
Paul St-Pierre Plamondon a fait l’annonce concernant le PSE le 21 septembre dernier, entouré de candidats du PQ dans l’est de Montréal. (Photo : Emmanuel Delacour/EMM)
3 octobre 2026Un premier ministre sur le territoire accélérera la revitalisation de l’est, croit PSPP
Dans le cadre de la campagne électorale provinciale, EST MÉDIA Montréal a entrepris de questionner les chefs des partis en lice afin de connaître leurs priorités pour l’est de Montréal. Aujourd’hui, nous vous présentons une entrevue réalisée jeudi dernier avec Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti Québécois (PQ).
EST MÉDIA Montréal : Quelles sont vos priorités pour l’est de Montréal si vous prenez le pouvoir le 5 octobre prochain ?
Paul St-Pierre Plamondon : En 2022, alors que l’élection d’un gouvernement du PQ était très improbable, j’avais fait la promesse qu’un jour je pourrais redonner à l’est de Montréal sa juste part parce qu’il y a eu un sous-investissement chronique et vraiment patent pendant plusieurs décennies. Là, me voilà potentiellement en position de faire cette différence-là.
J’ai annoncé un PSE pour l’est (projet structurant de transport collectif), donc une de mes priorités sera de relancer l’économie de l’est de Montréal en désenclavant la région. Et en mettant de l’avant les projets qui sont sur la table depuis trop longtemps sans qu’il ne se passe quoi que ce soit. Ce sera ma première priorité au début.
Ensuite, il y a quand même des priorités sociales sur lesquelles intervenir, notamment l’aide alimentaire. Nous avons annoncé que le PQ abolirait la baisse de taxes sur les ananas coupés et les arachides salées, et qu’on réinvestirait plutôt 100 M$ par année en soutien aux organismes alimentaires.
Je vais aussi avoir des discussions de premier plan avec les intervenants pour voir ce que l’on peut faire pour soutenir le développement de l’est. J’aurai du temps pour cela. C’était mon objectif il y a quatre ans et là j’ai des chances de le réaliser.
EEM : Et la reconstruction de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR)?
PSPP : Ça va de soi… Là, j’avais plus en tête mon comté de Camille-Laurin. HMR, c’est un dossier qui sera piloté dès le départ par notre gouvernement. Dans ma tête, cela fait tellement longtemps que mon engagement est ferme que c’est réglé.
EMM : Vous devez probablement régulièrement emprunter Notre-Dame pour vous déplacer dans votre comté. Comment trouvez-vous l’état de cette importante artère montréalaise?
PSPP : Ça ne va pas mieux… J’ai discuté directement avec la mairesse de Montréal de ça, et on s’est donné rendez-vous pour travailler sur un plan de match. Je ne peux pas faire d’annonce ou de promesse électorale parce que je veux explorer avec elle nos options avant de faire une annonce conjointe, mais nous avons déjà entamé des discussions à ce sujet, notamment lors de notre récente rencontre à propos de l’itinérance, il y a quelques jours.
EMM : Quels sont vos espoirs en termes de gains dans l’est de Montréal (circonscriptions)?
PSPP : Nous sommes potentiellement compétitifs dans plusieurs circonscriptions. Je ne me mettrai pas de plafond, mais c’est sûr qu’on est devant un scénario où l’est de Montréal peut être fortement représenté par un PQ qui est au gouvernement, avec un premier ministre dans l’est. Ce scénario-là est évidemment très intéressant pour les résident·es de l’est de Montréal.
EMM : Il y a beaucoup d’enjeux et de grands chantiers en suspens dans l’est de Montréal. Si vous devenez premier ministre et député de Camille-Laurin, les attentes seront évidemment encore plus élevées envers votre administration. Croyez-vous que cette situation est propice effectivement à faire avancer des dossiers plus rapidement?
PSPP : Certainement oui! Par définition, le fait d’avoir un premier ministre permet de faire bouger plusieurs choses, ça il n’y a pas de doute. Je n’abuserai pas de ce pouvoir-là mais je vais l’utiliser. Il y a tout plein de sujets qui touchent l’est de Montréal et dont j’ai déjà annoncé par ailleurs mon implication personnelle, comme l’enjeu de l’itinérance, l’aide alimentaire ou encore la qualité de l’air, par exemple.
J’ai déjà quatre ans de fait comme député de l’est, donc je n’ai pas besoin de me faire éduquer sur les enjeux, j’ai une bonne maîtrise de ce qui se passe. Ça va me faire plaisir d’intervenir moi-même quand je penserai que je peux faire une différence.
EMM : La situation politique de l’est de Montréal est particulière, avec au nord généralement 4 ou 5 députés libéraux, qui sont majoritaires depuis plusieurs élections sur le territoire, et un amalgame de formations politiques au sud. Toutefois, les libéraux sont rarement actifs ou partie prenante des grands débats concernant la revitalisation de ce territoire. Selon vous, est-ce que cette situation peut être un obstacle pour le développement de l’est et que comptez-vous faire dans ce contexte pour concilier les forces dans la région, tenant également compte que vous aurez probablement aussi des députés de Québec solidaire dans l’est?
PSPP : On va se battre fort dans Hochelaga-Maisonneuve, on a des chances dans Pointe-aux-Trembles, mais vous avez raison de dire qu’au nord ça semble voter automatiquement libéral, indépendamment de leurs engagements réels pour l’est de Montréal.
Mais au final, si je suis porté premier ministre et député de l’est, ma responsabilité va être d’essayer de coaliser tout le monde, peu importe leur couleur, autour des enjeux qui sont les plus utiles. Donc, je devrai passer outre les couleurs et simplement y aller avec les priorités qui émergent sur le terrain et qui préoccupent les intervenants sur le territoire.
EMM : La Chambre de commerce de l’Est de Montréal demande un seul engagement ferme dans le cadre de cette élection et c’est au sujet du PSE. Elle souhaite notamment que vous vous engagiez à lancer les appels d’offres pour sa mise en œuvre dans la première moitié du mandat. Est-ce réalisable selon vous ?
PSPP : Il faut toujours faire attention aux engagements quand tu n’as pas toute l’information. On a pris l’engagement de se rendre à une pelletée de terre avant la fin du mandat. Nous sommes très confiants que la Caisse de dépôt et le gouvernement du Québec seront capables de trouver un espace où l’intérêt du public est servi et dans lequel le modèle tient la route. On préfère prendre un engagement sur le mandat au complet parce qu’il y a peut-être des variables qu’on ne sait pas ou que l’on ne contrôle pas. Il y a par contre, du même souffle, un engagement qui est on ne peut plus clair : il y aura avant la fin du mandat du PQ le début des travaux sur ce projet-là.
EMM : On parle peu de la métropole dans cette campagne électorale. Est-ce votre perception ?
PSPP : Non, pas nécessairement. Par exemple sur mes engagements quant au dossier de l’itinérance, qui est au cœur des enjeux de la métropole. Ma sortie sur la sécurité publique et la bonification du nombre de policiers, la prévention de la criminalité chez les jeunes, tout cela touche Montréal énormément.
Évidemment, il y a aussi toutes nos sorties sur le français et la stabilité du français qui décline, et ça touche particulièrement la métropole. J’ai rencontré la mairesse, le maire de Laval, les mairies de la Rive-Nord à propos du transport collectif, mes enjeux locaux de député montréalais… Je pense quand même que cela a occupé beaucoup d’espace. Si on calcule les nuitées et les journées qui ont été passées dans la région de Montréal, ça demeure l’endroit dans la campagne qui a occupé le plus d’espace.
EMM : Avec un taux d’appui à la souveraineté qui oscille autour de 30 % et qui semble assez stable, comment comptez-vous convaincre les Québécois de voter oui au prochain référendum dans un premier mandat?
PSPP : On ne parlera pas seulement du recul du français, de notre culture, ou des pleins pouvoirs que nous donnerait l’indépendance du Québec. On va aussi parler de récupérer les pleins pouvoirs sur notre territoire, notamment à la lumière du Port de Montréal, des projets comme Ray-mont Logistiques et de plusieurs aberrations pour lesquelles il y a une dépossession démocratique pour les gens qui subissent les conséquences des projets en raison du gouvernement fédéral.
Ça me semble évident que ce sera un des débats importants des prochaines années. Est-ce qu’on se donne comme projet dans l’est de Montréal de reprendre possession du territoire et des décisions qui touchent ce territoire-là sur une base démocratique à l’Assemblée nationale? Ou bien on laisse cela à la discrétion d’organismes fédéraux?
Si je suis premier ministre de l’est de Montréal (sic), je vais me porter à la défense de cette idée de reprendre possession de ce qui se passe dans notre territoire de l’est de Montréal, et ça implique l’indépendance du Québec. Alors c’est quand même un sujet qui, je pense, va intéresser la population dans l’est.
EMM : En terminant, quel message aimeriez-vous lancer aux électeurs de l’est de Montréal ?
PSPP : Qu’il y a un cycle politique très très intéressant pour l’est de Montréal devant nous. Je suis confiant de mes appuis dans Camille-Laurin, mais si jamais je peux obtenir le plus grand nombre de députés de ma formation dans ce cycle-là, bien on gagne en cohésion et en influence. Je demande un mandat franc et un degré d’appui suffisant pour être un quatre ans de gouvernement fort et stable qui aura les deux pieds ancrés dans l’est de Montréal.
Le scénario d’un gouvernement minoritaire versus majoritaire ne donnera pas les mêmes résultats. Plusieurs indécis : deux scénarios devant nous. L’un dans le cadre duquel on va se retrouver probablement en élection 12 ou 18 mois plus tard à nouveau, parce que les gouvernements minoritaires donnent rarement les fruits qu’on espère. Alors que dans le scénario d’un quatre ans ferme, tu as besoin de ça pour certains projets structurants, comme le PSE par exemple, ou la mise en œuvre d’un vrai programme de lutte à l’itinérance.
Ce n’est pas une élection qui est jouée. Le PQ a une bonne machine, mais il reste encore du travail à faire pour convaincre les gens qui n’ont pas fait leur choix final de nous donner une vraie chance. C’est ce que nous allons faire jusqu’à lundi.
Cette entrevue a été éditée par souci de clarté.







