
Le terrain vacant est situé au coin des rues Liébert et Notre-Dame Est (Stéphane Plante / EMM)
3 août 2026Une nouvelle maison d’hébergement pour ex-détenus près du parc Promenade-Bellerive
La Société John Howard fera construire cet automne une maison d’hébergement pour ex-détenus sur le terrain vacant situé au coin des rues Notre-Dame Est et Liébert dans Tétreaultville devant le parc de la Promenade-Bellerive.
C’est le développeur immobilier Bâtir son quartier qui coordonne la réalisation du projet. Le futur bâtiment de trois étages contiendra dix-huit logements.
M. Jean Claude Bernheim, président du Conseil d’administration de la Société John Howard du Québec, nous informe par courriel que le projet remonte à 2023 et qu’il répond à « un besoin de soutien et de stabilité pour les personnes qui ont complété leur peine ou leurs obligations envers la justice et qui cherchent à se réintégrer durablement. »
Le futur bâtiment ne peut être qualifié de maison de transition mais plutôt de maison d’hébergement. Le développeur immobilier précise qu’une maison d’hébergement accueille « des personnes qui ont complété leur période d’incarcération ou qui ont rempli toutes leurs obligations envers le système judiciaire. »
Aussi, les résidents de la future maison devront effectuer une demande d’hébergement sur une base volontaire alors que les maisons de transition « accueillent des personnes en libération conditionnelle pour lesquelles la loi exige qu’elles soient dans ce type d’hébergement. »
Selon le conseiller de Ville pour Tétreaultville Julien Hénault-Ratelle, la société John Howard avait approché la précédente administration au cours du mandat municipal précédent. Toutefois, l’administration de Soraya Martinez Ferrada n’a été avisée qu’au début 2026 par la Société John Howard dans le but de relancer le projet.

Julien Hénault-Ratelle, conseiller de la Ville dans MHM (Ville de Montréal)
« L’ancien maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (Pierre Lessard Blais) ne m’avait pas avisé du projet malgré le fait que ça allait se produire dans mon district. On s’est un peu retrouvés devant le fait accompli », déplore-t-il.
Enjeux de cohabitation avec le voisinage
M. Hénault-Ratelle comprend les inquiétudes de certains résidents du quartier au sujet de la cohabitation avec les futurs occupants de la maison d’hébergement. Certains citoyens se demandent même si le terrain au coin de Liébert et Notre-Dame est le bon choix pour un tel type d’aménagement. « Moi-même qui suis résident dans le secteur, c’était une préoccupation que j’avais au départ », admet le conseiller.
M. Bernheim affirme que « ce terrain était laissé à l’abandon et devenait un lieu d’insécurité pour le voisinage, notamment en raison de la présence récurrente de squatteurs. En y construisant un immeuble résidentiel neuf, encadré et entretenu, nous transformons un espace problématique en un milieu de vie structuré. »
D’autant plus que, toujours selon M. Bernheim, l’emplacement s’avère stratégique pour la mission de la Société John Howard. « Pour réussir sa réinsertion sociale et professionnelle, il faut avoir les services à portée de main. Ce site est à proximité immédiate d’épiceries, de pharmacies, et il est bien desservi par le réseau de transport en commun, notamment par les lignes d’autobus et le métro. »
Des engagements exigés par l’arrondissement
Dans le but de rassurer les citoyens du quartier, l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve a négocié des engagements que doit respecter la Société John Howard dans la sélection des futurs résidents de la maison d’hébergement.
« On a fait interdire toute personne qui avait un passé judiciaire en lien avec des délits de nature sexuelle, toute personne qui avait des antécédents de violence envers les enfants, toute personne qui n’est pas à un niveau d’autonomie suffisant en termes de toxicomanie et de santé mentale », énumère M. Hénault-Ratelle.
Jean-Claude Bernheim nous assure que la Société John Howard entend bien respecter ces exigences en appliquant des « critères de sélection et d’admissibilité extrêmement stricts » pour les futurs occupants de la maison.
Bien informer les citoyens
Alors que les travaux doivent débuter au courant de l’automne, M. Hénault-Ratelle s’attend à « une meilleure communication de la part de l’organisme » pour la suite des choses.
Au cours des prochaines semaines, la Société John Howard prévoit d’ailleurs « rencontrer les voisins, les commerçants et les institutions du quartier afin de présenter le projet, expliquer sa mission et répondre à leurs questions et préoccupations », annonce M. Bernheim.
Selon lui, le chantier à prévoir entraînera moins de désagréments pour le voisinage. « Il s’agit d’un projet en construction préfabriquée : cela signifie que le chantier sera beaucoup plus rapide et moins dérangeant qu’une construction traditionnelle. »
La fin des travaux est prévue pour le printemps 2027.







