
Le Dr Vincent Paradis, directeur de médecine de refuge de l’organisme Proanima (Emmanuel Delacour/EMM)
28 juin 2026Prévenir les abandons et les pertes d’animaux : les conseils de Proanima à l’approche des déménagements
À l’approche du 1er juillet, période où des milliers de Montréalais changent d’adresse, les services animaliers se préparent comme à l’habitude à une hausse des demandes d’aide. Si les déménagements figurent depuis longtemps parmi les principales causes d’abandon d’animaux, la crise du logement complique davantage la situation des familles qui tentent de conserver leur compagnon.

Anny Kirouac, directrice générale de Proanima (courtoisie)
« En ayant moins d’options pour trouver un logement, parfois trouver un logement qui accepte les animaux devient impossible pour les gens. Et ce n’est pas de gaieté de cœur qu’ils se ramassent dans ces situations-là », affirme d’entrée de jeu Anny Kirouac, directrice générale de Proanima, l’organisme qui assure nouvellement les services animaliers sur le territoire de Montréal.
Néanmoins, le déménagement n’est pas la seule raison qui pousse une famille à se départir de son animal. Depuis le début de l’année, Proanima observe également des abandons liés à des changements de situation personnelle, à des difficultés financières, à l’apparition d’allergies ou encore à la présence d’un trop grand nombre d’animaux dans un même logement.
Selon Mme Kirouac, les situations sont variées, mais une chose demeure constante : plusieurs abandons pourraient être évités si les gens demandaient de l’aide avant d’en arriver à cette décision.
Avant l’abandon, il existe souvent d’autres solutions
L’un des principaux messages que souhaite transmettre Proanima est qu’il ne faut pas attendre que la situation soit devenue insoutenable avant de demander de l’aide. « On demande toujours aux citoyens, plutôt que de directement se présenter, de nous appeler avant, s’ils pensent que la seule solution, c’est un abandon. Car souvent, on arrive à faire de petits et même de grands miracles. »
L’organisme offre plusieurs services de prévention aux Montréalais afin de maintenir l’animal dans son milieu de vie lorsque cela est possible. Un changement soudain de comportement, par exemple, n’est pas nécessairement une raison de se départir d’un animal. Il peut être causé par un problème de santé, une modification de la routine familiale, un changement de litière ou un autre facteur que les propriétaires de l’animal n’ont pas identifié. Des conseils comportementaux ou une consultation vétérinaire permettent parfois de régler la situation.
Proanima travaille également avec les services sociaux afin d’offrir des solutions temporaires aux personnes qui traversent une période difficile, notamment en cas d’hospitalisation, de désintoxication ou de violence conjugale. Dans ces situations, un hébergement temporaire peut être offert à l’animal pendant que son propriétaire retrouve une certaine stabilité.
L’organisme distribue aussi gratuitement, lorsque nécessaire, de la nourriture et certains articles animaliers essentiels afin que des difficultés financières passagères ne conduisent pas à un abandon.
« Bien sûr qu’on ne peut pas complètement éliminer les abandons, parce que parfois, c’est la bonne solution pour l’animal et pour l’humain. Mais s’il y en a une autre possible, on va la trouver », résume Mme Kirouac.
Miser sur la prévention
Pour la directrice générale, la prévention des abandons passe autant par les citoyens que par les institutions. Elle estime que les municipalités doivent offrir des services animaliers complets permettant de retrouver rapidement les animaux perdus, de soutenir les familles en difficulté et d’accompagner les citoyens avant qu’un abandon ne devienne inévitable.
Elle souhaite également voir évoluer les pratiques en matière de logement afin que davantage de propriétaires immobiliers acceptent les animaux. « Il y a des propriétaires d’animaux qui ne sont pas responsables, mais ce n’est pas la majorité. Quand c’est bien encadré, ça fonctionne très bien. »
Un événement profondément stressant pour les animaux
Pour les animaux, un déménagement ou un abandon représente bien plus qu’un simple changement d’adresse. « Les humains, à la base, on n’aime pas trop les changements. Pour les animaux, c’est un événement qui est très stressant aussi. D’autant plus que ce n’est pas leur décision, ils ne sont pas impliqués dans le choix. »
Après neuf années passées chez Proanima, qui opère aussi sur la Rive-Sud, Anny Kirouac dit avoir été témoin de nombreuses scènes bouleversantes. « Les gens qui disent que les animaux n’ont pas d’émotions ou de sentiments n’ont pas vécu ça. Je vous garantis que c’est assez déchirant d’entendre les pleurs de la part des animaux. Les gens souffrent aussi, et on voit des situations extrêmement dramatiques. »
Les conséquences ne s’arrêtent pas au moment où l’animal quitte son foyer. Un changement brusque d’environnement peut lui provoquer de l’anxiété, de la désorientation et une perte importante de repères. « Un déménagement est une étape très, très stressante pour notre animal. Alors, il faut respecter son bien-être. »

Un chien en séjour chez Proanima (EMM)
Les animaux perdus : un risque accru pendant les déménagements
Chaque année, la période des déménagements s’accompagne aussi d’une augmentation des signalements d’animaux perdus. En effet, entre les portes qui restent ouvertes, les allées et venues des déménageurs et le stress associé à un nouvel environnement, les occasions de fuite sont nombreuses. « Les gens disent souvent : « Mon animal ne sort jamais, alors pas besoin de l’identifier. » Eh bien, c’est justement LA fois où il va sortir », souligne la directrice générale.
Selon elle, la meilleure protection demeure une identification adéquate, idéalement au moyen d’une micropuce. « Nous, dans nos centres, on retrouve pratiquement 100 % des propriétaires des animaux qui sont bien identifiés. Mais s’ils ne le sont pas, c’est très difficile de retrouver les familles. »
Elle rappelle toutefois qu’une micropuce n’est efficace que si les renseignements sont à jour. « Parfois, il y a une micropuce, mais les gens ont déménagé ou changé de numéro de téléphone sans modifier leur dossier. Ça ne nous aide pas plus. »
Et pour réduire le stress pendant le déménagement, elle recommande également d’installer l’animal dans une pièce calme avec ses objets familiers durant les opérations, puis de limiter son accès au nouveau logement dans les premières heures afin qu’il puisse s’y adapter progressivement.
Une campagne d’adoption sans frais pour donner une seconde chance
Si le 1er juillet est souvent synonyme d’abandons, il peut aussi représenter un nouveau départ pour des animaux qui attendent une famille, croit la directrice générale.
Jusqu’au 19 juillet, Proanima tient donc une campagne d’adoption sans frais dans ses centres, notamment à Montréal. Les chiens et les chats proposés à l’adoption sont déjà vaccinés, stérilisés et micropucés.
L’organisme souhaite ainsi trouver un foyer aux nombreux animaux actuellement hébergés en ses murs, tout en libérant des places pour ceux qui continueront d’être pris en charge au cours de la période des déménagements.







