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Revitaliser l’Est : une priorité réaffirmée par la ministre Chantal Rouleau

EST MÉDIA Montréal s’est entretenu avec Chantal Rouleau, députée de Pointe-aux-Trembles (PAT) et ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, depuis le remaniement ministériel de septembre. Elle revient sur la Mesure d’aide financière pour revitaliser l’Est, un fonds destiné à soutenir des projets qui transforment les milieux de vie.

Revenue à la tête du ministère responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Chantal Rouleau reprend une fonction qu’elle avait déjà exercée entre 2018 et 2022. Elle y voit une occasion de poursuivre un travail entamé depuis plusieurs années pour moderniser et revaloriser l’Est de la ville. « L’Est de Montréal, pour moi, c’est un engagement formel depuis longtemps », affirme d’emblée l’élue.

Mme Rouleau poursuit en illustrant son propos avec quelques dossiers auxquels elle a contribué depuis son arrivée en politique provinciale : la Déclaration pour la revitalisation de l’Est de Montréal, le Plan de décontamination des terrains, la création de la Société de mise en valeur des terrains dans l’Est de Montréal ainsi que la relance du prolongement de la ligne bleue. « Chaque décision, chaque investissement nous permet de changer le visage de l’Est », résume-t-elle.

Une mesure pour soutenir les initiatives locales

Dotée d’une enveloppe de 23 M$, la Mesure d’aide financière pour revitaliser l’Est de Montréal a été lancée dans la foulée du mouvement D’est en Est. Elle sert à soutenir des projets et des initiatives locales qui améliorent la qualité de vie et renforcent l’attractivité du territoire. « Je tiens aussi à souligner le travail exceptionnel de Mme Boivin Roy, qui pilote ce dossier depuis 2023 et dont l’engagement a été déterminant pour mettre en œuvre cette mesure », explique la ministre.

Chantal Rouleau, députée de Pointe-aux-Trembles et ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal (Courtoisie)

Jusqu’à présent, une dizaine de projets ont été soutenus, pour un total de 17,7 M$ déjà attribués. L’appel à projets de la Mesure d’aide financière pour revitaliser l’Est demeure ouvert jusqu’au 31 mars 2026.

Les projets admissibles doivent avoir un effet mesurable sur la revitalisation des quartiers ou des artères commerciales, et être réalisables à court terme. « Ce n’est pas quelque chose qui doit se faire dans cinq ans. C’est quelque chose qui peut se faire maintenant », dit la ministre. Elle poursuit : « C’est un levier, donc il doit y avoir un cadre financier solide, des partenariats qui sont clairement établis. Et il faut que ce soit un ancrage local », précise-t-elle. L’aide gouvernementale peut atteindre jusqu’à 50 % du coût total d’un projet, le reste devant provenir d’autres partenaires publics ou privés.

Une sélection de projets diversifiée

Revitalisation d’artères commerciales, revalorisation de bâtiments patrimoniaux, aménagement d’espaces publics, création d’infrastructures communautaires : les projets déjà soutenus par la mesure touchent plusieurs arrondissements de l’Est. Parmi ces bénéficiaires de l’aide financière en question, Chantal Rouleau mentionne le projet de transformation de l’église Saint-Enfant-Jésus à Pointe-aux-Trembles (PAT) en destination culturelle, communautaire et touristique.

La ministre évoque également le nouveau Centre d’impact Renaissance, récemment ouvert à Rivière-des-Prairies (RDP), aussi soutenu par la mesure. « C’est un superbe bâtiment, respectueux de l’environnement et porteur d’un impact social important », souligne-t-elle. Elle précise que de façon distincte, le réseau Renaissance reçoit annuellement 6 M$ du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale pour soutenir l’intégration en emploi des participants à ses programmes.

Le réaménagement du P’tit Beaubien, l’initiative de requalification du couvent des Franciscains, le pôle culturel de Montréal-Nord et le Pôle de l’Est en agriculture urbaine sont d’autres initiatives citées en exemple par la ministre. « Ce sont des projets issus du milieu, qui viennent répondre à des objectifs clairs de revitalisation et de reconnaissance du milieu », résume Chantal Rouleau.

Un projet de transport structurant en préparation

Au-delà des projets locaux, la ministre confirme que le gouvernement avance également sur le projet de transport structurant de l’Est, dont la planification est désormais confiée à Mobilité Infra Québec (MIQ). « J’ai eu une rencontre très intéressante avec la nouvelle PDG de MIQ », mentionne-t-elle. « On veut, dans l’Est, un projet très structurant », ajoute Chantal Rouleau.

L’élue précise que les discussions avec le ministère des Transports se poursuivent afin de déterminer le mode exact de transport et le tracé final : « Moi, je suis en faveur du tramway. Je ne veux pas que ce soit un Service rapide par bus », affirme-t-elle. Selon elle, ce projet est essentiel à la cohérence du développement économique et résidentiel de l’Est : « Le transport structurant est au cœur de tout ce qu’on met en place. Il relie les zones d’emploi, les secteurs en développement et les milieux de vie », affirme Mme Rouleau.

Une approche collective et structurante

Pour la ministre, la revitalisation de l’Est repose sur la collaboration entre les gouvernements, la Ville et les acteurs communautaires. « Le redéveloppement de l’Est, c’est un effort collectif, un travail de partenariat. Ce n’est pas juste le gouvernement, ce n’est pas juste la Ville, c’est vraiment ensemble que le travail s’accomplit », dit-elle.

Elle ajoute que la mesure de 23 M$ s’intègre à une stratégie plus large : 200 M$ pour la décontamination des terrains, 800 M$ pour la modernisation du Stade olympique et le développement d’un quartier olympique autour du site. « On est en train de vivre quelque chose de fabuleux dans l’Est de Montréal », affirme-t-elle.

Une fierté retrouvée

Mme Rouleau évoque la transformation du regard porté sur ce secteur de Montréal : « Pendant des décennies, on a oublié l’Est de Montréal. Quand la grande industrie pétrochimique s’est mise à fermer, ça a créé un vide. Aujourd’hui, on redonne ses lettres de noblesse à l’Est », se réjouit la députée. Selon elle, ces investissements contribuent à renforcer le sentiment d’appartenance des citoyens : « Les gens sentent que c’est pour eux, que c’est pour l’Est qu’on le fait, pour créer cette nouvelle image de l’Est de Montréal ».

La ministre souhaite prolonger la Mesure d’aide financière pour revitaliser l’Est de Montréal au-delà de 2026. « Je travaille pour qu’il y ait une phase 2. Je ne peux rien garantir pour tout de suite, mais ça fait partie de mes objectifs. » Mme Rouleau rappelle qu’il s’agit d’une première en matière d’appui gouvernemental ciblé pour ce territoire : « Aucun gouvernement avant nous n’a mis autant d’emphase sur le redéveloppement de l’Est de Montréal ».

Pour la ministre, les transformations en cours témoignent d’un changement durable dans la dynamique du territoire. « L’Est n’est plus un territoire en attente, on est désormais au cœur de la relance. » Elle cite notamment les travaux du prolongement de la ligne bleue, la transformation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, la création de nouveaux espaces publics le long du fleuve et le projet de transport structurant.

Elle souligne en terminant le succès des navettes fluviales, qui ont fracassé de nouveaux records d’achalandage, rappelant qu’elles ont été mises en place grâce à son initiative. « Chaque projet, petit ou grand, vient contribuer à la grandeur de l’Est de Montréal », conclut l’élue.


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