
L’installation « Banc de travail” du projet Arborescences disposée dans la cour du pavillon Hubert-Aquin de l’UQAM (Courtoisie)
24 juin 2025PLAN DE RELANCE DU QUARTIER LATIN : UN NOUVEAU SOUFFLE POUR CE SECTEUR EMBLÉMATIQUE DE MONTRÉAL
L’UQAM a dévoilé en avril dernier un projet porteur pour l’avenir du Quartier latin. Intitulée Plan d’action institutionnel de la relance du Quartier latin 2025-2029, cette initiative a été élaborée à la suite de plus d’un an de consultations avec l’ensemble des parties prenantes. Le plan vise à raviver le Quartier latin en misant sur des activités qui renforcent les liens avec les différents membres de sa communauté, tout en réaffirmant son identité et son rôle de pôle dynamique « apprenant » situé au cœur de Montréal.

Priscilla Ananian, vice-rectrice associée à la Relance du Quartier latin (Courtoisie)
Lors de son entrée en fonction en janvier 2024, la vice-rectrice associée à la Relance du Quartier latin, Priscilla Ananian, s’est retrouvée face à un Quartier latin qui se remettait difficilement des effets de la pandémie, qui a notamment provoqué une importante baisse d’achalandage. Occupant une position centrale et desservi par la station de métro Berri-UQAM, l’une des plus achalandées de la métropole, ce quartier devrait naturellement s’imposer comme une destination, fait valoir Mme Ananian. « Généralement, dans les grandes villes, les quartiers qui sont centraux comme ça sont très prisés. Le Quartier latin a un passé riche, qui a peut-être été un peu oublié. C’est un secteur qui comprend de nombreuses institutions, plusieurs organismes communautaires et un patrimoine historique important », explique-t-elle.
Avec le Plan d’action institutionnel de la relance du Quartier latin 2025-2029, l’UQAM souhaitait exercer un rôle prépondérant dans cette relance, non seulement à l’égard de sa propre communauté, mais aussi envers la collectivité locale. Dans cette optique, l’Université a envisagé une approche pour redévelopper le Quartier latin. « Il y a eu le Programme particulier d’urbanisme (PPU) du pôle Quartier latin mis en place en 2013, et de belles choses ont été réalisées. Il faut poursuivre la mise en œuvre du PPU, dont tous les éléments n’ont pas pu aboutir, en raison en partie de la pandémie qui a un peu freiné l’élan », explique Mme Ananian.
Les divers enjeux de cohabitation présents dans le secteur, notamment entre les résidentes et résidents, les personnes en situation de vulnérabilité, la population étudiante et les commerçantes et commerçants, exigeaient également une réflexion concertée, explique la vice-rectrice associée à la Relance du Quartier latin. « L’UQAM, mais aussi les nombreuses institutions qui sont dans le quartier, se sont donc demandées comment collaborer ensemble pour s’attarder à ces différents défis », souligne-t-elle.
Trois objectifs et un quartier apprenant
Déployé sur une période de quatre ans, le plan d’action de relance de l’UQAM comprend 17 mesures structurantes, articulées autour de trois objectifs. Ces derniers s’inscrivent dans la vision d’un quartier apprenant . Ce concept s’appuie sur l’approche des villes apprenantes déployée par l’UNESCO.
« L’idée est d’apprendre et de diffuser ensuite ces apprentissages, ou bien de les partager à d’autres pour qu’ils les mettent en place. Cette posture nous permet aussi de favoriser des occasions d’apprentissage et de parvenir à anticiper des problématiques dans certaines situations, de manière à répondre en amont de façon plus agile », souligne la vice-rectrice associée.
Le Quartier latin a ainsi le potentiel de devenir le premier quartier apprenant au Canada. « Pour l’instant, il y a des villes apprenantes dans le réseau mondial, mais pas encore de quartier. Nous avons l’appui de la Commission canadienne pour l’UNESCO qui a soutenu cette démarche expérimentale dans un écosystème qui va apporter énormément de données différentes », explique Priscilla Ananian.
D’abord, le plan de relance a pour objectif de renouveler l’identité du Quartier latin, qui vit « une crise identitaire majeure » qui ne date pas d’hier, rappelle Priscilla Ananian. « Le Quartier latin a une identité plurielle et de multiples dimensions , à tel point qu’on a du mal à voir un fil conducteur qui relie tout ce qui s’y trouve », explique la vice-rectrice associée.
« Après avoir récolté l’avis des citoyennes et citoyens sur le quartier, il s’agira de définir ensemble une identité par rapport à la collaboration entre les différentes institutions, qu’elles proviennent des milieux culturel, éducatif, commercial, et les résidentes et résidents, les personnes qui travaillent dans le quartier et les organismes communautaires », poursuit-elle.
La mission consiste également à lier les diverses actions existantes, afin de mieux faire connaître ce qui se fait déjà, tant à l’UQAM que chez les autres partenaires du Quartier latin. Cette consolidation de l’identité plurielle du quartier s’exprime notamment par une ouverture du campus de l’UQAM sur son milieu. Le deuxième objectif du Plan d’action institutionnel de la relance du Quartier latin 2025-2029 vise donc à élargir et à rendre plus accessible à la communauté environnante l’offre d’activités et de services de l’UQAM.
« À titre d’exemple, on fera en sorte que certains espaces qui, aujourd’hui, sont dédiés à la communauté uqamienne, soient aussi ouverts au public. Il y aura également des activités de médiation sociale et culturelle qui seront accessibles à tous. »
Le projet de transformation de la bibliothèque centrale de l’UQAM, qui prévoit la création d’un espace citoyen ouvert et inclusif, s’inscrit dans cette initiative. « En ouvrant le rez-de-chaussée de la bibliothèque sur la rue Berri, on créera une plus grande accessibilité, à la fois physique et sociale, et une programmation orientée vers la collectivité externe. La bibliothèque deviendra ainsi un lieu d’échanges entre la population de l’UQAM et celle du quartier », indique Mme Ananian.
Finalement, le troisième objectif consiste à encourager la recherche-action et le partage des savoirs afin d’aborder les enjeux du Quartier latin, et aussi ceux plus largement répandus au Québec. Un observatoire, dirigé par un comité scientifique en collaboration avec les acteurs clés du secteur, est un autre projet envisagé pour suivre de près les initiatives déployées dans le cadre du plan d’action.
« Cet objectif est en lien avec cette vision du quartier apprenant, celle de devenir un laboratoire vivant. Par exemple, en documentant les interventions lorsqu’on met en place à l’intention des personnes en situation de vulnérabilité une halte-chaleur, ou fraîcheur, au sein de l’Université, cela permet d’évaluer le modèle et de le déployer dans plusieurs villes du Québec. On sait que l’itinérance n’est pas un enjeu qui touche uniquement les grands centres urbains », souligne Priscilla Ananian.
Arborescences : un parcours extérieur de rencontres et d’échange
Le projet Arborescences a été déployé dans le cadre de la relance du Quartier latin, en collaboration avec Bibliothèque et archives nationales du Québec (BAnQ) et la Société de développement commercial du Quartier latin (SDC Quartier latin). Ce projet pilote du Parcours signature Quartier latin s’inspire de l’arbre et de ses ramifications, explique Mme Ananian. « Le Quartier latin a des racines profondes sur les plans social, culturel, éducatif et communautaire. Nous avons envie que ces racines puissent se tisser, se mailler », explique-t-elle.
De la mi-juin à la mi-octobre, la programmation d’Arborescences animera le Quartier latin et s’adressera au grand public. Des installations éphémères, conçues par des étudiantes en design d’événements de l’UQAM, prendront place dans le quartier et favoriseront les rencontres. La première, intitulée “Banc de travail” est disposée dans la cour du pavillon Hubert-Aquin de l’UQAM.
« Financé par la Ville de Montréal, ce projet a été entièrement réalisé dans une démarche apprenante selon les principes que nous souhaitons appliquer à l’ensemble de nos actions. Il a été mené par les étudiantes sous la supervision de leurs enseignantes et enseignants qui ont travaillé ensemble avec la volonté de créer des dispositifs pour animer les espaces publics et les interfaces entre les pavillons », précise la vice-rectrice associée.
Le 7 juillet prochain, BAnQ lancera l’initiative « Le Houppier » sur le parvis de la Grande Bibliothèque avec un événement culturel imaginé en collaboration avec Montréal Complètement Cirque. Plus de 100 activités axées sur l’apprentissage viendront ponctuer la saison, grâce à la collaboration de BAnQ et de la Société de développement commercial du Quartier latin.
La vice-rectrice associée est confiante que le Plan d’action institutionnel de la relance du Quartier latin 2025-2029 et les initiatives en découlant porteront leurs fruits en permettant notamment la mise en place de nouvelles activités pour favoriser les rencontres entre des groupes qui, jusqu’à présent, se côtoyaient peu. « L’objectif est de créer des espaces de maillage entre différentes populations pour qu’elles s’approprient le quartier, par exemple entre la communauté étudiante du Cégep du Vieux Montréal et celle de l’UQAM, mais aussi avec des personnes en situation de vulnérabilité. Les ateliers et les activités permettront de renforcer l’inclusion et de mieux faire connaître les réalités de chacune et de chacun », conclut-elle.
Pour plus d’informations sur la démarche du projet, cliquez ici.










