
L’équipe de bénévoles d’Action Secours Vie d’Espoir avec au centre son directeur général Peter Batos (courtoisie ASVE)
1 septembre 2026L’Opération Sac à Dos : favoriser la persévérance scolaire dans un esprit festif
Depuis 2002, l’Opération Sac à Dos (OSAD), créée par le Regroupement Partage, permet à des élèves issus de familles vulnérables économiquement d’obtenir des fournitures scolaires et des boîtes à lunch pour débuter leur rentrée.
Parmi les organismes impliqués pour desservir une partie du territoire de l’est de Montréal, on retrouve Action Secours Vie d’Espoir (ASVE). La collecte des sacs d’école a eu lieu le 22 août dernier derrière le Centre communautaire Roussin à Pointe-aux-Trembles.
Une campagne de cette envergure se prépare des mois à l’avance. Selon Peter Batos, directeur général d’ASVE, les inscriptions pour l’OSAD débutent en avril. Par contre, les divers comités impliqués commencent à organiser l’événement dès la mi-octobre de l’année précédente.

Peter Batos, directeur général d’ASVE (courtoisie)
L’ASVE évalue les demandes des familles en fonction de leurs besoins. Notamment dans le cas des familles monoparentales ou des familles avec les deux parents présents à la maison. Le nombre d’enfants constitue bien sûr une variable à considérer dans la répartition des sacs à dos. « Les parents intéressés fournissent une preuve de revenus et une preuve de résidence par secteur », précise M. Batos.
Pour bonifier l’offre, ASVE a fait appel cette année à des commandites et de nouveaux partenaires. La Fondation de la Pointe-de-l’Île pour la persévérance scolaire fait partie des institutions venues prêter main-forte. Pour Dimitri Tsingakis, le président du CA de la Fondation, la mission de l’OSAD s’arrime avec celle de son organisation. « Le rôle de la Fondation, c’est de soutenir et promouvoir la persévérance scolaire au sein des élèves du Centre de services scolaires de la Pointe-de-l’île », souligne-t-il.
L’évolution des besoins dans l’est de Montréal

Dimitri Tsingakis, président de la Fondation Pointe-de-l’île pour la persévérance scolaire (photo : EMM)
En près de 25 ans, le programme a dû s’ajuster à de nouvelles réalités dans la population. Peter Batos considère qu’il y a encore « beaucoup de besoins dans l’est de Montréal. » Pour sa part, M. Tsingakis remarque les bienfaits de ce type d’initiative au fil des ans. «À une certaine époque, le taux de diplomation dans l’est de Montréal, en particulier au Centre de services scolaires, était autour de 55%. Aujourd’hui il est au-delà de 85%. »
Il reconnaît toutefois que les besoins ont évolué. « Aujourd’hui, c’est une population davantage issue de l’immigration qui arrive avec d’autres besoins, d’autres réalités. Il faut trouver une façon de les aider à s’intégrer dans la communauté. » Abondant dans le même sens, M. Batos rappelle que l’organisme communautaire Accueil aux immigrants de l’est de Montréal demeure l’un des plus gros partenaires année après année. « Ils nous ont ramené la majorité des inscriptions. »
Conséquences de l’inflation
La situation économique des familles de l’est de Montréal a bien sûr été grandement touchée par l’inflation des dernières années. « Les enjeux financiers sont beaucoup plus importants », mentionne M. Tsingakis. Même que la Fondation à décidé de mettre en place un programme de partenariat avec les écoles afin de pouvoir leur remettre un montant d’argent qu’elles peuvent utiliser à leur discrétion. « C’est autour de 4 000 dollars à chaque école à utiliser pour des fins ponctuelles de besoins financiers de certains élèves. »
Ainsi, l’école peut venir en aide à des élèves pour l’achat d’items divers comme des vêtements ou une carte d’autobus. Le tout dans le but de renforcer la persévérance scolaire. « C’est un apport complémentaire pour s’assurer que ces élèves-là se concentrent dans leurs études plutôt que de se demander comment ils vont se nourrir, comment ils vont s’habiller. »
M. Batos croit même que l’inflation a redéfini le profil des citoyens qui vont demander de l’aide. « La face de la pauvreté a changé. On a des mamans monoparentales qui ont un travail, des parents qui ont un travail tous les deux mais qui n’arrivent pas. » En plus de la hausse généralisée de prix, l’augmentation du taux hypothécaire a changé la donne dans la façon de gérer les demandes. « Il a fallu revoir nos critères d’admissibilité. C’est maintenant du cas par cas. »
Un événement festif avant tout
Depuis l’an dernier, ASVE présente l’OSAD sous un jour plus convivial en proposant des activités au moment de la collecte des fournitures scolaires. À l’arrière du Centre communautaire Roussin, les visiteurs peuvent profiter des jeux gonflables, des jeux d’adresse et des consommations offertes gratuitement. Pour les organisateurs, cet esprit de fête permet aux familles de profiter de la journée sans avoir l’impression d’être tenu à l’écart à cause de leur situation financière. « Le but c’est d’enlever la stigmatisation de la pauvreté », explique M. Batos.
Cet aspect festif, selon M. Tsingakis, permet aux élèves venus se doter de leurs fournitures scolaires « de se sentir intégré, de faire partie de la communauté. Ça améliore leur intégration dans la société. »












