Paul St-Pierre Plamondon (Courtoisie)

Paul St-Pierre Plamondon veut d’un Est en sécurité

Le chef du Parti Québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, promet de faire de la sécurité une priorité de son gouvernement s’il venait à être élu aux prochaines élections provinciales, en octobre 2026. Celui-ci veut notamment s’attaquer à l’enjeu de la crise des opioïdes chez les jeunes.

« Un gouvernement du Parti Québécois aura comme priorité la sécurité des citoyens dans l’est de Montréal. C’est un sujet important dont on n’a pas entendu beaucoup parler durant la campagne électorale municipale », constate celui qui est député de la circonscription de Camille-Laurin.

Ce dernier affirme qu’il est essentiel de retourner aux bases : « À Montréal, peu importe à quelle heure et où on se promène, on doit être en sécurité. Ç’a toujours été une source de différenciation positive de Montréal en Amérique du Nord, et c’est fondamental que l’on conserve cela », insiste-t-il. Le chef du PQ craint que la métropole et ses quartiers à l’est ne glissent dans une crise similaire à celle de Vancouver. Il redoute ainsi qu’on perde le contrôle et que le visage de la ville soit substantiellement changé.

S’il est élu au pouvoir, il s’attaquerait à la crise des opioïdes, en proposant comme solution concrète un resserrement des prescriptions et de l’approche médicale pour aider les gens à sortir de la dépendance. Sa stratégie commencerait par protéger les jeunes, « parce qu’ils sont particulièrement à risque ».

« On agirait en prévention auprès des jeunes, notamment avec les écoles et les CLSC, qui doivent collaborer plus étroitement, explique M. St-Pierre Plamondon. Il faut combiner les CLSC, les organismes communautaires et le travail dans les écoles. Tout ce qui est prévention des opioïdes et du crime organisé, qui fait du « grooming » dès l’âge de 12-13 ans, on doit faire la prévention lorsqu’ils sont jeunes et plus influençables. »

En effet, selon des données rapportées par le PQ, entre avril 2024 et mars 2025, on a dénombré au Québec 638 décès liés à une intoxication suspectée aux opioïdes ou à d’autres drogues, et de ce nombre, 72 étaient des personnes de moins de 29 ans. Il s’agit d’une augmentation de 26 % depuis 2019.

Le PQ a déposé le 28 septembre dernier devant l’Assemblée nationale une pétition pour mettre en place des mesures afin de contrer les risques liés à la consommation de drogues chez les jeunes. Celle-ci propose la création d’un « observatoire des drogues, des tendances et des conduites addictives chez les citoyens et citoyennes du Québec » et l’instauration d’un « programme global et obligatoire de prévention des usages à risque, des conséquences négatives et des addictions, ainsi que d’éducation à la santé tout au long du cursus scolaire ».

En outre, le PQ demande l’augmentation significative des ressources dédiées à la santé mentale des jeunes, incluant la présence systématique d’intervenants spécialisés et le renforcement des mesures de soutien aux familles, pour outiller les parents face à la consommation ou la dépendance de leur enfant.

Enfin, le document exige la création d’un plan d’action spécifique pour la prévention des usages à risque, des conséquences négatives et des dépendances chez les jeunes, impliquant une collaboration entre les écoles, les services de santé et les organismes communautaires.

Au moment d’écrire ces lignes, la pétition ouverte jusqu’au 24 novembre avait recueilli 1 582 signatures.

Plus d’effectifs policiers et d’argent pour le communautaire

Le chef du PQ croit que face à la hausse de l’itinérance à Montréal et des actes de violence rapportés dans l’Est, il est nécessaire d’augmenter les effectifs policiers sur le territoire et d’accroître le financement aux organismes communautaires.

« Il y a eu des coups de feu dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve en janvier dernier, des agressions à coups de couteau en plein jour, plusieurs actes violents », s’alarme M. St-Pierre Plamondon.

Devant ces phénomènes, celui-ci s’engage à rehausser les effectifs policiers et le financement du communautaire « pour être certain que le crime organisé – surtout auprès des jeunes – ne s’installe pas dans certains quartiers ».

« La ligne directrice du Parti Québécois, c’est qu’on ne comprend pas pourquoi on laisse filer un des piliers de la vie à Montréal [la sécurité] et du bien-être des gens de l’Est. Se donner les ressources pour être certain d’être en sécurité, c’est à la base de la pyramide de Maslow : loger le monde, se nourrir et être en sécurité », ajoute le chef du PQ.

Ce dernier rappelle que son parti prône le financement du communautaire à la mission depuis maintenant cinq ans. Il s’agit d’une question épineuse pour plusieurs organismes de l’Est, qui doivent souvent faire plusieurs soumissions pour recevoir de l’argent du gouvernement chaque fois qu’ils souhaitent mettre en place une initiative. Du financement à la mission assurerait une pérennisation de plusieurs organismes sur le territoire.

« On va prioriser les groupes communautaires qui offrent des services directs à la population par rapport aux besoins de sécurité et de logement », assure M. St-Pierre Plamondon.

En outre, celui-ci souhaite rehausser la sécurité, bonifier les équipes d’intervention dans les stations de métro et remettre sur pied l’équipe de concertation communautaire du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), « dont le financement a été aboli par la CAQ ».

Plus de logements pour moins d’itinérance

En dernier lieu, la question de la cohabitation entre les résidents de l’Est et les personnes en situation d’itinérance qui a fait couler beaucoup d’encre durant la campagne électorale municipale demeurera épineuse « tant que l’itinérance est un phénomène qui va aller en progressant », avance le chef du PQ.

Il faut ainsi rendre disponibles assez de logements pour les besoins de la population actuelle du Québec si l’on veut se sortir de la crise de l’itinérance, croit ce dernier.

« Ce n’est pas sorcier, il y a deux variables : on peut jouer sur l’offre de logements, avec la construction de logement social, et réduire les seuils d’immigration, de manière à ce que le nombre de logements ne soit pas gravement en retard sur le nombre de nouvelles personnes sur le territoire québécois par année », souligne-t-il.

Ce dernier soulève en exemple le nombre de nouvelles personnes accueillies sur tout le territoire du Québec en 2023, qui s’élevait à 230 000. De l’autre côté de l’équation, seuls 30 000 logements avaient été construits durant la même période.

« L’effet concret, c’est le débalancement de l’offre et de la demande ainsi que la hausse des loyers et des prix », conclut le chef du PQ.


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