
La pièce Cougar qui peut! sera présentée à la Salle Désilets du 3 juillet au 16 août 2026 (Courtoisie/Marc Choquette)
23 mars 2026La Salle Désilets lance un premier théâtre d’été urbain
La Salle Désilets, qui jouxte le Cégep Marie-Victorin, lance une initiative encore peu répandue sur l’île : une véritable saison de théâtre d’été. Tradition bien ancrée au Québec, ce type de théâtre est habituellement associé aux régions.

Luc Sanders, adjoint à la direction et responsable du développement de la Salle Désilets (LinkedIn)
Pour Luc Sanders, adjoint à la direction et responsable du développement, cette nouveauté s’inscrit directement dans la mission de la Salle Désilets. « Notre organisme a pour mission de rendre la culture accessible au plus grand nombre », explique-t-il. Et il ajoute que ce projet permettra « à un public qui ne peut pas toujours se déplacer en région de profiter de ce type de programmation ».
Le choix du lieu participe aussi à cette volonté. Bien que située à Montréal, la salle offre un environnement verdoyant qui rappelle l’ambiance champêtre souvent associée au théâtre d’été. « L’environnement est paisible, avec un étang et des espaces extérieurs qui créent une véritable ambiance estivale », précise Sanders, tout en rappelant l’accessibilité du site, autant en voiture qu’en transport en commun.
Un projet né d’un succès en région
La pièce présentée cet été n’est pas une création entièrement nouvelle : Cougar qui peut, une comédie de Steve Bally, a d’abord été montée et jouée en région, notamment à Kingsbury Falls et à Rougemont. Selon Dylan Fréchette, agent de production, c’est la réponse du public qui a motivé le transfert vers Montréal.
Il explique que « beaucoup de monde de la ville venait le voir », en plus du public local. Sans même une grande campagne publicitaire, le spectacle a gagné en popularité grâce au bouche-à-oreille : « Vers la fin, ça se remplissait de plus en plus. »
Ce succès se confirme déjà à Montréal, où plusieurs centaines de billets ont été vendus avant même le début de la promotion. « C’est vraiment le bouche-à-oreille », insiste-t-il, ajoutant que certains spectateurs sont revenus voir la pièce à plusieurs reprises.

Fabien Dupuis, metteur en scène (Courtoisie/Marc Choquette)
Une comédie de boulevard intergénérationnelle
La production s’inscrit dans le registre du théâtre de boulevard, avec une intrigue axée sur les quiproquos et les relations entre personnages. L’histoire met en scène Rose (Marie-Josée Longchamps), une retraitée tranquille, dont la vie est bouleversée par l’arrivée de sa sœur Brigitte (Carmen Sylvestre), ainsi que par une galerie de personnages hauts en couleur, dont Simon, un gigolo, et des voisins curieux.
Le metteur en scène, Fabien Dupuis, décrit l’œuvre comme « un vaudeville », reposant avant tout sur le jeu des comédiens. « C’est un show d’actrices et d’acteurs », affirme-t-il, précisant que le travail a laissé place à l’improvisation avant d’être structuré.
Dupuis souligne également avoir bénéficié d’une grande liberté artistique : « On m’a donné carte blanche », ce qui lui a permis d’approfondir la cohérence des personnages et de compléter certains aspects du texte original.
Une distribution et des thèmes qui bousculent les normes
Un des éléments marquants de la pièce réside dans sa distribution intergénérationnelle et dans les thèmes abordés. La relation entre une femme plus âgée et un homme plus jeune, notamment, occupe une place centrale.

Kevin Lapierre dans le rôle de Simon et Carmen Sylvestre dans le rôle de Brigitte (Courtoisie/Marc Choquette)
Carmen Sylvestre, qui incarne le personnage de Brigitte, raconte que ce rôle ne lui était pas destiné au départ. « On m’a dit : “Carmen, je vais inverser les rôles, je vais te donner le rôle de la cougar” », explique-t-elle. Surprise au début, elle a dû s’adapter et assumer ce choix : « Il a fallu que je l’assume… mais j’ai finalement du plaisir à le faire. »
Elle insiste sur l’importance de cette représentation : malgré la différence d’âge avec son partenaire de scène, le personnage de Simon, interprété par Kevin Lapierre, la dynamique fonctionne. « Il n’y a pas de malaise entre nous autres », affirme-t-elle, soulignant la complicité au sein de l’équipe.
Fabien Dupuis y voit aussi une forme de prise de position. « Ce n’est pas parce que tu as 67 ans que tu ne peux pas avoir un rôle », dénonçant une tendance à marginaliser les artistes plus âgés.
Une expérience accessible et rassembleuse
L’accessibilité est au cœur du projet, tant sur le plan géographique que social. Kevin Lapierre, pour qui il s’agit d’une première expérience en théâtre d’été, souligne que plusieurs de ses abonnés n’avaient pas pu voir la pièce en région en raison de la distance. Il voit dans cette version montréalaise une occasion de rejoindre un public plus large : « C’est une belle opportunité de sortir de chez soi, même de sa zone de confort. »
Carmen Sylvestre abonde dans le même sens, en insistant sur la diversité du public : « On voit un public varié, autant des amateurs de théâtre que des gens qui veulent découvrir. » Elle ajoute que la pièce peut attirer « les familles, les couples » et même des spectateurs qui n’ont jamais assisté à du théâtre.
Les réactions observées lors des représentations précédentes témoignent de cet engouement. « Le public était en délire », raconte-t-elle, précisant elle aussi que certains spectateurs sont revenus « deux, trois fois ». « C’est une pièce qui fait rire, sans se poser de questions ».
Pour la Salle Désilets, cette première saison constituera un test. L’objectif est clair : en faire un rendez-vous récurrent. « Nous voyons clairement cette première édition comme le début d’une nouvelle tradition », affirme Luc Sanders.
Il note que le contexte actuel, notamment le coût des déplacements, incite davantage de personnes à rester en ville durant l’été, ce qui pourrait jouer en leur faveur. Offrir une programmation estivale locale pourrait répondre à un besoin réel. « Le succès de cette année va beaucoup influencer la suite », conclut l’adjoint à la direction et responsable du développement à la Salle Désilets.
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L’affiche officielle de la pièce Cougar qui peut! (Courtoisie)






