De gauche à droite: Chantal Rouleau, ministre de la Métropole, Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal, Jean-Denis Charest, PDG de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal, Patrick Kilfoil, chef du Bureau de l’Est, Nicolas Dziasko, directeur de l’aménagement du territoire et du développement économique de Montréal-Est, Lucie Imbeau, Bureau de l’Est, Anne St-Laurent, mairesse de Montréal-Est, Valérie Vézina, directrice générale adjointe Chambre de commerce de l’Est de Montréal, Carlos Leitão, secrétaire parlementaire de la ministre de l’Industrie (photo : EMM/Marie-Hélène Chartrand)

Première rencontre du Groupe d’action pour le développement de l’Est de Montréal

La première rencontre du Groupe d’action pour le développement de l’Est de Montréal, annoncée en décembre dernier par l’administration de Soraya Martinez Ferrada, s’est tenue hier à l’hôtel de ville. Sur place, les élus et représentants des trois paliers de gouvernement, ainsi que des acteurs du milieu économique, avaient un objectif commun : « On est réunis ici avec un mot en tête : “accélérer” les projets », a résumé Chantal Rouleau, ministre responsable de la Métropole et députée de Pointe-aux-Trembles, à la suite de la rencontre.

Outre Mme Rouleau, on comptait parmi les participants Soraya Martinez Ferrada et Anne St‑Laurent, respectivement mairesses de Montréal et de Montréal‑Est, Carlos Leitão, secrétaire parlementaire de la ministre fédérale de l’Industrie, ainsi que Jean‑Denis Charest, président‑directeur général de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal (CCEM).

Parmi les sujets abordés, la nécessité de mettre en place un réseau de transport structurant comme condition essentielle au développement de l’Est a fait consensus. « Nous avons convenu aujourd’hui que, bien sûr, la priorité et la clé du développement de l’Est, c’est le transport », a déclaré la mairesse de Montréal. Mme Rouleau a tenu un discours similaire : « Si on n’a pas ce transport‑là, le développement s’arrête. »

Interrogés sur les raisons pour lesquelles cette nouvelle tentative de doter l’Est d’un réseau structurant pourrait enfin aboutir, les intervenants ont évoqué trois éléments : le consensus actuel entre les trois paliers gouvernementaux, la création de Mobilité Infra Québec (MIQ) et le contexte économique. Selon Mme Martinez Ferrada, ce dernier joue un rôle déterminant : « Dans un contexte économique incertain, où le gouvernement, autant fédéral que québécois, veut développer notre nationalisme économique, les secteurs de développement d’emplois ou d’investissement deviennent plus intéressants et deviennent plus importants. Pourquoi l’Est? L’Est, c’est le port de Montréal, c’est la chaîne logistique d’approvisionnement, c’est près de 50 millions de pieds carrés de terrains potentiels à développer. Donc, l’Est devient intéressant dans une stratégie de développement économique. Et la stratégie de développement économique est basée sur le transport. »

Deux pôles prioritaires : le SIPI et le Quartier olympique

Les échanges ont également porté sur deux secteurs jugés stratégiques : le Secteur industriel de la Pointe‑de‑l’Île (SIPI) et le Quartier olympique. Ces pôles représentent, selon les intervenants, des leviers majeurs pour la revitalisation de l’Est.

Du côté industriel, les travaux liés au collecteur de Montréal‑Est ont été confirmés par la mairesse Anne St‑Laurent : « Les étapes sont toutes identifiées. Les appels d’offres devraient être lancés à la fin du printemps 2026 pour un début des travaux à l’automne. » Cette infrastructure est considérée comme essentielle pour permettre l’arrivée de nouveaux occupants dans le SIPI, où plusieurs terrains ont déjà été décontaminés.

Soraya Martinez Ferrada a rappelé que les défis ne se limitent pas à la décontamination : « Maintenant, la question est sur les infrastructures : l’électricité, les égouts, les eaux… ce sont les services qui vont faire que les terrains deviennent intéressants pour du développement. »

Les élus ont également réitéré leur volonté de favoriser l’économie verte dans ce secteur. Comme l’a exprimé un intervenant : « On est plutôt dans une stratégie de développer l’économie verte de la transformation. »

Un momentum autour du Quartier olympique

Le Quartier olympique a aussi retenu l’attention, notamment en raison de la réfection de la toiture du Stade olympique et de l’accueil des Jeux de préqualification olympiques en 2028. Pour la mairesse de Montréal, ce chantier représente une occasion de renforcer l’attractivité du secteur : « Le stade va nous permettre d’accueillir des événements importants à l’année. Montréal doit développer cette capacité d’accueil. »

Elle souligne toutefois que le succès du pôle événementiel dépendra, lui aussi, du transport collectif : « Je ne peux pas dire aux gens d’aller à la plage de l’Est si ça prend deux heures. Il faut que le transport soit au rendez-vous. »

Québec annonce 14 M$ pour une «mesure de l’Est 2.0»

Québec a profité de la rencontre pour annoncer une nouvelle enveloppe de 14 M$ sur deux ans, destinée à soutenir des projets locaux. Cette somme s’ajoute aux 23 M$ investis entre 2023 et 2026 dans le cadre de la première mouture de la Mesure d’aide financière pour revitaliser l’Est de Montréal. « On poursuit cette mesure avec une orientation plus axée sur le développement économique », indique la ministre Chantal Rouleau. Elle précise que ces fonds agissent comme levier financier, couvrant environ 25 % des coûts des projets soutenus.

Une coordination inédite entre les trois paliers

Pour Jean‑Denis Charest, PDG de la CCEM, la création du Groupe d’action marque une étape importante dans la gouvernance du territoire. Il estime que la collaboration entre les gouvernements est enfin à la hauteur des défis : « Pour la première fois depuis que je suis en poste, on offre un forum pérenne où les trois paliers de gouvernement sont engagés, s’entendent sur des priorités, et vont les suivre. Et c’est ça qui me donne espoir qu’on va y arriver », conclut-il.