La roue de coupe du tunnelier (Courtoisie PLB/Louis-Étienne Doré)

Projet ligne bleue : cinq Québécoises finalistes pour nommer le tunnelier

Le projet de prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal franchit une nouvelle étape symbolique. Depuis le 9 mars, la Société de transport de Montréal (STM) invite le public à participer à un concours visant à choisir la marraine qui donnera son prénom au tunnelier chargé de creuser le prolongement. Le vote est ouvert jusqu’au 22 mars. L’identité de la marraine sera dévoilée au printemps, lors de l’événement marquant le démarrage du tunnelier au chantier Vertières.

Nommer un tunnelier est une tradition bien établie dans les grands projets d’infrastructures à travers le monde. Selon cette coutume, la machine est symboliquement placée sous la protection d’une marraine avant d’entamer le creusement. Pour ce projet montréalais, le tunnelier portera le nom d’une femme québécoise ayant marqué un domaine lié au projet, notamment le génie, le transport collectif ou le développement durable.

À la suite d’un appel de propositions auprès des employés et partenaires du projet, cinq finalistes ont été retenues.

(Courtoisie)

Une précurseure du transport et de l’urbanisme

Parmi les candidates figure Florence Junca-Adenot, spécialiste reconnue du transport et de l’urbanisme. Titulaire d’un doctorat en sciences économiques, d’une maîtrise en sociologie de l’Université de Bordeaux et d’un MBA de l’Université Laval, elle est aujourd’hui professeure associée au département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Au cours de sa carrière, elle a occupé plusieurs fonctions importantes, notamment à l’UQAM. De 1996 à 2004, elle dirige l’Agence métropolitaine de transport, où elle contribue à relancer les trains de banlieue et à piloter le développement du métro vers Laval. Chevalière de l’Ordre national du Québec et commandeure de l’Ordre de Montréal, elle demeure très active dans les domaines de l’urbanisme et de la mobilité.

« Tout événement qui permet de mettre en valeur l’utilité des transports collectifs, j’embarque », affirme-t-elle.

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La recherche au service de la mobilité durable

La professeure Geneviève Boisjoly, de Polytechnique Montréal, fait également partie des finalistes. Ingénieure de formation, elle détient un baccalauréat en génie mécanique de Polytechnique, une maîtrise en développement durable de l’Université de Lund, en Suède, et un doctorat en urbanisme de l’Université McGill.

Ses recherches portent sur la planification des transports et la mobilité durable. Elle s’intéresse notamment aux liens entre les habitudes de déplacement, la qualité de vie et les enjeux d’équité sociale.

« Je suis honorée que mon nom ait été retenu parmi les finalistes pour devenir la marraine du tunnelier », souligne-t-elle.

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Une pionnière derrière les commandes du métro

La candidature de Lisette St Onge met en lumière une page importante de l’histoire du transport collectif montréalais. Embauchée en 1980 comme chauffeuse d’autobus à la Commission de transport de la Communauté urbaine de Montréal — l’ancêtre de la STM — elle devient l’année suivante la première femme à conduire une rame de métro à Montréal.

À l’époque, la présence des femmes dans ces métiers demeurait rare. Il faudra attendre plus de six ans avant l’embauche d’une seconde opératrice. Aujourd’hui retraitée, elle garde un souvenir marquant de cette carrière.

« J’ai adoré mon métier d’opératrice de métro », confie-t-elle.

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L’engagement pour l’environnement

L’ingénieure Louise Millette, également professeure à Polytechnique Montréal, fait aussi partie des candidates. Diplômée en génie civil de cet établissement, elle s’est spécialisée dans les enjeux environnementaux et le développement durable.

Après un passage chez Bell Canada, où elle a contribué à l’élaboration de stratégies de gestion environnementale, elle devient en 2001 la première femme à diriger le Département des génies civil, géologique et des mines de Polytechnique.

Elle s’est notamment illustrée en instaurant une culture du développement durable au sein de l’institution et préside aujourd’hui la Fondation Rivières.

« L’accès au transport en commun est tellement important pour permettre à Montréal de vivre son urbanité », croit Mme Millette.

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Une carrière marquée par le leadership

Enfin, Michèle Thibodeau-DeGuire complète la liste des finalistes. Première diplômée en génie civil de Polytechnique Montréal en 1963, elle devient par la suite la première femme ingénieure-conseil au Québec.

Elle occupe ensuite plusieurs fonctions importantes dans la fonction publique et le milieu communautaire. Elle est notamment déléguée générale du Québec à Boston au début des années 1980 — une première pour une femme — avant de diriger pendant plus de 20 ans Centraide du Grand Montréal.

Membre de l’Ordre du Canada et chevalière de l’Ordre national du Québec, elle a reçu de nombreuses distinctions au cours de sa carrière.

« Ce serait un cadeau de participer à un projet aussi mobilisateur et ancré dans la communauté », conclut quant à elle Mme Thibodeau-DeGuire.

 

Le concours vise donc à souligner la contribution de femmes qui ont marqué le Québec. Le nom choisi accompagnera le tunnelier pendant toute la durée des travaux du prolongement de la ligne bleue, un chantier majeur destiné à améliorer l’accès au transport collectif dans l’est de Montréal.

Les citoyens ont jusqu’au 22 mars pour voter en cliquant JUSTE ICI.