
La place Boyer (Courtoisie de l’arrondissement de RPP/Louis-Étienne Doré)
2 juillet 2025LA PLACE BOYER DE RPP INAUGURÉE
L’inauguration de la place Boyer dans Rosemont–La Petite-Patrie (RPP) a eu lieu à la fin du mois de juin. Biodiversité ajoutée, accessibilité universelle, sécurisation d’une artère, intégration artistique, animation saisonnière : EST MÉDIA Montréal a voulu en savoir plus sur ce projet d’aménagement que l’administration municipale qualifie de « legs pour l’arrondissement ».

Le maire de RPP, François Limoges (Archives EMM)
Devenus en quelque sorte la signature de Projet Montréal, les parcs éponges se multiplient dans la métropole. Pensons au carré Augier ainsi qu’aux parcs des Gorilles et Rosemont. La place Boyer ne fait pas exception, étant aussi dotée d’un aménagement conçu pour recueillir et retenir les eaux de pluie. « Ce type d’infrastructure permet de gérer les précipitations extrêmes qui, autrefois rares, deviennent désormais fréquentes. Ces aménagements contribuent à réduire les risques d’inondation en absorbant de grandes quantités d’eau », explique François Limoges, maire de RPP.
La place intègre également une nouvelle saillie de trottoir sur la rue Boyer. Cette dernière permet de raccourcir les distances de traversée et de forcer les automobilistes à ralentir. En plus de ces bénéfices sécuritaires, cette zone est aussi conçue pour la rétention des eaux de pluie, nous indique-t-on.
Nature et universalité
La biodiversité se devait aussi d’être au cœur du projet pour les concepteurs de l’équipe de Turquoise Design. Sur place, c’est une vingtaine d’arbres et d’arbustes et 1450 végétaux qui ont été plantés, favorisant ainsi le retour d’un écosystème. Des insectes et des espèces animales pourraient ainsi retrouver un habitat sain en pleine ville. « Cette approche est cohérente avec d’autres projets de l’arrondissement qui misent sur la végétalisation pour enrichir la vie urbaine », ajoute M. Limoges.
Pensée pour être universellement accessible, la place Boyer comporte plusieurs mesures, sa conception s’étant faite en collaboration avec des consultants spécialisés. Par exemple, certaines chaises sont placées sur des dalles assez grandes pour accueillir plusieurs fauteuils roulants et les bancs ont été conçus pour favoriser l’inclusion.

La place Boyer avec la murale de MC Marquis (Courtoisie de l’arrondissement de RPP/Louis-Étienne Doré)
Objectif : convivialité
Bien qu’aucune consultation spécifique n’ait eu lieu pour la conception récente des plans de la place Boyer, le projet s’appuie sur dix ans de réflexions collectives et de retours citoyens sur des projets similaires, soutient le maire d’arrondissement. « Les grandes valeurs partagées – accessibilité, gestion de l’eau, convivialité – sont issues d’un dialogue continu entre l’arrondissement et les résidents », explique-t-il.

L’ancien espace (Courtoisie de l’arrondissement de RPP)
L’un des objectifs principaux de la Ville était donc de créer un espace convivial et vivant, et non plus froid et minéral comme il l’était auparavant. Les citoyens peuvent s’y asseoir, y pique-niquer, y prendre un café ou jouer aux échecs. Un kiosque alimentaire, avec un menu dit abordable aux saveurs latino-américaines et géré par l’organisme LatinArte, s’y trouve. « Ça amène une présence humaine constante et favorise l’usage spontané de l’espace », croit M. Limoges.
« Jusqu’en octobre, la place Boyer se transformera en un véritable carrefour interculturel grâce à un partenariat avec LatinArte. Du mercredi au dimanche, plusieurs activités culturelles gratuites y seront présentées, telles que des séances de mise en forme, des rencontres interculturelles, des 5 à 7 latinos et des ateliers créatifs pour toute la famille », indiquait le communiqué de presse qui annonçait l’inauguration de la place Boyer.
Une murale, réalisée par l’artiste MC Marquis et choisie en collaboration avec l’organisme MU, a également été intégrée au projet. L’œuvre se voulait aussi conviviale et chaleureuse. « L’objectif était de renforcer l’aspect accueillant et rassembleur du lieu », précise le maire de RPP. À noter que la murale a malheureusement été vandalisée, puis aussitôt repeinte par la Ville, qui en assurera l’entretien.
Le budget alloué au projet de la place Boyer était d’environ 3,9 M $. Il a été respecté intégralement, tout comme les délais de réalisation, a affirmé l’administration municipale.
Questionné au sujet d’une possible évaluation de la satisfaction et de l’impact environnemental du nouvel aménagement urbain, François Limoges soutient que l’appropriation citoyenne est déjà perceptible et que les retours d’expérience des initiatives semblables de Projet Montréal démontrent un effet positif global sur la rétention des eaux de pluie et la qualité de l’environnement. « Les citoyens, depuis quelques jours, sont déjà au rendez-vous, les réactions sont extrêmement positives. On voit que la place Boyer a déjà été adoptée et c’est pour nous une grande source de fierté », conclut le maire de RPP.







