Richardson Zéphir sera en spectacle au CLDV le 5 juin prochain (courtoisie)

Une programmation printanière sous le signe de la diversité au Centre Leonardo da Vinci

À Saint-Léonard, le Centre Leonardo da Vinci (CLDV) dévoile une programmation printanière fidèle à sa mission : proposer une offre culturelle variée, accessible et ancrée dans la communauté léonardoise.

À la tête de l’institution, son directeur général, Pat Buttino, mise sur l’équilibre entre disciplines artistiques, langues et publics, tout en poursuivant un travail de fond pour soutenir la relève. « On fait toujours en sorte d’offrir un peu de tout : humour, théâtre, chant, et d’autres activités comme des dégustations de vin ou des événements culinaires », résume-t-il. Une philosophie qui guide l’ensemble de la saison.

Une programmation éclectique pour tous les goûts

Le printemps au CLDV se distingue par une programmation multidisciplinaire où se côtoient humour, musique, théâtre et événements spéciaux. L’objectif est clair : rejoindre un public large, aux intérêts variés.

Dans la catégorie humour, le centre accueillera notamment, Cathy Fuoco (22 mai) avec son spectacle Ma famille italienne, ainsi que Richardson Zéphir (5 juin) avec Punch Créole. Ces spectacles s’inscrivent dans une série développée en collaboration avec l’arrondissement de Saint-Léonard, une initiative que M. Buttino qualifie de « belle réussite ».

La musique occupe également une place importante. L’Orchestre d’Harmonie Léonard de Vinci propose un concert intitulé Aux frontières de l’imaginaire, où « la musique donne vie à notre monde intérieur ». À cela s’ajoute Tony Gattillo, qui rend hommage à Elvis Presley, ainsi qu’un spectacle hommage aux Traveling Wilburys, groupe mythique des années 1980. « Ces artistes ont fait des salles combles partout en Amérique du Nord », souligne le directeur.

Du côté du théâtre, le public pourra découvrir ‘Night, Mother, une pièce marquante du répertoire de Broadway. « C’est une pièce très connue et très émouvante », précise M. Buttino, évoquant l’histoire d’une femme en situation d’isolement qui annonce à sa mère une décision bouleversante.

À cette offre s’ajoutent des événements plus atypiques, comme une compétition de culturisme naturel organisée par l’UFE. « C’est toujours très électrique quand on les a sur scène », note le directeur général, mettant de l’avant « leur dévouement, leur discipline et leur talent artistique ».

Une immersion dans les cultures… et les saveurs

Au-delà des arts de la scène, le CLDV propose également des expériences gastronomiques. Parmi elles, des dégustations de vin accompagnées de repas inspirés des différentes régions d’Italie.

Après une première escale en Toscane, le Centre poursuit son parcours avec les Abruzzes, la Vénétie et, plus tard, les Pouilles. « On découvre une sélection de vins raffinés, des vins d’exception accompagnés d’un menu à quatre plats composé de spécialités régionales », explique M. Buttino.

Ce concept, qui s’étendra sur plusieurs saisons afin de couvrir les 20 régions italiennes, connaît un fort engouement. « C’est très populaire. C’est une opportunité de déguster les vins et les plats principaux de chaque région », ajoute-t-il.

Une programmation pensée collectivement

Derrière cette diversité se cache un processus de sélection ouvert et collaboratif. « Je ne dis jamais non. Je suis toujours prêt à écouter », affirme le directeur général. Toutes les propositions artistiques sont étudiées, puis discutées en équipe.

Les décisions finales reposent sur plusieurs critères : la viabilité financière, les conditions de présentation et les stratégies de diffusion. « Si tout va bien entre l’artiste et la proposition finale, on va de l’avant », résume-t-il.

Cette approche permet au CLDV de rester à l’affût des tendances culturelles tout en conservant une ligne directrice axée sur l’accessibilité. « On essaie d’avoir quelque chose pour tous les goûts », insiste M. Buttino.

Le théâtre Mirella et Lino Saputo (Courtoisie)

Soutenir la relève artistique

Un des axes importants de la mission du Centre concerne le soutien aux artistes émergents. Le CLDV dispose pour cela de deux salles : une grande de 526 places (Théâtre Mirella et Lino Saputo) et un théâtre plus intime d’environ 140 sièges (Théâtre Amelia et Lino Saputo).

« Pour des artistes émergents, remplir 526 places, c’est difficile », reconnaît M. Buttino. Le petit théâtre devient donc un tremplin : « C’est un bon nombre pour débuter. Ça coûte beaucoup moins cher à louer, c’est donc plus abordable pour ces jeunes artistes. »

L’idée est d’accompagner leur progression. « La suggestion est toujours de débuter dans le petit théâtre, se faire connaître, et peut-être, dans un an ou deux, être capable d’aller dans le grand théâtre », explique-t-il.

Une offre pour tous les publics

Le CLDV accorde une attention particulière à la diversité des publics. Familles, jeunes et aînés font partie des priorités, notamment dans la planification de la prochaine saison.

« On essaie de plus en plus d’offrir des activités pour tous les groupes », indique M. Buttino, qui souhaite renforcer cette orientation pour 2026-2027.

Le camp d’été constitue à cet égard un pilier important : il accueille environ 250 jeunes par semaine pendant 8 semaines. « C’est probablement le camp d’été le plus gros dans l’est de Montréal », affirme-t-il. Chaque semaine est structurée autour d’un thème différent, avec des activités et des sorties adaptées.

Une identité italienne bien ancrée

Fidèle à ses racines, le CLDV continue de mettre en valeur la culture italienne, tout en l’intégrant dans une programmation plus large et inclusive.

« On essaie toujours de maintenir et de développer l’italianité », explique M. Buttino. Cela passe notamment par des événements comme le concours de chant, où les participants doivent interpréter au moins une chanson en italien.

Le centre accueille également des artistes venus d’Italie. « On a des jeunes chanteurs qui sont venus d’Italie et qui ont gagné des concours là-bas », précise-t-il, mentionnant la participation récente de Fabrizio Coletta et la venue prochaine d’autres artistes dans le cadre d’événements comme l’ItalfestMTL.

Au cœur de cette offre culturelle se trouve une volonté d’ouverture linguistique. « On essaie d’offrir le plus possible italophone, anglophone, mais aussi francophone », souligne M. Buttino. Cette diversité linguistique reflète la réalité du quartier et contribue à élargir l’accessibilité des activités. « On souhaite offrir le plus possible quelque chose dans ces trois langues », ajoute-t-il.

Une croissance soutenue et des défis constants

Malgré les défis inhérents à la gestion d’une programmation culturelle, le directeur estime que le CLDV est en progression. « Chaque année est un défi », reconnaît-il, évoquant la complexité d’adapter chaque événement à ses exigences spécifiques. « Et tous les événements sont des projets vivants », dit-il, insistant sur la nécessité d’ajustements constants.

Néanmoins, les résultats sont encourageants. « La réussite semble telle qu’on est en croissance d’année en année. Je pense qu’on est sur la bonne voie », affirme M. Buttino, soulignant entre autres l’importance des partenariats avec l’arrondissement.

La programmation printanière du Centre Leonardo da Vinci s’inscrit donc dans une continuité : celle d’un lieu culturel de proximité, attentif aux besoins de sa communauté et toujours ouvert sur le monde.


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