(EMM/Marie-Hélène Chartrand)

Un nouvel espace vert en gestation près du Champ des Possibles

L’arrondissement du Plateau-Mont-Royal (PMR) s’apprête à acquérir un terrain situé à l’ouest de l’avenue Maguire et au sud-ouest de l’avenue Henri-Julien pour y créer un espace vert naturel dans la continuité du Champ des Possibles.

Le site en question est enclavé entre les immeubles à vocation commerciale du 5445-5455, rue de Gaspé, propriété d’Allied Properties, et ceux à vocation résidentielle avoisinants.

« On est à la ligne d’arrivée. C’est presque fait », affirme Olivier Joncas-Hébert, chef de la division de l’aménagement écologique du paysage de l’arrondissement, au sujet de l’acquisition du terrain.

(Courtoisie PMR/Google Maps)

« Les promoteurs immobiliers nous cèdent des parties de terrain parce que c’est des projets qui sont dérogatoires à la réglementation. Ils y trouvent leur compte parce qu’ils se font aménager un terrain à coût nul », explique-t-il.

Le projet prévoit convertir le site en parc linéaire avec des allées piétonnes végétalisées. Des arbres et arbustes seront plantés et des graines seront ensemencées. Le projet comprend également l’installation de mobilier urbain — tables, bancs, éclairage — ainsi que la création de fosses de biorétention pour favoriser la gestion des eaux de pluie. Le projet vise à laisser la nature suivre son cours avec un aménagement permettant à terme de limiter les interventions humaines.

Olivier Joncas-Hébert, chef de la division de l’aménagement écologique du paysage du Plateau-Mont-Royal (LinkedIn)

« Notre vision, c’est vraiment la prolongation du Champ des Possibles », affirme M. Joncas-Hébert.

« Il ne faut pas s’attendre à un  aménagement paysager classique avec des plantes annuelles qui nécessitent un entretien minutieux, ce ne sera pas ça », précise-t-il.

En ce sens, aucune installation majeure comme des modules de jeux n’est prévue. Les besoins des enfants ne sont toutefois pas laissés pour compte. « On va en profiter dans la même année pour complètement refaire les modules de jeux du parc du Carmel qui est juste à côté, sur Henri-Julien », mentionne le responsable de l’aménagement.

Un site au passé ferroviaire et industriel

Historiquement, le site faisait partie d’un vaste ensemble ferroviaire et industriel aujourd’hui disparu. « Les terrains étaient zonés industriels. Auparavant, c’était une cour de triage. Il y avait des voies ferrées qui allaient du Champ des Possibles jusqu’à cet endroit-là », rappelle M. Joncas-Hébert.

Les infrastructures ferroviaires ont commencé à être démantelées à partir des années 1970, laissant place à des activités industrielles qui ont, elles aussi, cessé graduellement leurs opérations. Au tournant des années 2010 à 2015, plusieurs bâtiments ont été démolis et les terrains sont demeurés vacants. Ils ont ensuite été acquis par des promoteurs immobiliers, mais leur développement résidentiel était conditionnel à des dérogations.

« Vu qu’ils étaient dérogatoires, on a pu négocier des solutions pour en faire des espaces naturels », indique le responsable de l’aménagement écologique du PMR.

Une décontamination nécessaire

Bien que le projet d’espace vert en cours d’élaboration s’inspire du Champ des Possibles, des différences notables distinguent les deux sites. Contrairement au Champ des Possibles, dont le sol n’a jamais été décontaminé, le nouvel espace vert fera l’objet d’une décontamination préalable afin de permettre son aménagement.

« Le principe des terrains contaminés, c’est que dès qu’on intervient dessus, il faut les décontaminer. C’est une exigence gouvernementale », explique M. Joncas-Hébert.

Ce dernier poursuit en précisant que les interventions possibles sans altérer le milieu naturel existant sur le terrain du Champ des Possibles sont limitées en raison de la présence de nombreux arbres matures. « Quand on décontamine, si on simplifie, c’est une pépine qui creuse et qui enlève la terre.  Ce qu’on essaie de faire, c’est de ne pas raser tous les arbres pour décontaminer », dit-il.

Une fois aménagé, l’espace sera géré directement par l’arrondissement, contrairement au Champ des Possibles qui est cogéré par l’organisme à but non lucratif Les Amis du Champ des Possibles et l’administration municipale locale.

Enfin, l’arrondissement en est actuellement à l’étape de réaliser l’expertise environnementale et de créer les plans d’aménagement. Une consultation publique sera lancée au printemps 2026 et les travaux sont prévus pour le printemps 2028.