La première pelletée de terre du chantier du stationnement de HMR marque le début des travaux de son agrandissement (Emmanuel Delacour/EMM)

Une première pelletée de terre pour la modernisation de HMR

Les travaux de modernisation de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR) ont officiellement été lancés jeudi, avec une pelletée de terre en présence du ministre de la Santé, Christian Dubé, et de plusieurs acteurs de l’est.

« On avait dit qu’on le ferait. Je le sais que ça a été long, mais on le fait », a résumé M. Dubé, jeudi après-midi. La pelle à la main, le ministre, les représentants du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal et des députés de l’est de Montréal ont ainsi donné le coup d’envoi au premier chantier de cet important projet, qui s’étalera en tout sur une dizaine d’années.

C’est sur un terrain situé à l’arrière du pavillon Rosemont de l’hôpital, près de la rue Chatelain, que la conférence de presse s’est tenue. Durant les trois prochaines années, un stationnement intérieur étagé comprenant 678 cases de stationnement et 78 places pour les vélos y sera édifié.

Une image de synthèse du futur stationnement de cinq étages (Image : CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal)

Cette construction, réservée aux employés, est la première étape dans la phase préliminaire du projet de modernisation de l’hôpital, puisque l’actuel stationnement des employés, qui se trouve à l’arrière du bâtiment « cruciforme » de l’hôpital, devra être libéré pour les travaux d’agrandissement subséquents.

D’autres étapes préliminaires avant la construction réelle de la nouvelle aile de l’hôpital sont à prévoir, informe le CIUSSS, soit le déplacement d’un quai logistique et la construction d’infrastructures de services publics en souterrain, notamment celle de conduits électriques. Si le stationnement étagé des employés doit être terminé au printemps 2027, aucun échéancier n’a été divulgué pour les autres étapes du projet, encore moins pour la construction du nouvel hôpital.

Pas de calendrier ni de montants officiels

D’ailleurs, en conférence de presse, le ministre Dubé s’est gardé de dévoiler les échéanciers pour les étapes suivantes du projet. Dans l’ensemble, l’élu et le CIUSSS espèrent pouvoir accueillir le premier patient « pour un horizon en 2036 ».

Le ministre Dubé en conférence de presse (Emmanuel Delacour/EMM)

Le ministre de la Santé a aussi évité de chiffrer le coût total de l’ensemble du projet, affirmant ne pas vouloir faire grimper la facture avant le dépôt des appels d’offres. Celui-ci a cité en exemple le chantier du stationnement étagé, au départ estimé à 89 M $, mais qui en fin de compte ne devrait pas coûter plus de 65 M $, selon le contrat accordé.

D’ailleurs, la situation sur le marché de la construction serait beaucoup plus favorable qu’à l’époque de la pandémie, a insisté le ministre, la compétition étant plus forte. En effet, neuf soumissionnaires auraient déposé leur candidature pour le chantier du stationnement, a indiqué M. Dubé.

Précédemment, la modernisation de HMR a été estimée à environ cinq milliards.

Le ministre a affirmé avoir pleinement confiance en la capacité du président-directeur général du CIUSSS, Jean-François Fortin-Verreault, ainsi qu’en celle de la présidente-directrice générale de Santé Québec, Geneviève Biron, de mener le projet à terme. M. Fortin-Verreault a, en outre, été à la tête du projet de construction du CHUM, sur le site de l’ancien hôpital Saint-Luc, au centre-ville de Montréal, un chantier qui comporte des similarités avec celui de HMR.

À terme, l’agrandissement de HMR prévoit d’augmenter de moitié la capacité d’accueil avec 720 lits en chambres individuelles. L’hôpital compte actuellement 450 lits en chambres doubles.

Impossible de reculer

Plusieurs représentants de l’est étaient présents lors de la mêlée de presse, dont le président-directeur général de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal, Jean-Denis Charest.

« C’est une bonne nouvelle, c’est une première étape, mais à mon avis désormais le projet est irréversible », a résumé M. Charest. Ce dernier dit vouloir être vigilant pour la suite et s’attend à ce que le gouvernement profite de l’avancement du projet pour impliquer le milieu des affaires dans le développement d’un pôle santé autour de l’agrandissement de HMR. « Il faut commencer à penser à comment il sera possible de maximiser les retombées d’un tel investissement dans l’est de Montréal », a-t-il insisté. Dans ce contexte, la Chambre de commerce organisera en novembre prochain un sommet consacré à la santé.

Pour sa part, le député solidaire de Rosemont, Vincent Marissal, s’est réjoui de voir que les « pépines sont finalement là ». « Ça va être difficile d’enlever ça du paysage et de reculer. On comprend qu’on commence avec ça et qu’on doit faire le stationnement », a-t-il affirmé.

Même s’il convient « qu’on ne fait pas un hôpital avec un stationnement », celui-ci est heureux de voir « qu’on lance la roue ». Toutefois, l’élu demande au gouvernement de ne pas prendre de pause entre le moment où l’on achèvera le stationnement et celui où sera amorcé le véritable chantier de l’hôpital.

Au printemps dernier, on apprenait que l’agrandissement de HMR avait été retiré du Plan québécois des infrastructures, liste budgétaire des projets à venir du gouvernement. Cette décision avait soulevé un tollé dans l’est, où HMR dessert 27 % de la population de Montréal avec seulement 17 % des lits disponibles dans la métropole.

De plus, le député de Rosemont a demandé « d’assurer la sécurité du personnel et des patients » en mettant en place des plans de contingence dans l’éventualité d’un bris de service en raison de la vétusté de l’actuel hôpital. Plusieurs reportages réalisés cette année ont rapporté que certaines ailes de HMR avaient manqué d’électricité lors de forts orages et que certains ascenseurs étaient en panne. La présence d’écureuils dans l’édifice avait aussi été rapportée.