La rue Notre-Dame Est en chantier (photo Sébastien Arbour / courtoisie arrondissement de RDP-PAT)

RDP-PAT : une « grosse année » de travaux à venir

La mairie de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (RDP–PAT) fait le point sur les chantiers majeurs à venir dans son arrondissement en 2026. Avec un budget alloué aux travaux multiplié par 1,5, l’administration du maire Denis Pelletier espère assurer un meilleur entretien des infrastructures.

Le plus gros chantier de cette année demeure le réaménagement de la rue Notre-Dame Est. La Ville de Montréal, en charge du projet, compte accélérer la cadence des travaux pour y mettre fin plus tôt que prévu, soit à la fin de l’année, estime Abdelwahid Bekkouche, chef de la division ingénierie à l’arrondissement.

Le projet vise à mettre en valeur le Vieux-Pointe-aux-Trembles, avec des trottoirs élargis, une promenade végétalisée, des terrasses et du nouveau mobilier. « On est en train de créer un micro-quartier avec une signature complètement différente », s’enthousiasme le maire Denis Pelletier, qui s’attend à ce que la vie locale, économique et touristique soit dynamisée.

Un budget bonifié

Tandis que la Ville-centre est en charge des travaux sur les grosses artères et les zones industrielles, l’arrondissement s’occupe des rues locales. Le conseil d’arrondissement a alloué cette année un budget de 17,1M$ à ses travaux, contre 11,9M$ l’année dernière.

« Si on ne fait pas régulièrement l’entretien de la maison, il arrive un moment où elle se dégrade », illustre le maire Denis Pelletier, élu en novembre dernier, pour expliquer l’augmentation de ce budget. Ce dernier estime que les infrastructures de RDP-PAT ont souffert par le passé d’un déficit d’investissement qui en ont amené certaines à se dégrader.

Avec un budget en « nette augmentation », M. Bekkouche s’attend à une « grosse année » de travaux.

Les travaux se poursuivent Rue Notre-Dame Est dans le Vieux-Pointe-aux-Trembles (photo Sébastien Arbour / courtoisie arrondissement de RDP-PAT)

Entretenir la chaussée

Avec ses 416 km de rues – le plus grand total des 19 arrondissements de Montréal – RDP-PAT est confronté à un défi d’entretien de taille, alors que 7,8M$ annuels sont nécessaires au seul maintien de la qualité de la chaussée, selon M. Bekkouche.

Le renouvellement de la chaussée se divise en deux types d’intervention : le resurfaçage et la reconstruction. Le premier consiste à refaire la première couche de la chaussée pour éviter notamment la formation de nids-de-poule. Il est important que l’entretien soit fait « au bon moment », explique M. Bekkouche. « Si la rue est trop maganée, ça ne durera pas », ajoute Frédéric Lévesque, ingénieur à la Ville de Montréal.

L’opération, particulièrement importante cette année selon les ingénieurs, s’effectuera sur 4 km de rues au total, comme sur la 5e avenue entre le boulevard Maurice-Duplessis et la 4e rue, ou sur l’avenue André-Ampère entre les avenues Pierre-Blanchet et Fernand-Gauthier.

L’autre type de renouvellement de la chaussée, la reconstruction, consiste à « remettre une rue à neuf », explique M. Lévesque. Les fondations sont refaites, et tout est remis aux normes environnementales, sécuritaires et d’accessibilité universelle – à travers l’ajout notamment de trottoirs de 1,8 m, de rampes d’accès, et le remplacement des entrées de service en plomb.

« Ça fait des rues qui durent plus longtemps, mais qui coûtent quatre fois plus cher », explique l’ingénieur, qui admet que « dans un monde idéal on ferait beaucoup plus de reconstruction. »

Les deux secteurs qui bénéficieront de cette opération cette année seront la 48e avenue et la 50e avenue, entre les rues Victoria et De Montigny.

Projet Louis-Lumière

L’égout et l’aqueduc de l’avenue Louis-Lumière vont ensuite être reconstruits entre l’avenue Wilfrid-Ouellette et la 54e avenue. La zone, en pente, était régulièrement inondée. Le réseau va être rendu moins imperméable pour permettre à l’eau d’être absorbée davantage, expliquent les ingénieurs.

« Les changements climatiques ont beaucoup d’impact sur nos infrastructures », ajoute le maire, comme en témoignent ces travaux qui visent à favoriser la résilience face à des précipitations de plus en plus importantes.

Quant aux entraves causées par cette opération, M. Bekkouche indique que la rue sera fermée temporairement, et que des détours seront prévus. Les résidents pourront y circuler localement sauf ponctuellement quand la rue sera excavée au complet.

Mesures d’apaisement

Le reste des travaux sont des mesures d’apaisement, qui regroupent toutes les interventions visant à sécuriser les usagers. La 70e rue et la 4e rue se verront notamment ajouter des trottoirs et des saillies, des traverses piétonnes et des dos d’âne – dont 29 seront ajoutés à l’arrondissement au total.

Certains corridors scolaires, comme ceux sur la 70e, la 4e rue, et les boulevards du Tricentenaire et Perras, feront l’objet d’une amélioration de la signalisation, avec une meilleure visibilité de cette dernière, l’ajout de radars pédagogiques et de panneaux de limite de vitesse.

Enfin, une piste multifonctionnelle de 1,3 km sera inaugurée fin juin entre les boulevards Maurice-Duplessis et Gouin.

Développement de l’est

Dans la perspective de développer de l’est de Montréal, l’entretien et le développement des infrastructures est essentiel, plaide le maire Denis Pelletier.

« Pendant des années, on a été oublié », estime-t-il, citant en exemple la vingtaine de kilomètres de rues en macadam – des chaussées sans fondation, faites seulement d’une couche d’asphalte – qui traversent l’arrondissement. « Ce n’est pas normal de penser qu’à Montréal, il y a des rues qui n’ont pas de trottoirs », dénonce-t-il.

Le maire appelle ainsi les gouvernements provincial et fédéral à investir davantage dans les infrastructures de l’est de Montréal, indispensables au « développement industriel, urbain, résidentiel et des transports qui s’en vient. »