
La piste cyclable Notre-Dame (Courtoisie de l’Association mobilité active Mercier–Hochelaga-Maisonneuve)
4 février 2026La rue Notre-Dame Est sera resurfacée, mais sa modernisation se fait toujours attendre
La Ville prévoit resurfacer la rue Notre-Dame Est, entre la rue Joffre et l’avenue Georges-V, dans un secteur résidentiel où un important flot de camionnage importune au quotidien les citoyens.
Le conseiller de Ville pour Tétraultville, Julien Hénault-Ratelle, en a récemment fait l’annonce sur les réseaux sociaux, confirmant que « les travaux qui ont eu lieu entre [les rues] Saint-Donat et Joffre en septembre » seraient poursuivis et qu’ils seraient étendus « entre [les avenues] Bilaudeau et Georges-V ».
La deuxième phase mentionnée sera réalisée au courant de l’été, indique l’élu en entrevue. Dans un courriel envoyé par le cabinet de l’équipe d’Ensemble Montréal à Mercier—Hochelaga-Maisonneuve (MHM), on confirme que l’appel d’offres public sera fait par la ville-centre, mais qu’il n’est pas encore lancé. « L’objectif de nos services est d’octroyer le contrat lors de la séance du conseil municipal du mois de mars », nous explique-t-on dans le courriel.
Rues en mauvais état dans MHM
L’état de la chaussée de la rue Notre-Dame Est dans le secteur de Mercier-Est est source de moult désagréments pour les résidents. En effet, les nombreux nids de poule qui y sont présents entraînent un bruit constant lors du passage fréquent des automobiles, mais surtout des camions qui transitent sur cette voie pour se diriger vers les installations portuaires et industrielles de l’est de la ville.
Ayant siégé dans l’opposition officielle de MHM depuis 2017, M. Hénault-Ratelle fait désormais partie, depuis novembre 2025, de la nouvelle administration de la mairesse de l’arrondissement, Chantal Gagnon. Il affirme que la précédente administration avait lancé un resurfaçage de Notre-Dame Est entre les rues Saint-Donat et Joffre, tout en excluant les cinq coins de rue restant à l’est, jusqu’à l’avenue Georges-V, et ce, « sans explications ». C’est donc cette portion additionnelle qui sera ajoutée aux travaux prévus.

Julien Hénault-Ratelle, conseiller de la Ville dans Tétreaultville (Courtoisie)
« La rue est en mauvais ou très mauvais état dans ce secteur. C’est rendu que l’armature métallique [sous la chaussée] est visible à certains endroits. C’est vraiment dangereux pour les automobilistes », insiste le conseiller.
Ce dernier rappelle que l’administration de la mairesse de MHM veut faire de la réfection des infrastructures routières une priorité. Le plus récent rapport de la vérificatrice générale de Montréal indiquait que 60 % des rues de cet arrondissement étaient en « mauvais » ou « très mauvais » état, soit le pire score dans l’ensemble de la métropole, ajoute M. Hénault-Ratelle.
Ainsi, les travaux de resurfaçage permettront « d’avoir une bonne chaussée » pour une quinzaine d’années additionnelle, selon l’élu.
Une modernisation de Notre-Dame attendue depuis des décennies
Cela fait très longtemps que les instances publiques cherchent à créer une autoroute urbaine partant du centre-ville vers l’est de Montréal dans le corridor de la rue Notre-Dame Est, mais cette modernisation demeure toujours dans les cartons.
En 1972, des travaux de démolition avaient été entrepris dans Hochelaga-Maisonneuve le long de cette voie en prévision d’un chantier qui ne s’est jamais concrétisé. On retrouve aujourd’hui sur ce site un terre-plein. Malgré cela, entre les années 1970 et 2000, le flot de circulation est passé de 30 000 véhicules par heure à 90 000 véhicules par heure sur Notre-Dame Est, dans Hochelaga-Maisonneuve et le Centre-Sud, selon un rapport de 2005 du Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques.
En 2002, la Ville de Montréal et le ministère des Transports du Québec souhaitaient relancer le projet de modernisation de la rue Notre-Dame Est, en y incluant des voies réservées au transport en commun et une descente de la voie sous le niveau du sol afin d’aménager des parcs au-dessus de celle-ci. Encore une fois, ce projet est mort au feuilleton.
La mairesse en quête de « solutions »
Si l’administration « est ouverte à tous les scénarios » pour moderniser la rue Notre-Dame Est, selon M. Hénault-Ratelle, peu de détails sont révélés au sujet du bureau de projet prévu par la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada. Cette dernière avait annoncé, durant la campagne électorale menant à sa victoire en novembre dernier, que le dossier serait pris en main, sans donner plus d’informations.
À ce propos, le cabinet de la mairesse nous a fait parvenir un courriel dans lequel on nous assure que la « revitalisation de la rue Notre-Dame Est est une priorité pour notre administration » et que le « budget 2026 confirme clairement cette volonté [de mettre en place un bureau de projet pour Notre-Dame Est] en faisant de ce chantier une initiative majeure pour le développement de l’Est ».
La mise en place dudit bureau est toujours en élaboration et ce travail « se fera en étroite collaboration avec le ministère des Transports et de la Mobilité durable afin d’assurer une planification cohérente et efficace », indique-t-on aussi dans le courriel.
D’ailleurs, la mairesse réitérait mardi son intention de « s’en venir avec des solutions » quant à l’état des routes à Montréal. Dans une vidéo diffusée sur sa page Facebook, Mme Martinez Ferrada affirmait avoir subi deux crevaisons en circulant justement sur la rue Notre-Dame, voie qu’elle emprunte régulièrement pour se rendre à la mairie de Montréal depuis son domicile, qui se trouve à Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles. « Je sais que les rues [de Montréal], ça n’a pas de bon sens », confiait-elle dans la vidéo.







