Photos du reportage : EMM.

LA PRESSION S’ACCENTUE POUR FAIRE DE L’ÎLE SAINTE-THÉRÈSE UN GRAND PARC NATURE

Décidément, le dossier de l’Île Sainte-Thérèse prend de plus en plus d’ampleur dans le cadre d’une vision de revitalisation « verte et bleue » de l’est de Montréal. Ce magnifique joyau naturel de 5,4 km2 situé entre les rives de Pointe-aux-Trembles et Varennes, s’allongeant même jusqu’à la pointe de Repentigny, est plus que jamais dans la mire des autorités pour en faire éventuellement un milieu naturel protégé mais aussi accessible à la population.

Cette grande île plutôt méconnue du public, et pourtant si riche en histoire (voir un de nos textes précédents sur le sujet), est occupée depuis le début de la colonie française par une poignée de résidents. Au départ s’y retrouvaient seigneur et censitaires, par la suite quelques travailleurs agricoles, pour finalement abriter aujourd’hui une soixantaine de chalets dont à peine quelques-uns ont des titres de propriété en bonne et due forme ou des droits d’occupation, incluant le seul agriculteur de l’île. À une certaine époque, dans les années 1950, il y avait même deux plages privées très prisées des Montréalais.es, qui devaient s’y rendre par petit bateau-passeur à partir de P.A.T.

Aujourd’hui propriété à 90 % du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, ce dernier a exigé en 2016 aux « illégaux », visant ainsi quelque 116 chalets, de démanteler leurs installations et de quitter définitivement les lieux dans un délai de sept mois, ou de régulariser leur situation auprès du MERN. Les 22 propriétaires de chalet qui n’ont pas répondu à l’appel ont alors vu leurs bâtiments être rasés par le ministère, alors que tous les autres auraient vu leur demande de régularisation rejetée. Au final, plus d’une cinquantaine de propriétaires refusant de quitter l’île se sont donc regroupés et ont engagé des avocats afin de faire reconnaître leurs droits légitimes d’occuper ce territoire, plaident-ils aujourd’hui, tout en continuant d’habiter leurs chalets depuis les procédures judiciaires. C’est ce litige en cours qui freine actuellement le développement d’un grand projet commun de mise en valeur de l’Île Sainte-Thérèse tant souhaité par la Ville de Varennes, dont l’île est officiellement sur le territoire, mais qui fait aussi rêver l’arrondissement de RDP-PAT et l’administration municipale de Repentigny. Selon nos informations, ce serait justement pour un éventuel projet d’écoparc que le MERN aurait passé à l’action en 2016 exigeant le départ des insulaires jugés illégitimes. Officiellement toutefois, le ministère, tout comme la ministre responsable de la Métropole et députée de Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, refusent actuellement d’émettre tout commentaire à propos de l’Île Sainte-Thérèse compte tenu du litige en cours.

Rappelons que l’Île Sainte-Thérèse ne bénéficie d’aucune infrastructure publique et d’aucun service municipal. Ainsi, il n’y a ni électricité sur l’île, ni aqueduc, ni égout, ni quai aménagé officiellement. Pour accéder à l’île, les résidents s’y rendent au moyen de leurs propres embarcations nautiques.

Visite privilégiée de l’île

EST MÉDIA Montréal a eu la chance de participer le 17 septembre dernier à une très rare visite de l’Île organisée par la SNAP (Société pour la nature et les parcs du Canada, section Québec), en compagnie de quelques résidents de l’île, mais aussi de représentants politiques dont Caroline Bourgeois, mairesse de l’arrondissement de RDP-PAT et responsable des dossiers de l’est au sein du Comité exécutif, de Robert Beaudry, responsable des Grands parcs et aussi membre du Comité exécutif de la Ville de Montréal, ainsi qu’un membre de l’équipe de Martin Damphousse, maire de Varennes.

Une douzaine de personnes ont participé à la visite organisée par SNAP Québec le 17 septembre dernier, dont quelques élus de Montréal.

Le groupe est donc parti de la marina de Pointe-aux-Trembles à bord de deux petites embarcations, longeant tranquillement pendant une trentaine de minutes le côté nord de l’île, soit celui faisant face à Montréal. Assez rapidement, à la hauteur environ de la future Plage de l’Est, actuellement en construction, sont apparus plusieurs chalets, dont la plupart avaient l’air en très bon état. Certains pourraient même se comparer à des maisons de banlieue, ou presque. Étonnant. Sans compter que nous croiserons quelques quais privés très bien aménagés sur lesquels étaient attachés plusieurs embarcations disons, loin de la chaloupe… mais sans pour autant être des yachts de luxe. La première impression est donc celle d’un petit village de chalets bien ancré dans son environnement et qui ne date pas d’hier, et non de squatters ou d’illégaux. Fannie et Jonathan, le couple de résidents qui nous transportent dans leur embarcation, s’avéreront de précieux guides lors du périple. Lorsqu’on croise leur chalet, on sent particulièrement dans leurs propos qu’ils sont très attachés « à leur île », voire même émotifs à l’idée de devoir éventuellement quitter ce coin de paradis 100 % nature, à quelques vagues de l’urbanité dense de la métropole.

Jonathan et Fannie, couple propriétaire d’un chalet sur l’Île Sainte-Thérèse. Ils étaient nos précieux guides lors de la visite.

Alors que l’on passe devant le chalet d’un autre résident qui est avec nous dans le bateau, ce dernier nous informe que pour une première fois il envisage de passer toute l’année sur l’île, même cet hiver. À l’instar, paraît-il, de quelques résidents qui sont là de longue date. Fannie et Jonathan nous diront que de leur côté, ils habitent le chalet en permanence généralement de la mi-mars à la fin août, ainsi que tous les week-ends le reste de l’année, sauf environ trois semaines l’hiver alors que les glaces empêchent toute traversée, du moins de façon assez sécuritaire à leurs yeux. « J’habite officiellement dans le quartier Tétreaultville à Montréal, mais honnêtement, c’est pour que mes enfants puissent aller à l’école. Dans mon cœur, ma résidence principale est à l’Île Sainte-Thérèse, c’est là que je me sens bien », soutient Fannie Martin. Cette dernière, qui représente le comité des propriétaires de chalet actuellement en cours avec le MERN, affirme avoir acheté « de gré à gré » son chalet des mains d’un proche de la famille de son conjoint Jonathan, il y a plusieurs années. Elle fréquente aussi l’île depuis qu’elle est toute petite, du fait que des membres de sa propre famille occupaient déjà les lieux, se souvenant même de se baigner dans le fleuve dès l’âge de cinq ans, ce que font encore mes enfants aujourd’hui, dit-elle.

Poursuivant notre navigation particulière, qui nous fait aussi découvrir une nature et une faune diversifiées et omniprésentes (castors, grands hérons, aigrettes, canards, etc.), on contourne alors l’île pour se retrouver du côté de Varennes. Là le paysage est différent. Plus sauvage, moins d’habitations. On remarque rapidement le problème important de l’érosion du littoral causé semble-t-il par le batillage, ce côté de l’île étant celui exposé à la voie maritime du Saint-Laurent. On verra d’ailleurs un chalet abandonné qui est visiblement sur le point d’être emporté par l’effritement des berges, avant d’arriver et d’accoster sur les magnifiques terres de la famille Durocher, propriétaire légal de quelques hectares de l’île depuis plusieurs générations. La superbe maison de la famille a d’ailleurs été reculée d’une bonne vingtaine de mètres récemment afin de la protéger d’un éventuel effondrement dû à l’érosion continuelle du littoral.

Chalet abandonné sur le point d’être emporté par l’érosion de la berge.

C’est le patriarche de la famille Durocher, Jacques, qui nous fera visiter une partie de l’île à pied, nous expliquant du même souffle l’histoire de l’endroit, de sa famille, le type de végétation et la faune qui s’y trouvent, et nous contant une foule d’anecdotes plus savoureuses les unes des autres, au grand plaisir du groupe qui écoutait ses propos religieusement. Presqu’un moment solonnel, surtout à la toute fin de la visite alors qu’il nous partage quelques souvenir de jeunesse. On apprend notamment qu’il faisait la traversée chaque jour à une certaine époque pour aller à l’école à Montréal chez les soeurs, beau temps mauvais temps. Imaginez.

Jacques Durocher.

Une belle promenade donc qui démontrait bien tout le côté « sauvage » de l’île, mais aussi son immensité qui détonne vraiment dans un contexte de proximité urbaine. C’est là que l’on pouvait ressentir tout le potentiel d’en faire un écoparc enfin vraiment accessible au public, après l’échec de l’aménagement d’un petit sentier de rien du tout par le ministère de l’Environnement dans les années 1980.

Légitimes ou illégaux?

La question de l’occupation du territoire sur l’Île Sainte-Thérèse est pour le moins complexe et remplie de zones grises. Au maximum, une dizaine de titres de propriété seraient actuellement légalement reconnus aux yeux de la Ville de Varennes et du MERN, représentant environ 10 % de la superficie de l’île. Si la loi semble claire à l’effet que la notion de « droit acquis » ne peut s’appliquer sur les terres de l’État, la cinquantaine de propriétaires de chalets jugés illégaux par le MERN plaident qu’ils ont pour la plupart hérité des occupants originaux le droit d’y bâtir un chalet et de l’habiter. Il s’agirait principalement d’ententes de location ou d’échanges de services entre l’ancien propriétaire de l’île, la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur (non confirmé par EST MÉDIA Montréal) et quelques dizaines d’individus survenues avant 1975, année où le Gouvernement du Québec aurait exproprié la congrégation religieuse, selon les informations fournies par les propriétaires de chalet. Ces derniers affirment même que plusieurs auraient payé des comptes de taxes municipales à une certaine époque à la Ville de Varennes, et certains auraient par ailleurs voté à au moins une élection municipale dans les années 1990 à titre de résidents de la ville.

Le problème est que, toujours selon les informations que nous avons obtenues, il n’y aurait pas, ou très peu, de preuves et de papiers légaux qui attesteraient les prétentions des résidents, qui auraient par ailleurs tous été rencontrés par le procureur de la couronne en date d’aujourd’hui en vue d’une décision imminente de la Cour du Québec. « Nous ce que l’on a comme information, c’est qu’il n’y a aucun document actuellement qui prouve leur droit d’occupation, pas de bail, pas d’entente écrite, rien. Dans les archives de la Ville de Varennes, dans d’autres municipalités avoisinantes, à Québec, et même du côté d’anciens propriétaires agricoles. Nous n’avons également jamais trouvé de traces de taxes municipales pour ces résidents car il n’y a aucun service municipal sur l’île. Mais on verra ce qu’ils seront vraiment en mesure de déposer comme document, et les tribunaux trancheront », affirme le maire de Varennes, Martin Damphousse.

Martin Damphousse, maire de Varennes.

Selon Fannie Martin, la volonté du groupe d’insulaires est justement de régulariser leur situation une fois pour toute, alors que les autorités ont toujours toléré leur présence depuis plus de 60 ans dans bien des cas. « Ce que l’on veut, c’est que le gouvernement reconnaisse que nous ne sommes pas des squatters, que les bâtiments sont là pour la plupart de longue date, qu’ils sont bien entretenus et que les résidents ont tous un souci de préserver la nature de l’île. Nous avons aussi investi beaucoup de temps et d’argent au fil des années dans ces chalets sans jamais se cacher des autorités. C’est le temps que la situation se règle car c’est extrêmement stressant pour tous les résidents, et nous sommes prêts à payer aussi ce qu’il faut pour que les titres de propriété soient délivrés en bonne et due forme », explique-t-elle. Cette dernière ajoute que les résidents sont aussi prêts à collaborer étroitement avec les autorités à la mise sur pied d’un éventuel parc ou milieu naturel protégé accessible au public. « Les résidents sont d’accord avec cette idée. Cela permettrait probablement aussi de mieux protéger l’île car elle a besoin d’investissements pour notamment renaturaliser certains secteurs et protéger ses berges de l’érosion qui fait beaucoup de ravages du côté sud. Évidemment, la population de l’est de Montréal pourrait aussi profiter de ce site extraordinaire, unique dans ce secteur, et particulièrement les enfants et les écoles », dit-elle.

La vie sur l’Île

Tout de même spécial d’imaginer qu’une centaine de personnes vivent sur l’Île Sainte-Thérèse, dont quelques-unes toute l’année, sans eau courante, sans électricité, sans égout, sans route aménagée, et cela… sans trop de problèmes, nous ont dit quelques propriétaires de chalet. Et cela si proche de la ville. « C’est ça qui fait le charme de l’Île Sainte-Thérèse, c’est un endroit totalement naturel, à quelques minutes de la grande ville. Et il ne faut pas que ça change, c’est unique et précieux », clame Fannie Martin.

Maison de la famille Durocher, qui occupe l’île depuis plusieurs générations.

Comment s’organise le quotidien sur l’île? Bien sûr il y a des génératrices, certaines communes et partagées par quelques résidents, alors que d’autres optent pour des panneaux solaires. Un des propriétaires de chalet a même installé une éolienne sur son terrain, et ça fonctionne paraît-il. « Pour l’eau à boire nous n’avons pas le choix, on doit l’amener, mais pour le lavage, la douche, la vaisselle, arroser le jardin, etc., nous on pompe l’eau du fleuve, comme la plupart des gens sur l’île. Certains récupèrent l’eau de pluie, mais pour avoir essayé, c’est difficile de pouvoir compter là-dessus, car il ne pleut évidemment pas quand on veut et autant qu’on le veut (rire) », explique Fannie. Pour les toilettes, on parle pour la plupart de toilettes sèches.

Et comme les commodités minimales de la vie résidentielle sont absentes de l’île, le quotidien des résidents comporte souvent son lot de corvées. « Chaque matin on se donne des travaux à faire pour maintenir le chalet fonctionnel et en ordre, pas le choix, il y a toujours des choses à faire dans un tel contexte. L’après-midi, pour ma famille du moins, on se donne plus de latitude, on profite de notre environnement, de la nature. Il faut dire aussi que sur l’île il y a vraiment beaucoup d’entraide entre les résidents, encore-là nous n’avons pas le choix car il y a toujours des corvées communes à faire pour entretenir l’île, ses chemins, etc. La communauté est tissée très serré ici et on se sent en sécurité », affirme Mme Martin.

Protéger l’île

L’organisme derrière cette visite de l’île, SNAP Québec, travaille depuis maintenant deux ans à sensibiliser les décideurs à l’importance de protéger ce territoire et à le mettre en valeur, sous le pertinent thème Un nouveau poumon pour l’est de Montréal. « Nous, notre mission, c’est d’accompagner les décideurs afin que les projets d’aires protégées se développent et se concrétisent sur des terres publiques. Et là, avec l’Île Sainte-Thérèse, on parle vraiment d’un projet exceptionnel et unique à Montréal avec un territoire naturel encore plus grand que le Mont-Royal, dans l’est de Montréal en plus, un secteur qui est en déficit d’espaces verts », affirme Alain Branchaud, directeur général de l’organisme.

On voit bien ici l’érosion de la berge, du côté sud de l’île, face à Varennes. La maison Durocher, que l’on aperçoit, a été reculée récemment pour la protéger.

Selon cet environnementaliste, le litige entre les résidents et le MERN ne serait pas une raison suffisante pour arrêter tout projet de développement ou de mise en valeur de l’île comme c’est le cas actuellement. « L’inaction est difficile à comprendre car d’une part il y a des interventions urgentes à faire, comme renaturaliser et reboiser certains secteurs de l’île, et d’autre part le conflit n’implique dans les faits qu’une toute petite partie de l’île, quoiqu’il arrive en bout de ligne. Selon moi il n’y a rien qui empêcherait le ministère de faire un projet, avec les administrations municipales intéressées dans ce cas-ci, dès maintenant. Mais peut-être que quelque chose m’échappe », dit Alain Branchaud.

Alain Branchaud, directeur général de SNAP Québec.

Selon Benoit Tendeng, chargé de projet en conservation pour SNAP Québec, il faudrait effectivement agir rapidement pour protéger l’Île Sainte-Thérèse car elle donnerait des signes évident de dégradation. Il y aurait notamment des espèces végétales invasives qui feraient actuellement des ravages sur l’île et qu’il faudrait contrôler, des secteurs boisés qui ont été fortement éprouvés par l’agrile du frêne, des marais à revitaliser et d’autres interventions déjà recommandées par des équipes d’experts. « Si on ne prend que le problème criant de l’érosion des berges, un moyen simple mais efficace pourrait immédiatement être utilisé, soit celui de solidifier certains endroits par une plantation d’arbres le long du littoral. C’est sûr que le problème d’érosion est plus complexe que cela à régler compte tenu du batillage, mais au moins il faudrait faire un minimum, sinon ça risque d’être la catastrophe », explique-t-il.

Vestiges de l’ancienne fondation de la maison Durocher.

Pour Alain Branchaud, le moment serait idéal actuellement pour initier un vrai projet de mise en valeur de l’Île Sainte-Thérèse, un alignement des astres qui risque de ne pas se représenter de sitôt si on passe à côté. « Le fédéral veut planter deux milliards d’arbres dans les prochaines années, ce même gouvernement dit vouloir accompagner les municipalités pour la mise en valeur d’infrastructures vertes, Varennes, Repentigny et Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles veulent développer un projet commun sur l’île, et la CAQ parle de mettre le Saint-Laurent en valeur tout en répétant que l’est de Montréal doit passer du gris-brun au bleu-vert. Qu’est-ce qu’on attend? », exprime le directeur général de SNAP Québec.

Volonté politique

S’il est impossible pour l’instant d’avoir quelque commentaire que ce soit du côté de Québec concernant leurs intentions quant à l’avenir de l’Île Sainte-Thérèse, il faut se souvenir qu’à l’époque pas si lointaine ou Chantal Rouleau occupait le siège de mairesse de l’arrondissement de RDP-PAT, elle militait de concert et publiquement avec le maire de Varennes pour un projet commun de mise en valeur de l’île. À titre de ministre responsable de la Métropole, il serait étonnant aujourd’hui que sa vision ait changée, mais ça reste à confirmer.

Pour Martin Damphousse, maire de Varennes, le rêve de voir l’île se transformer en milieu naturel protégé accessible au public est toujours bien vivant, mais il dit ne pas se faire d’illusions sur la mise en œuvre d’un tel projet rapidement. « J’aurais tellement aimé faire un projet avec l’Île Sainte-Thérèse dans le cadre du 350e anniversaire de Varennes en 2022, car l’île est importante dans l’histoire de notre ville, mais avec tout ce qui se passe actuellement devant les tribunaux, je doute qu’on puisse faire quoi que ce soit à temps. C’est dommage car la vitrine aurait été exceptionnelle », dit-il, ajoutant que Varennes est toujours intéressée à travailler un projet commun avec Québec, Repentigny et RDP-PAT, « en autant qu’on parle de protéger son caractère 100 % naturel. »

Du côté de Montréal, l’intérêt est grand nous dit Caroline Bourgeois et Robert Beaudry, « sinon on ne serait pas ici aujourd’hui », ont-ils déclaré à EST MÉDIA Montréal après la visite. « Je connaissais l’existence de l’île, mais j’avoue que la visite m’a permis de constater l’ampleur des lieux, c’est immense, et assez impressionnant », affirme Robert Beaudry. Celui-ci confirme que la Ville de Montréal aimerait bien pouvoir offrir plus d’espaces verts dans l’est de l’île et qu’il faut donc évaluer la possibilité de rendre accessible l’Île Sainte-Thérèse « qui même si elle se situe officiellement sur le territoire de Varennes, demeure encore plus près des rives de Pointe-aux-Trembles. »

Les élus montréalais François Limoge, Robert Beaudry et Caroline Bourgeois étaient du groupe de visiteurs le mois dernier.

Quant à la mairesse de RDP-PAT, Caroline Bourgeois, elle s’est dite enchantée par sa visite de l’île, aussi une première pour elle. « Je la vois tous les jours de chez moi, mais là, c’était une toute autre perspective. C’est vraiment un endroit au potentiel extraordinaire sous un angle récréotouristique », a-t-elle déclarée. Elle se dit convaincue de voir aboutir un jour un projet de grand parc naturel à cet endroit, mais ce ne sera pas à courts termes selon elle : « L’intérêt est là des différents paliers de gouvernement, je pense que tout le monde s’entend sur l’idée de base, mais comment on va ficeler tout cela, ça reste à voir. S’il y a beaucoup de travail à faire dans ce dossier pour arriver à un projet concerté, c’est néanmoins un excellent moment pour commencer, ça c’est certain. »


Le dossier spécial « L’EST EN DÉVELOPPEMENT 2020» a été rendu possible grâce à la collaboration des partenaires suivants :