
Une image de synthèse du PSE (courtoisie ARTM)
1 août 2026Projet structurant de l’Est: pas de plan clair d’ici les élections
Près de deux mois avant l’élection provinciale, le gouvernement du Québec n’a toujours pas mandaté Mobilité infra Québec (MIQ), son organe dont la mission est de diriger les grands chantiers en transports, de prendre en main le Projet structurant de l’Est (PSE).
Une semaine après que l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) a annoncé qu’elle ne ciblait pas l’est de Montréal dans les huit zones à l’étude pour de nouveaux projets, celle-ci a confirmé à EST MÉDIA Montréal qu’elle n’avait toujours pas transféré le dossier du PSE à MIQ. Il s’agit en effet de la prochaine étape nécessaire pour faire avancer ce projet.
« En attendant le décret gouvernemental permettant le transfert à Mobilité Infra Québec, l’ARTM poursuit les analyses et études nécessaires pour faire progresser le Projet structurant de l’Est selon le tracé et le mode convenus avec nos partenaires publiques et la société civile, indiquent les relations médias de l’ARTM dans un courriel. Nous nous assurons que toutes les conditions soient réunies pour qu’il soit transféré, au moment jugé opportun par le Gouvernement du Québec, à MIQ dans un état complet, cohérent et prêt pour les étapes ultérieures. »
Pourtant, on apprenait en mars 2025 que MIQ devait prendre le relais à la tête du PSE au début de 2026 et lancer un appel de qualification. L’appel d’offres pour le responsable de la construction devait être au programme pour le printemps 2027.
Nous avons envoyé une demande d’entrevue au cabinet du ministre des Transports et de la Mobilité durable, Benoit Charrette, afin de savoir s’il prévoyait envoyer le décret gouvernemental à l’ARTM pour transférer le dossier à MIQ d’ici le 5 octobre, date de la prochaine élection provinciale.
Dans un courriel, le cabinet du ministre affirme qu’il « fer[a] une mise à jour en temps et lieu ».
« Le projet structurant de l’Est est grandement attendu et nécessaire pour les gens de l’est de Montréal, en complémentarité avec le prolongement de la ligne bleue du métro, souligne l’équipe du ministre Charrette. Comme les Québécois, nous souhaitons un projet qui aura le meilleur coût-bénéfice ainsi que l’acceptabilité sociale au niveau de l’intégration urbaine, de l’impact sur la circulation des autos et sur le coût du projet. »
En juin 2023, le groupe de travail piloté par l’ARTM et mandaté par le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal a présenté son rapport d’analyse sur les pistes d’amélioration du projet structurant de transport collectif proposé initialement par CDPQ Infra.
En septembre de la même année, une analyse complémentaire a été réalisée afin d’étudier la faisabilité et les coûts d’autres modes de transport collectif structurant en surface pour desservir les secteurs à l’étude.

Le tracé final du PSE proposé par l’ARTM. (Courtoisie ARTM)
À la lumière de cette analyse, publiée au début de 2024, l’ARTM a proposé l’implantation d’un système sur rail de type tramway, en surface et en site propre.
Le tracé suggéré compte 31 stations réparties sur un parcours de 38 kilomètres, pour un coût total de 18,6 milliards de dollars, incluant les coûts de construction de 6,7 milliards de dollars.
Pour l’instant, MIQ a officiellement deux projets dans ses cartons : le tramway de Québec, TramCité, et le tramway de Gatineau, TramGO.
« On ne peut plus se permettre de prendre du retard »
Pour la Chambre de commerce de l’est de Montréal (CCEM), le PSE demeure un enjeu prioritaire.
« La Chambre espère un transfert imminent du dossier à Mobilité Infra Québec puisque le travail mené par l’ARTM est terminé depuis un certain temps déjà », indique-t-on dans un courriel.
« Selon le président-directeur général de la CCEM, Jean-Denis Charest, on ne peut plus se permettre de prendre du retard sans risquer de manquer des opportunités et voir le développement urbain du territoire freiné », poursuit-on.
Le fait que la question risque de ne pas être résolue d’ici le prochain scrutin fait en sorte que le PSE « sera la question centrale de la prochaine campagne électorale ».
Point de vue partagé par Christian Yaccarini, président et chef de la direction de la Société de développement Angus. « Et ça risque de créer de la confusion, parce que chaque parti va arriver avec son propre plan pour l’est. L’un va vouloir un tramway, l’autre autre chose. Ça donne l’impression qu’il n’y a pas de consensus sur le territoire, alors qu’il y en a un; il nous faut du transport collectif! », anticipe-t-il.
C’est pourquoi ce dernier interpelle la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, afin qu’elle appuie dans la balance. « Il faut que la mairesse fasse clairement connaitre sa vision pour ce projet. Je veux qu’elle nous dise ce qu’elle pense que ça prend pour l’est. »
Chez l’organisme Vivre en ville, on soulève que « l’est de Montréal souffre toujours d’une desserte de transport déficiente ».
« À l’aube des élections, il est important de rappeler qu’au-delà d’un tracé, il faut un plan de match complet et cohérent à la hauteur des besoins », explique Samuel Pagé-Plouffe, directeur des affaires publiques et gouvernementales chez Vivre en Ville.
« D’ici là, nous devons améliorer la desserte de bus existante pour couvrir les secteurs mal desservis et préparer le terrain en vue d’un nouvel équipement structurant de transport collectif », conclut-il.







