(Charline Caro/EMM)

Rosemont : une distribution de paniers de Noël pour rassembler la communauté

Près de 180 paniers alimentaires ont été distribués mardi dernier à des familles à faibles revenus et résidant dans Rosemont-La Petite-Patrie, pour les soutenir dans un contexte d’insécurité alimentaire grandissant et leur permettre de célébrer le temps des Fêtes autour d’une belle tablée.

Le gymnase du Centre communautaire Petite-Côte s’est transformé mardi en grande salle de distribution alimentaire, pour accueillir Mon panier de Noël à Rosemont. L’évènement, organisé par l’organisme de l’Oasis des enfants de Rosemont, a offert des denrées alimentaires à 675 résidents de l’arrondissement, dont deux tiers d’enfants.

Plus de 5 000 denrées étaient disposées sur des tables, qui formaient un parcours d’une vingtaine de mètres. Une grande variété de produits était disponible, dont des aliments secs, des boîtes de conserve, des boissons, des fruits et légumes, des produits d’hygiène et d’entretien, ainsi que des jouets et des bonbons.

Combler les besoins pendant les Fêtes

Cette initiative est née après que le magasin-partage de Noël de Rosemont, qui profitait à plus de 400 familles, a fermé en 2024. « On a décidé de reprendre cette activité-là pour continuer à desservir les familles dans le temps des Fêtes », rapporte Geneviève Bouchard, coordonnatrice à l’Oasis des enfants de Rosemont, qui chapeaute l’évènement pour la deuxième année consécutive.

(Charline Caro/EMM)

Le maintien d’une aide sociale et alimentaire à Noël est important, note la coordonnatrice, alors que « les injonctions à consommer sont très fortes en cette période ». « Quand t’as pas le sou, t’es jamais aussi cruellement en difficulté qu’à Noël », souligne-t-elle.

L’organisme a réuni dix partenaires communautaires, une vingtaine de partenaires de guignolée et plusieurs partenaires financiers pour mettre en place cette distribution et permettre aux familles de repartir avec un charriot entier de provisions.

Pour bénéficier du service, les personnes devaient avoir au moins un enfant, habiter Rosemont et avoir un faible revenu familial. Les inscriptions ont affiché complet en quelques jours, et une liste d’attente a dû être créée.

Rassembler la communauté

« Notre objectif, ce n’est pas seulement de donner des paniers alimentaires, c’est aussi de fédérer notre communauté autour d’un projet qui est porteur », présente Mme Bouchard.

La distribution a mobilisé de nombreux acteurs de l’arrondissement, à commencer par des citoyens, qui étaient plus de 200 à participer bénévolement à l’évènement.

Les écoliers ont aussi mis la main à la pâte, en confectionnant des bonbonnières, des cartes de vœux et des décorations pour les bénéficiaires. Les enseignants et les parents, quant à eux, ont récolté des denrées dans les écoles.

(Charline Caro/EMM)

« On veut rassembler et sensibiliser la communauté autour de la question de l’insécurité alimentaire », défend Mme Bouchard. L’organisme profite également des « forces vives » disponibles pendant les Fêtes et des « nombreuses personnes qui ont envie de redonner et de partager l’abondance dans laquelle elles vivent », explique la coordonnatrice.

Parmi les bénévoles présents mardi se trouvaient des groupes d’amis, des personnes retraitées ou encore des collègues de travail. Amani et Clotilde travaillent à Ubisoft, dans le Mile End, et étaient encouragées par leur entreprise à effectuer du bénévolat avant les Fêtes.

Joanne et Julie sont quant à elles retraitées et effectuent régulièrement du bénévolat dans la ville. S’investir de la sorte leur permet de « rencontrer du monde et d’aider ceux qui sont plus démunis qu’[elles] ».

Le député fédéral de l’arrondissement, Alexandre Boulerice, est aussi venu donner un coup de main, avec son adjointe, Julie Granger.

Convivialité et dignité

L’Oasis des enfants de Rosemont tenait à ce que la distribution soit conviviale et festive. Les bénéficiaires étaient accueillis dans une salle d’attente avec musique, jeux pour enfants et chocolat chaud, avant d’être accompagnés dans la salle de distribution par un bénévole attitré.

« D’habitude, on attend dehors, on rentre, on récupère et on ressort », rapporte Farida, une bénévole, à propos d’autres distributions alimentaires. Elle relate que les usagers de mardi ont apprécié l’ambiance plus humaine.

« C’est notre façon à nous de maintenir la dignité des personnes », explique Mme Bouchard, qui tient également à ce que les bénéficiaires puissent choisir eux-mêmes leurs denrées et que ces dernières soient fraîches

Une insécurité alimentaire croissante

L’insécurité alimentaire croît d’année en année au Québec, alors que le coût des aliments est 27 % plus élevé qu’il y a 5 ans, selon le Rapport canadien sur les prix alimentaires. À Montréal, ce sont plus d’un million de demandes d’aide alimentaire qui sont comblées chaque mois par les organismes, observe Moisson Montréal.

Dans Rosemont, « les banques alimentaires débordent », rapporte Mme Bouchard, qui estime que 3 000 ménages se rendent à des distributions chaque semaine.

Marilyn et Mélanie, deux mères de famille venues récupérer leur panier de Noël, déplorent la forte inflation des produits d’épicerie, « surtout la viande et les affaires pour les enfants ». Elles expliquent se rendre dans « plein de banques alimentaires » de l’arrondissement pour combler leurs besoins et ceux de leurs enfants respectifs.

« La discussion sur l’insécurité alimentaire doit avoir lieu toute l’année », plaide en terminant Mme Bouchard, qui souligne l’importance à la fois des distributions ponctuelles et régulières.