
(Image tirée de la page Facebook de l’arrondissement de RPP)
22 octobre 2025RPP : trois candidats, trois visions distinctes
À quelques jours du scrutin du 2 novembre, trois candidats briguent la mairie de Rosemont–La Petite-Patrie (RPP). François Limoges de Projet Montréal, Sandra O’Connor d’Ensemble Montréal et Luc Corbin de Transition Montréal présentent des approches distinctes pour les quatre prochaines années.
Les trois candidats viennent d’horizons différents : François Limoges, le maire sortant de RPP, est un vétéran de la politique municipale. Élu pour la première fois en 2009 comme conseiller municipal dans le district de Saint-Édouard, il cumule 16 années d’expérience à l’Hôtel de Ville, dont plusieurs comme leader parlementaire de l’administration.
Sandra O’Connor, pour sa part, est une gestionnaire culturelle aguerrie. Codirectrice du Festival TransAmériques depuis 2024, elle a dirigé le Monument-National et occupé des postes stratégiques en communication chez Culture Montréal, à Moisson Montréal et à la Fondation du Grand Montréal. Elle a aussi conseillé le ministre des Services sociaux sur le dossier de l’itinérance, de la santé mentale et de la prévention du suicide.
Luc Corbin, quant à lui, est cofondateur de Transition Montréal et travaille comme gestionnaire chez TC Transcontinental. Il est également très impliqué dans sa communauté, notamment à titre de président de Masson Village, un organisme visant à favoriser les rencontres citoyennes et le développement des liens sociaux par l’intermédiaire d’animations culturelles, de projets éducatifs et de l’aménagement d’espaces verts.
François Limoges : poursuivre la transformation écologique
François Limoges brigue donc un nouveau mandat sous la bannière de Projet Montréal. Il dit vouloir « continuer le travail de transformation radicale du quartier » amorcé depuis plusieurs années. « On a entamé une grande révolution dans RPP, une révolution verte, une ville de proximité où les gens ont accès à la nature, à des commerces de proximité et à des installations de loisirs près de chez eux », fait-il remarquer. Rappelons que Projet Montréal est aux commandes de cet arrondissement depuis 2009; le prédécesseur de François Limoges était François Croteau.

François Limoges, maire sortant et candidat à la mairie de RPP pour Projet Montréal (Courtoisie)
M. Limoges veut donc poursuivre sur sa lancée et même élargir la portée de certaines initiatives mises en place lors de son mandat actuel. Il rappelle quelques réalisations de son administration, dont la plantation de 8 000 arbres, la création de parcs-éponges, plus de 2 400 m² de surfaces déminéralisées depuis 2021 et la multiplication des ruelles vertes. Advenant sa réélection, toutes ces initiatives seront à l’ordre du jour, et même bonifiées. Par exemple, M. Limoges souhaite élargir la portée du programme Bye Bye béton : « On veut démarrer un programme pour déminéraliser sur le domaine privé, c’est-à-dire sur les terrains, par exemple, des commerces et des institutions comme les hôpitaux », dit-il. M. Limoges poursuit : « On veut sortir de l’aménagement de nos parcs pour aller sur le domaine privé. Mais pour le domaine privé, je ne parle pas d’imposer ni de refaire l’aménagement paysager des gens dans leurs cours », précise-t-il.
Concernant la mobilité, la continuité s’applique également pour M. Limoges, qui souhaite continuer à développer le réseau de pistes cyclables : « Il y a toute une connectivité entre le Vieux-Rosemont et le reste de l’arrondissement qui est à faire, et on va la faire », affirme l’élu. Ce dernier compte également améliorer la sécurité autour des écoles, notamment en éliminant la circulation de transit : « Les rues résidentielles ne sont pas faites pour le transit. La sécurité des enfants qui vont à l’école primera toujours sur la fluidité automobile », insiste le maire sortant.
Enfin, en ce qui a trait aux critiques concernant le manque d’écoute de Projet Montréal, M. Limoges les rejette catégoriquement : « Projet Montréal est l’administration la plus à l’écoute des 50 dernières années. On est toujours en porte-à-porte, en consultation citoyenne. Les gens souhaitent qu’on continue dans cette direction », dit-il.
Sandra O’Connor : rétablir l’écoute et la proximité

Sandra O’Connor, candidate à la mairie de RPP pour Ensemble Montréal (Courtoisie)
La candidate d’Ensemble Montréal, Sandra O’Connor, met d’entrée de jeu l’accent sur la relation entre l’administration et les citoyens. Résidente de RPP depuis plus de 20 ans, elle évoque son engagement de longue date dans le milieu communautaire et culturel. « Mon parcours a toujours été axé sur l’engagement envers des organisations qui font une différence dans le tissu montréalais. Je voyais certaines difficultés apparaître dans Rosemont et j’avais cette soif de m’investir davantage », affirme la candidate à la mairie.
Elle dit aussi constater un déficit de communication entre les élus et la population. « On vit une crise de l’écoute, un manque d’écoute de la part des élus qui se répercute dans des décisions qui ont un impact sur le territoire et les services. »
O’Connor illustre ses propos avec un exemple concret recueilli lors de ses séances de porte-à-porte : « On me parlait qu’autour d’une résidence pour personnes âgées située dans le district de Marie-Victorin, les trottoirs étaient très mal aménagés, peu entretenus, ce qui causait beaucoup de difficultés aux personnes qui désiraient se déplacer vers les commerces sur la rue Beaubien. Cette difficulté-là a été communiquée à l’arrondissement, et il n’y a pas eu de retour. »
Sur le plan de la mobilité, la candidate prône un plan axé sur la sécurité pour tous et précise sa position sur les pistes cyclables : « Nous voulons un réseau cyclable sécuritaire, fluide. Je suis moi-même cycliste et le but n’est pas de retirer les pistes cyclables, mais plutôt d’avoir un réseau cyclable qui respecte autant les piétons que les cyclistes, et une circulation fluide autant pour les transports en commun que les automobiles », indique la candidate d’Ensemble Montréal.
Luc Corbin : favoriser les initiatives citoyennes
Le candidat de Transition Montréal Luc Corbin affirme vouloir donner une voix plus « progressiste » aux électeurs à l’extérieur des deux partis « traditionnels ». Le résident du Vieux-Rosemont et père de trois enfants identifie trois priorités : la crise du logement, la sécurité autour des écoles et le verdissement.

Luc Corbin, candidat à la mairie de RPP pour Transition Montréal (Courtoisie)
De plus, il envisage de multiplier les petits projets participatifs, notamment en créant un « programme pour financer les petites initiatives citoyennes ». « Des fois, les citoyens voudraient installer une balançoire dans une ruelle. Ça ne coûte que 500 $ et ça plairait à tout le monde », illustre-t-il.
Luc Corbin propose aussi de créer davantage de microparcs et d’espaces verts dans les secteurs denses : « Un espace de stationnement pourrait devenir un petit îlot de verdure, avec une table de pique-nique ou un module de jeux. Ça permettrait à ceux qui n’ont pas de cour arrière d’avoir un espace vert proche de chez eux », dit-il.
Sur le plan culturel, le candidat de Transition Montréal propose de valoriser les artistes locaux : « On aimerait créer une vitrine pour les événements culturels du quartier et préserver le microcosme des artistes en utilisant le droit de préemption pour protéger certains locaux », indique Luc Corbin.
Il met également de l’avant la mobilité durable et propose notamment deux trajets d’autobus rapides : un sur le boulevard Rosemont et l’autre sur le boulevard Saint-Michel « pour désenclaver le secteur et améliorer les liaisons avec le métro ».
Les Rosepatriens devront donc choisir entre la continuité du projet de transformation urbaine de Limoges, le changement d’approche proposé par O’Connor ou encore la voie alternative de Corbin, le 2 novembre prochain.



