Un image de synthèse du projet de la Coulée Grou, vu de la rue Sherbrooke Est (Courtoisie Rayside Labossière)

PROJET IMMOBILIER COULÉE GROU : UN CHANTIER DÈS CET AUTOMNE

Un chantier de 200 logements sociaux et communautaires sera lancé dès cet automne dans Pointe-aux-Trembles, sur le site de l’ancien motel Pignons Rouges.

Le projet Coulée Grou, situé au 15777, rue Sherbrooke Est, avance rondement selon Edith Cyr, directrice générale de Bâtir son quartier, alors que le financement pour démarrer la première phase de construction est sur le point d’être entièrement ficelé.

Edith Cyr, directrice générale de Bâtir son quartier (Courtoisie)

« On a eu un premier 120 unités (de logement) financées par l’entremise du PHAQ (Programme d’habitation abordable de Québec), mais on voulait développer toute la première phase. Donc, on est allé chercher un autre 80 unités avec le Fonds capital pour Toit (du Fonds de solidarité FTQ), ce qui totalisera 200 logements », explique Mme Cyr. Les annonces pour le financement n’ayant pas encore été toutes révélées, la directrice générale se garde d’estimer la valeur totale du projet.

On sait toutefois qu’en avril dernier, les gouvernements du Canada et du Québec avaient conjointement annoncé vouloir débourser respectivement 900 M$ pour la construction de 763 logements sociaux et abordables à Montréal. Douze projets avaient alors été dévoilés, incluant les 120 unités dont fait mention Mme Cyr.

La première phase du projet s’adressera à différents types de ménages, incluant des familles, des petits ménages, des personnes seules et des aînés autonomes. Certains logements comprendront jusqu’à quatre chambres à coucher, ce qui se veut « une réponse à une typologie multiple », d’après Mme Cyr. Plusieurs édifices seront construits, dont la hauteur variera entre quatre et huit étages.

Pour plusieurs raisons, incluant la récente élection fédérale qui aurait pu mettre en jeu le financement du projet, le démarrage du chantier, initialement prévu au mois de juin, a été décalé à cet automne. « On est reparti dans nos discussions avec le gouvernement fédéral », confirme la directrice générale.

(Courtoisie Rayside Labossière)

La localisation du site, situé presque à l’extrémité est de l’île de Montréal, pose des défis en matière de mobilité. « Les transports en commun n’étant pas à la hauteur de ce qu’on souhaiterait, on a une obligation de faire des stationnements. Donc, il y aura des stationnements souterrains, parce qu’on ne peut pas imaginer que les gens vont aller « se stationner » sur Sherbrooke », souligne-t-elle. Ce stationnement souterrain comportera deux niveaux et comprendra 180 cases, ainsi que 12 bornes de recharge pour les véhicules électriques.

La seconde phase devrait elle aussi comprendre des logements de typologies diverses et le même nombre d’unités. « Ça devrait être au moins 200 logements et peut être plus. On verra », mentionne Mme Cyr.

Aménagements verts et intégration au milieu

Plusieurs mesures vertes seront intégrées à la signature du projet Coulée Grou, afin qu’il s’inscrive dans la transition écologique. Un aménagement pour un corridor écologique, incluant des aménagements végétaux et des systèmes de rétention des eaux, est prévu, afin de tracer un lien vers le parc de la Coulée Grou, situé en arrière du terrain d’où s’élèveront les édifices résidentiels.

Antonin Labossière, associé chez Rayside Labossière (Courtoisie Rayside Labossière)

C’est la firme d’architectes Rayside Labossière qui a décroché le contrat pour la conception des édifices du projet Coulée Grou.

« Il y a une volonté d’alimenter naturellement la Coulée Grou qui est un affluent important du secteur. Au cœur du projet, il va y avoir une petite coulée qui vient collecter toutes les eaux de pluie. On veut créer un lieu invitant pour les personnes qui vont résider à cet endroit », affirme pour sa part Antonin Labossière, architecte associé chez Rayside Labossière.

Bien que les logements offerts soient hors marché, Mme Cyr et M. Labossière assurent qu’ils seront soumis aux exigences les plus élevées en matière de cachet architectural. « On ne voulait pas faire un gros bloc. On voulait plusieurs petits ensembles bien intégrés au milieu », résume la directrice générale de Bâtir son quartier.

« On a beaucoup de pression, de la part de l’Arrondissement, mais aussi de la Société d’habitation du Québec (détentrice des cordons de bourse du PHAQ), parce qu’il s’agit d’argents publics, pour faire des projets exemplaires. Il ne faut pas que ce soit laid, il faut aller encore plus loin que ce qu’on trouve sur le marché », insiste l’architecte.