
L’édifice de l’Espace La Traversée, où sera hébergé le PRISM Nord (Emmanuel Delacour/EMM)
28 février 2026PRISM Nord : de l’hébergement et des soins en santé mentale pour les itinérants à Montréal-Nord
Une nouvelle ressource pour les personnes en situation d’itinérance et vivant avec des enjeux de santé mentale ouvrira ses portes à Montréal-Nord. Au total, 12 chambres offrant de l’hébergement transitoire seront disponibles d’après une formule qui a fait ses preuves, selon les porteurs de l’initiative.
PRISM Nord est ainsi financé par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) à la hauteur de 500 000 $, un montant récurrent qui assurera la pérennité du projet.
PRISM, pour Projet de réaffiliation en itinérance et santé mentale, est un programme d’hébergement transitoire développé afin de favoriser l’accès à des services destinés aux personnes en situation d’itinérance vivant aussi avec des enjeux de santé mentale graves. L’hébergement est offert pour une durée moyenne de trois mois et peut s’étendre jusqu’à six mois.

La ministre Sonia Bélanger (au micro) et la ministre Chantal Rouleau (à l’arrière) lors de la conférence de presse, vendredi (Emmanuel Delacour/EMM)
Les chambres seront disponibles dans l’immeuble de l’organisme, l’Espace La Traversée, à l’angle de la rue de Charleroi et du boulevard Pie-IX, dans l’arrondissement de Montréal-Nord. Il existe déjà six autres ressources semblables au Québec, dont cinq à Montréal.
En conférence de presse vendredi matin, la ministre de la Santé et ministre responsable des Services sociaux, Sonia Bélanger, rappelait que la réalité de l’itinérance est de plus en plus présente à Montréal.
« Les données nous démontrent qu’entre 2018 et 2022, l’itinérance visible a bondi de 44 %. On attend les données du dernier dénombrement et on peut penser qu’il y aura des chiffres qui auront malheureusement encore augmenté, a indiqué la ministre. Nous avons la responsabilité collective d’agir. »
Il s’agit aussi d’une ressource essentielle pour le secteur de Montréal-Nord, selon la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire et ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Chantal Rouleau, entre autres en raison de son modèle basé sur l’accompagnement.
« Nous sommes dans l’accompagnement des personnes pour les ramener dans la société, vers le logement. (…) C’est important à Montréal, parce que c’est ici qu’on a la plus grande concentration, le plus grand nombre de personnes [en situation d’itinérance]. C’est normal, c’est la grande métropole », a souligné Mme Rouleau.
Des services adaptés pour sortir de la rue
L’initiative est le fruit d’une collaboration entre le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal, de la Mission Old Brewery et de l’organisme l’Espace La Traversée.
Le PRISM Nord offre ainsi un accès à un milieu de vie structuré et à des services adaptés, notamment des soins psychiatriques, des soins infirmiers et des services psychosociaux.
Le projet viendra compléter l’offre en logement pour les plus vulnérables dans le secteur, insiste James Hughes, président et chef de la direction de la Mission Old Brewery, car l’organisme a récemment ouvert un lieu de relogement pour personnes aînées en situation d’itinérance, ou à risque de l’être, dans le quartier Saint-Michel : le pavillon Mirella et Lino Saputo. « Le premier projet, c’est du logement à long terme (…), tandis que celui que nous présentons ce matin, c’est du transitoire. C’est en complémentarité », a insisté M. Hughes.
En entrevue avec EST MÉDIA Montréal, le président de l’organisme a affirmé que depuis les dernières années, le phénomène de l’itinérance n’est plus restreint aux quartiers centraux de la ville et qu’il est désormais répandu dans tous ses secteurs. « Dans le passé, on concentrait les services au centre-ville. On ne peut plus faire ça. Il faut étendre les ressources », a-t-il indiqué. Il est donc devenu essentiel de « localiser » les solutions à l’itinérance.

Une des 12 chambres offertes à PRISM Nord (Emmanuel Delacour/EMM)
Le parcours commence « en allant voir les personnes où elles sont », explique Virginie Doré-Gauthier, psychiatre rattachée au PRISM Nord. « On reçoit des références de nos partenaires, d’un peu partout dans la ville, pour des gens qui semblent avoir des problèmes de santé mentale. (…) Quand les gens acceptent d’avoir une chambre ici, ça vient avec le « deal » complet, c’est-à-dire des soins médicaux (…), du soutien psychosocial (…) et un infirmer qui vient à peu près une fois par semaine pour tout ce qui est soins physiques », souligne la psychiatre.
Cette dernière connaît bien le programme PRISM, puisqu’elle y a fait un stage lors de sa première édition, en 2013, alors qu’elle débutait sa pratique. Malgré le séjour relativement court, soit de quelques mois, le taux de succès PRISM est élevé, car l’étape de « la stabilisation médicale peut se faire assez rapidement et la partie la plus longue, souvent, c’est de se trouver un logement », insiste-t-elle.
Selon les données fournies par le MSSS, entre 63 % et 81 % des individus sont encore en logement un an après avoir terminé le programme. La ministre Sonia Bélanger confirmait d’ailleurs vendredi que plusieurs autres projets d’hébergement similaires sont dans les cartons ailleurs au Québec pour les prochaines années.







