Photo tirée de la page Facebook de la SDC Plaza Saint-Hubert.

Plaza Saint-Hubert : éclectique et fière de l’être

Avec ses marquises vitrées emblématiques et ses commerces de niche, la Plaza Saint-Hubert continue d’incarner une artère commerciale singulière dans le paysage montréalais. Alors que la piétonnisation expérimentée en 2024 ne sera pas reconduite cette année, la Société de développement commercial (SDC) de la Plaza Saint-Hubert et ses partenaires mettent de l’avant de nouveaux leviers pour dynamiser le secteur et en préserver la diversité.

Miser sur la mixité commerciale

Pour favoriser la mixité commerciale, un projet pilote est en cours d’élaboration. Menée conjointement par la SDC de la Plaza Saint-Hubert et l’organisme HocheLab en partenariat avec l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie, l’initiative vise à acquérir des immeubles pour stabiliser le prix des loyers et offrir des baux à prix abordables aux entrepreneurs. « Il y a eu de la spéculation immobilière sur les artères commerciales, avec des propriétaires qui, je te dirais, entre guillemets, n’ont pas de pitié pour les commerçants », fait remarquer  Marc-André Robertson, cofondateur et codirecteur général d’HocheLab avant de déplorer la prolifération des grandes bannières dans certains quartiers.

Marc-André Robertson, directeur général d’HocheLab. (LinkedIn)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le projet a vu le jour dans le cadre des Défis Innovation Québec : une initiative visant à trouver des solutions innovantes à certains besoins spécifiques d’organismes publics, de ministères ou de municipalités en les jumelant avec des entreprises d’économie sociale. « Grâce au Défi Innovation, on a enfin un cadre pour tester des approches qui restaient sur papier. C’est un laboratoire d’idées concrètes, avec un vrai potentiel de transformation,» indique M. Robertson.

Les travaux se concentrent actuellement sur le développement d’outils financiers : « On est en train de monter une base de partenaires financiers qui vont s’impliquer à différents niveaux de l’acquisition », explique ce dernier.

On vise ainsi à favoriser l’installation de petits commerçants et de leur assurer une certaine stabilité locative. Par la suite, une phase d’expérimentation est prévue. Si les conditions sont réunies, des formats commerciaux temporaires, comme les pop-up, sont envisagés.

L’objectif de ce projet selon Mike Parente, directeur général de la SDC Plaza Saint-Hubert, est non seulement de favoriser l’établissement d’entrepreneurs indépendants, mais également de fournir des espaces en bonnes conditions. Ce dernier déplore d’ailleurs que la vacance de certains locaux s’explique par un manque d’entretien de la part de leur propriétaire : « Ça ne veut pas dire que ces locaux-là sont vides parce que les loyers sont élevés, ça se peut que ces locaux-là soient encore vides parce qu’ils ne sont peut-être pas en état pour être loués et les gens ne voudraient pas s’embarquer là-dedans », constate ce dernier.

En contrepartie, le mauvais état de certains locaux a pour effet de diminuer le coût de location : « Je pense qu’on a un des buildings qui fait partie des plus vieux de toute la plaza, et qui est vraiment dans un mauvais état. Ce qui fait qu’on a un loyer en conséquence, on a un loyer qui n’est pas très cher par rapport à l’espace qu’on a », indique Thibault Bicchieray, propriétaire du magasin de vêtements Beurd.

Événements et animation sur rue

Mike Parente, directeur général de la SDC Plaza Saint-Hubert. (LinkedIn)

Bien que l’artère ne soit pas piétonnisée cette année, les nostalgiques du concept pourront se rabattre sur les deux ventes de trottoirs : la Plaza Palooza, du 10 au 13 juillet, et la Vente trottoir de la rentrée, du 21 au 24 août.

« On revient avec nos deux festivals comme les années passées, avec des ajouts », dit Mike Parente. « La Plaza Palooza va être encore plus grosse que l’an dernier, avec une série d’artistes sur la rue », poursuit-il.

Outre les événements, des bacs fleuris et des plantes comestibles continueront d’égayer la rue.
La SDC mise également sur une meilleure signalisation pour orienter les visiteurs : « On travaille sur de l’affichage directionnel pour montrer où sont les scènes, les stations de métro, les stationnements, les pistes cyclables », précise Parente.

Plaza post-travaux

La quasi-totalité des commerçants interrogés déplore la fin de la piétonnisation : « Ce n’est pas une question de chiffre d’affaires, mais d’ambiance. Il se passe des choses dans la rue », dit Thibault Bicchieray.

Même son de cloche du côté de Dominique Lajoie, propriétaire du studio Idolem Hot Yoga Chaud. Pour elle, la piétonnisation a permis aux gens de « découvrir plein de choses sur la Plaza qu’ils ne connaissaient pas ». Elle note aussi des efforts pour améliorer la visibilité des stationnements et mentionne l’ajout d’espaces de stationnement sur la rue Saint-André.

Massimo Vincelli, propriétaire de l’Épicerie Conserva, quant à lui, salue l’évolution de l’artère depuis les travaux de réfection : « La rue est encore plus belle qu’avant. Il y a plus de diversité dans l’offre : des studios, des commerces de quartier, c’est plus vivant », dit-il. Les travaux achevés en 2020 ont notamment permis de réaménager la chaussée, élargir les trottoirs et remplacer la marquise. Toutefois, M. Vincelli plaide pour plus de lumière et d’événements en soirée.

L’éclairage nocturne de la Plaza qualifié de « non  efficace » par Mike Parente est aussi un élément dans la mire de la SDC : « On a fait plusieurs demandes à la Ville. Ils nous disent que ça rencontre toujours les critères, mais on va se le dire, on n’est pas une rue résidentielle, on est une rue commerciale, où la vie est autant le matin quand le soleil est là qu’à deux heures du matin quand les gens quittent pour aller chez eux après une soirée au resto ou dans un bar », fait-t-il remarquer.

Photo tirée de la page Facebook de la SDC Plaza Saint-Hubert

De son côté, Chantal Parizeau, de la boutique Oui, je le veux…, note que les rénovations ont apporté « un look rajeuni » à la rue. Par contre, elle souhaiterait davantage de mobilier urbain en façade, tel que des bancs pour les clients.

Si les défis restent nombreux, les efforts engagés sur la Plaza Saint-Hubert pour préserver et renforcer la diversité commerciale témoignent d’une volonté affirmée d’agir concrètement pour les petits entrepreneurs. Entre événements festifs, amélioration des espaces et soutien à l’entrepreneuriat local, l’artère emblé­matique poursuit sa transformation avec optimisme.


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