(Courtoisie SAC Anjou)

Saveurs partagées : le SAC Anjou livre ses petits plats congelés chez vous

Depuis 48 ans, le Service d’aide communautaire (SAC) Anjou intervient auprès des résidents les plus vulnérables de l’arrondissement grâce à ses programmes en éducation et en autonomie alimentaire ainsi qu’à ceux destinés aux aînés-familles. Bientôt, une nouvelle initiative sera lancée pour nourrir les Angevins dans le besoin : un service de livraison de plats préparés à prix raisonnable.

Le programme, nommé Saveurs partagées, est en phase d’essai depuis décembre 2025. Il sera officiellement mis en branle ce printemps. « Ça fait longtemps que le SAC Anjou pensait à faire ça. Il y avait déjà eu une évaluation des besoins qui avait été faite il y a plusieurs années. Puis, la pandémie a fait en sorte qu’on s’est retrouvé comme d’autres organismes à récupérer les plats qui étaient distribués aux voyageurs dans les avions pour ensuite les livrer aux aînés », raconte Nathalie Lajoie, directrice générale du SAC Anjou.

Au total, l’organisme a été en mesure de livrer plus de 10 000 de ces plats aux aînés d’Anjou durant la pandémie. La popularité du programme temporaire a fait comprendre aux acteurs communautaires « qu’il s’agissait de quelque chose dont les gens avaient besoin », particulièrement les personnes âgées, souligne Mme Lajoie, qui du même coup rappelle que près du quart de la population angevine fait partie de cette tranche d’âge, ce qui représente le plus haut taux à Montréal.

De plus, le SAC Anjou s’est récemment installé dans son nouveau bâtiment, ce qui lui a permis d’aller de l’avant avec ce projet. « Auparavant, on utilisait les cuisines de sous-sol d’églises ou de l’arrondissement. Maintenant, on a nos propres installations, qui ont été conçues selon ce projet qu’on avait en tête depuis longtemps », affirme la directrice générale. L’initiative est aussi propulsée par une bourse du 40e de Moisson Montréal d’une valeur de 40 000 $ ainsi que par une autre enveloppe de 40 000 $ remise par PME MTL Est-de-l’Île, via son fonds de développement de l’économie sociale.

Nourrir les aînés en brisant l’isolement 

Dès la fin de 2025, l’organisme communautaire a commencé à « tester » les recettes et les équipements tout en impliquant les bénévoles. « On vend une soixantaine de plats par semaine en ce moment. Ce qu’on vise, c’est à peu près 200-225 plats par semaine, une fois que notre plateforme en ligne sera lancée », indique Mme Lajoie. Les plats livrés, dont le prix varie entre 6,50 $ et 8,50 $, sont surgelés et peuvent ainsi se conserver plus longtemps au congélateur. Le menu inclut autant du pâté chinois que du poulet à la marocaine ou encore des crevettes sautées à la thaï. La livraison est gratuite pour les achats de 50 $ et plus.

Nathalie Lajoie, directrice générale du SAC Anjou (Courtoisie)

La plateforme dont il est question sera disponible sur le site Internet du SAC Anjou. Un menu avec des images des plats disponibles permettra de commander directement auprès de l’organisme les repas qui seront livrés hebdomadairement. Afin d’assurer un service auprès des aînés qui n’ont pas accès à Internet, la commande sera aussi possible par téléphone. « C’est important, parce qu’ils peuvent avoir besoin de parler à une personne, de poser des questions ou de recevoir des suggestions au sujet du menu », précise Mme Lajoie.

Selon cette dernière, il est d’autant plus difficile de fournir une alimentation saine aux personnes âgées lorsque celles-ci vivent dans l’isolement. « Souvent, les aînés vivent seuls et quand on est seul, on prend moins soin de soi. On va manger un bol de céréales pour souper, on va faire les choses rapides ou même sauter un repas. Psychologiquement et physiquement, on sait que c’est important de bien se nourrir. C’est pourquoi on a voulu créer des plats savoureux. Nos plats doivent ressembler à des plats maison, ils se doivent d’être bons. On veut leur donner le goût de manger », assure la directrice générale.

Les besoins alimentaires en hausse à Anjou

Le SAC Anjou est sur plusieurs fronts d’intervention communautaire sur son territoire. Que ce soit en alphabétisation, en persévérance scolaire ou dans la distribution de paniers alimentaires, l’organisme tente de subvenir à plusieurs besoins des personnes les plus vulnérables.

Toutefois, c’est surtout dans le domaine alimentaire que la demande a crû durant les dernières années. « Avant la pandémie, le SAC Anjou avait environ 80 ou 100 paniers alimentaires à distribuer, et maintenant, on est à près de 200 paniers hebdomadaires. Pendant la pandémie, on était deux organismes à faire de la distribution de paniers alimentaires dans l’arrondissement, et la Ville nous a même prêté un entrepôt, parce qu’on a atteint un pic de 500 ou 600 familles à approvisionner par semaine », relate la directrice générale.

Aujourd’hui, la demande pour l’aide alimentaire demeure donc plus forte qu’avant la pandémie à Anjou. En outre, ce sont environ une quinzaine de familles qui ne sont pas inscrites au service de paniers alimentaires qui se présentent épisodiquement au SAC Anjou chaque semaine avec des besoins urgents en nourriture.

L’organisme a ainsi mis en place un système de frigos partagés qui continue de se développer à travers l’arrondissement. Ces réfrigérateurs se trouvent dans plusieurs des organismes communautaires d’Anjou afin de rejoindre une clientèle « qui n’avait pas besoin d’aide alimentaire il y a une dizaine d’années ». « On parle, par exemple, d’une personne qui va monter son CV au Carrefour Jeunesse-Emploi. Bien, cette clientèle-là, maintenant, elle a faim. Alors, on met des frigos sur place et on fournit avec nos surplus de fruits et légumes », explique en terminant Mme Lajoie.


Le dossier spécial L’Est communautaire 2026 est produit en partie grâce à la contribution financière des partenaires suivants :