Sandrine Archambault lors de l’événement annuel Rires Solidaires qui s’est déroulé le 12 mai dernier au Théâtre Denise-Pelletier (courtoisie FHMR)

PDG de la FHMR : Sandrine Archambault entre en fonction avec l’ambition de faire rayonner l’Est et son expertise médicale

Nouvellement arrivée à la tête de la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (FHMR), Sandrine Archambault arrive avec un parcours atypique, forgé dans des milieux aussi variés que les médias, le syndicalisme, le développement économique et les associations patronales. Entrée en poste la semaine dernière, la nouvelle présidente-directrice générale dit aborder ce défi avec humilité, mais aussi avec une forte volonté de contribuer au rayonnement de l’hôpital, de son centre de recherche et des professionnels qui y travaillent.

Sandrine Archambault, nouvelle présidente directrice générale de la FHMR (courtoisie)

« Je ne suis pas là pour moi. Je suis vraiment là pour la Fondation, pour l’équipe, pour l’hôpital, le centre de recherche et les projets reliés aux soins, à la prévention et à la recherche », affirme-t-elle d’entrée de jeu.

À peine installée dans ses nouvelles fonctions, elle dit encore être en phase d’observation. « Ça fait quelques jours, même pas deux semaines que je suis arrivée. Je n’ai pas encore établi parfaitement ce que sera ma vision », reconnaît-elle. Néanmoins, certaines lignes directrices se dessinent clairement : mobilisation, innovation, reconnaissance et développement de l’Est de Montréal.

Un parcours marqué par la transformation des organisations

Avant de prendre les commandes de la FHMR, Sandrine Archambault occupait le poste de cheffe des opérations et vice-présidente stratégie au Conseil du patronat du Québec. Pendant trois ans, elle y a travaillé sur la croissance de l’organisation, le développement de nouveaux revenus et l’amélioration de la proposition de valeur destinée aux entreprises membres.

Auparavant, elle a dirigé l’AQTIS 514 IATSE, un syndicat représentant les techniciens de l’audiovisuel sur les plateaux de tournage. Elle y est arrivée dans un contexte de fusion complexe entre deux organisations syndicales distinctes, un mandat qu’elle décrit comme une importante transformation organisationnelle.

« Quand je suis arrivée, il fallait arrimer les opérations, les membres, les communications, l’image de marque. On créait un peu une nouvelle organisation avec des entités fusionnées », explique-t-elle.

Elle a également passé sept ans à la Jeune Chambre de commerce de Montréal, où elle a piloté un redressement organisationnel avant de participer à une période de croissance importante. Plus tôt dans sa carrière, elle a travaillé pendant 12 ans chez Infopresse, où elle a vu le secteur des médias traverser autant des années d’expansion que de décroissance.

Avec le recul, Sandrine Archambault voit un fil conducteur à travers toutes ses expériences : accompagner des organisations dans des moments charnières et contribuer au rayonnement de communautés professionnelles. « J’ai toujours travaillé dans des organisations qui étaient dans des moments de transformation ou de croissance. Mais il y avait aussi toujours un rôle de rayonnement, de représentation et de service envers une communauté », résume-t-elle.

Une dirigeante « rassembleuse »

La nouvelle présidente-directrice générale de la FHMR décrit son style de gestion comme profondément axé sur le rassemblement. Pour elle, le rôle d’une dirigeante consiste avant tout à créer un alignement entre les différents acteurs qui gravitent autour d’une organisation. « J’aime ça quand tout le monde comprend et va dans la même direction. Je vois vraiment le rôle de PDG comme un rôle de chef d’orchestre », dit-elle.

À la Fondation, cela signifie composer avec une multitude de partenaires : l’hôpital, le CIUSSS, les médecins, les chercheurs, les bénévoles, les donateurs et le conseil d’administration. Selon elle, la capacité de mobiliser ces groupes autour d’une vision commune sera essentielle pour la suite des choses.

Ses expériences précédentes, notamment dans le milieu syndical, lui ont appris à naviguer dans des environnements complexes où les enjeux de gouvernance, de communication et de mobilisation occupent une place centrale. « Ça m’a amenée à développer une capacité à naviguer dans des environnements délicats, parfois politiques, et à créer des liens de qualité avec les gens », explique-t-elle.

L’Est de Montréal comme moteur d’engagement

Résidente de l’Est, Sandrine Archambault suivait déjà depuis plusieurs années les initiatives de la FHMR, de la Société de développement Angus (SAD) et des acteurs économiques du secteur, avant même d’être approchée pour le poste. « J’étais déjà sensibilisée aux enjeux de l’Est, à ses grands besoins aussi », dit-elle.

C’est d’ailleurs ce lien avec le territoire qui a nourri son intérêt pour la Fondation. Elle évoque autant les besoins en infrastructures que le désir de voir cette partie de Montréal obtenir davantage de reconnaissance et d’investissements.

Pour elle, l’HMR occupe une place centrale dans cet écosystème. Et malgré les difficultés bien connues du réseau de la santé, elle croit qu’il existe un décalage entre le discours public souvent négatif et la réalité du beau travail accompli sur le terrain. « C’est tellement négatif ce qu’on entend autour de la santé. Mais pour vrai, on est chanceux au Québec d’avoir des soins comme ça », affirme-t-elle.

Elle insiste particulièrement sur le manque de reconnaissance accordé aux professionnels du réseau. « Ces gens-là n’ont pas la reconnaissance qu’ils devraient avoir. Jamais. C’est toujours les critiques, les conflits, les problèmes. Pourtant, c’est une richesse incroyable qu’on a. »

Soutenir l’innovation et la recherche

Dans sa vision du rôle que devrait jouer une fondation hospitalière, Sandrine Archambault insiste sur la complémentarité avec le financement public. Selon elle, les gouvernements assurent le maintien des soins de base, tandis que les fondations permettent d’aller plus loin, notamment dans l’innovation et la recherche. « Une fondation hospitalière peut se rendre à une zone de transformation et d’innovation », explique-t-elle.

La nouvelle présidente-directrice générale rappelle d’ailleurs que le centre de recherche de l’HMR a déjà traversé une période critique où sa survie même était menacée, faute de financement suffisant. La Fondation avait alors joué un rôle déterminant pour maintenir ses activités.

Pour Sandrine Archambault, cet appui à la recherche est essentiel, puisqu’il permet ultimement d’améliorer les soins et de sauver des vies. Elle cite notamment l’exemple d’une jeune patiente atteinte d’un cancer réfractaire aux traitements conventionnels qui a pu intégrer un protocole de recherche expérimental grâce au centre de recherche de l’hôpital. « C’est une jeune fille de 18 ans qui a été sauvée. Et quand une recherche fonctionne pour une personne, elle peut ensuite sauver plein d’autres gens », souligne-t-elle.

Faire reconnaître l’expertise de l’HMR

Depuis sa nomination, Mme Archambault dit avoir été frappée par le nombre de personnes lui parlant de l’expertise exceptionnelle présente au sein de l’hôpital. « Depuis que je suis là, les gens me disent qu’il y a tellement de médecins, de chercheurs et de cas incroyables à Maisonneuve-Rosemont, mais que c’est méconnu », raconte-t-elle.

Elle estime que l’institution et ses équipes ne bénéficient pas encore du rayonnement qu’ils méritent malgré la qualité des soins et de la recherche qui y sont réalisés. « Les professionnels qui sont dans cet hôpital-là sont vraiment extraordinaires et ils se démarquent. Je veux que tout ça émerge davantage », affirme-t-elle.

Et à plus long terme, la nouvelle présidente-directrice générale de la Fondation nourrit une ambition claire : voir émerger un HMR « de classe mondiale » au cours des prochaines années. « Je veux voir le nouvel hôpital construit, dans 10 ou 15 ans. Je veux qu’on soit rendus là », lance-t-elle en terminant.