(Courtoisie Agence de mobilité durable de Montréal)

Le Pôle Boyer mise sur une mobilité plus verte à Rosemont–La Petite-Patrie

Un ancien espace de stationnement fait désormais place à un aménagement misant sur la diversité des modes de déplacement et le verdissement. Le Pôle de mobilité Boyer, inauguré le 24 septembre dans Rosemont–La Petite-Patrie, propose une nouvelle façon d’utiliser un terrain consacré principalement à l’automobile.

Situé au 6650, rue Boyer, à proximité de la Plaza St-Hubert, le site regroupe 62 places de stationnement tarifé, dont deux accessibles aux personnes à mobilité réduite. Seize espaces disposent d’une borne de recharge électrique, soit huit bornes de niveau II et huit bornes rapides. Huit places sont également réservées à l’autopartage.

Le projet accorde une place importante aux transports actifs. Une station BIXI, 12 places couvertes pour les vélos, dont des espaces pouvant accueillir des vélos cargos, ainsi qu’un lien piéton protégé et un corridor partagé pour les cyclistes et les piétons font partie des installations. Des casiers de livraison, des placottoirs et trois aires de détente complètent l’aménagement.

Le coût total du projet est évalué à 5,1 M$.

« Chacun des éléments de ce pôle a été pensé de façon complémentaire, pour encourager une utilisation de l’espace. On veut que ça soit sécuritaire aussi et que les différents modes de transport durables soient accessibles dans les différentes installations », a souligné Laurent Chevrot, directeur général de l’Agence de mobilité durable de Montréal.

Davantage de végétation

Un bassin de rétention des eaux est installé au cœur du pôle. (Photo : Emmanuel Delacour/EMM)

Le projet ne se limite toutefois pas à la mobilité. Vingt-quatre arbres et quelque 2 200 végétaux ont été plantés sur le site, où l’on retrouve également différents aménagements paysagers et un futur mur végétal. Les grandes structures orangées situées près du bâtiment voisin accueilleront notamment des plants de kiwis rustiques et différentes variétés de vignes.

À terme, la végétation doit fournir davantage d’ombre et contribuer à réduire l’effet d’îlot de chaleur associé aux surfaces asphaltées. Elle doit aussi favoriser la biodiversité et participer à la gestion des eaux de pluie.

Cette gestion se poursuit d’ailleurs sous la surface. Une partie de l’asphalte a été remplacée par un revêtement perméable et des aménagements de type « éponge ». Des bandes filtrantes et un bassin souterrain de rétention permettent de recueillir et de ralentir les eaux lors de fortes précipitations. Selon l’Agence, ces installations contribuent également à retenir certains polluants avant que l’eau n’atteigne le réseau pluvial.

Un modèle appelé à se multiplier

Le Pôle Boyer est le troisième projet du genre réalisé par l’Agence de mobilité durable de Montréal, après ceux des rues Masson et Fleury. Quatre nouveaux pôles sont prévus en 2026-2027, dont un autre dans Rosemont—La Petite-Patrie, un à Outremont et deux dans Verdun, selon les informations fournies par M. Chevrot. À plus long terme, le Plan d’urbanisme et de mobilité 2050 prévoit l’implantation de 150 pôles de mobilité à Montréal.

Pour Isabelle Cadrin, présidente du conseil d’administration de l’Agence, le projet est le résultat d’un travail collaboratif. « Avant tout, c’est une réussite qui est collective. Le Pôle Boyer est donc le fruit de l’engagement, de l’expertise, de la créativité de nombreuses personnes qui ont travaillé ensemble pour faire avancer une vision commune de la mobilité », a-t-elle déclaré.