier, selon M. Frisko. « Le projet déposé au-dessus de Lacordaire va jusqu’à 19 étages alors que le PPU (Programme Particulier d’urbanisme) accordait un maximum de dix. Puis le PPU, il ne remonte pas à 20 ans. Il a été adopté en 2021, justement parce que le métro s’en venait », indique-t-il.
Le directeur de la SDC Jean-Talon Est croit aussi que la disposition de ces futures tours pourrait avoir des répercussions sur le projet de place publique devant se retrouver dans le secteur Langelier. « On parle de créer un quartier vivant, vibrant, où les gens vont se promener. Mais si la place publique qu’ils veulent faire sur Langelier est entourée de tours de 20, 22 ou 25 étages, peut-être qu’il faudrait se poser des questions sur la qualité de cet espace-là », relève-t-il.
De plus, M. Frisko soutient que ce type d’habitation ne favorise pas le sens de la communauté : « Dans les tours de 25 étages, les gens sont comme dans un hôtel parce qu’il n’y a pas d’endroits propices aux rencontres. » Citant en exemple Jane Jacobs, autrice de nombreux ouvrages sur l’urbanisme, il affirme que l’intérêt d’un quartier repose dans la confiance entre les résidents. « Tu croises ton boucher, tes voisins. Tu te sens bien. Tu n’auras pas peur de laisser tes enfants jouer pendant que tu vas faire une course, parce que tu sais que la communauté veille sur eux. Si tu fais juste des tours de 25 étages, tu n’auras pas ça. »







