
(Courtoisie / Collectif des organismes communautaires du Sud de Saint-Léonard)
13 mai 2026Un nouveau pôle communautaire prend racine au cœur de Saint‑Léonard
Après y avoir rêvé longtemps, même très longtemps, le Collectif des organismes communautaires du Sud de Saint-Léonard aura dorénavant un domicile fixe dont il est propriétaire. L’acquisition d’un immeuble de six étages situé au 5365, rue Jean-Talon Est, a permis la création du Pôle communautaire du Sud de Saint-Léonard, lancé officiellement le 11 mai dernier en présence de partenaires communautaires, économiques et politiques.
Le Collectif regroupe trois organismes aux missions complémentaires : l’Accueil aux immigrants de l’Est de Montréal (AIEM), qui offre des services d’établissement et de francisation, Horizon-Carrière, spécialisé en employabilité et en intégration socioprofessionnelle, et la Maison de la famille de Saint-Léonard, qui soutient les parents et les enfants. « On est vraiment un écosystème autour des citoyens qui ont des besoins, et on n’est pas en compétition — au contraire, nous sommes complémentaires », explique Lina Raffoul, directrice générale d’Horizon-Carrière et porte-parole du Collectif.
Un quartier en pleine transformation
Le projet arrive à un moment où le secteur connaît une croissance démographique importante, notamment en raison de l’arrivée de trois stations de métro de la ligne bleue. Pour Filomena Rotiroti, députée de Jeanne-Mance–Viger, cette réalité rend le projet encore plus pertinent. Elle suit le dossier depuis plusieurs années et dit constater l’évolution rapide du territoire. « Le comté change énormément. Avec la ligne bleue, les gens vont circuler plus facilement et les besoins vont augmenter. Ce pôle, c’est une façon de regrouper les services pour mieux répondre à la population », dit-elle.

Plusieurs partenaires et dignitaires étaient présents au lancement officiel du Pôle communautaire du Sud de Saint-Léonard. De gauche à droite : Patricia Rossi, vice-présidente de la Fondation Lucie et André Chagnon, Édith Cyr, directrice générale de Bâtir son quartier, Pietro Bozzo, directeur de la Maison de la famille de Saint-Léonard, Karine Boivin-Roy, ministre responsable de l’Habitation et députée d’Anjou-Louis-Riel, Chantal Rouleau, ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal et députée de Pointe-aux-Trembles, Roberto Labarca, directeur général de l’AIEM, Lina Raffoul, directrice générale d’Horizon-Carrière, Michel Gamelin, directeur général de la Caisse Desjardins du Centre-Est de Montréal et Filomena Rotiroti, députée de Jeanne-Mance–Viger. (Photo : EMM / Marie-Hélène Chartrand)
L’inauguration du pôle est le résultat d’un parcours de longue haleine: « La première fois qu’on s’est dit: » il faut absolument qu’on ait un local qui unit le communautaire et qui appartient au communautaire », ça fait 20 ans », confie Mme Raffoul. Elle se souvient des nombreuses tentatives avortées, freinées par la rareté des locaux disponibles dans Saint‑Léonard et par la spéculation immobilière exacerbée par l’arrivée éventuelle des stations de la ligne bleue. « Il y a beaucoup de bâtisses qui restent un peu en veilleuse, en attendant que l’augmentation du coût se produise », constate la directrice d’Horizon-Carrière. « Notre capacité à nous de compétitionner n’est pas nécessairement la même », ajoute-t-elle, en référence aux grands groupes immobiliers qui accaparent une part importante des espaces disponibles dans l’arrondissement. C’est finalement en 2024 que l’immeuble du 5365 Jean-Talon Est a été mis en vente et que l’offre du Collectif a été acceptée.
Un financement déterminant, mais encore incomplet
Le montage financier ayant permis l’acquisition du bâtiment repose sur plusieurs partenaires. Jusqu’à maintenant, près de 6,87 M$ ont été amassés. Le gouvernement du Québec a contribué par l’entremise de la Mesure d’aide financière pour la revitalisation de l’Est de Montréal, la Fondation Lucie et André Chagnon a versé 2 M$, et la Caisse Desjardins du Centre‑est de Montréal a accordé un financement de 3 M$.
Patricia Rossi, vice‑présidente de la Fondation Chagnon, explique que le caractère collectif du projet a été déterminant dans l’octroi du soutien financier. « Pour nous, il faut que les projets soient ancrés dans leur milieu et portés par plusieurs acteurs. On finance des collectifs, pas des organismes seuls. La collaboration est essentielle pour répondre à des enjeux sociaux complexes », indique-t-elle.
Même si l’achat est maintenant assuré, une seconde étape financière s’amorce : la recherche de fonds pour aménager les locaux. En ce sens, le Collectif attend des réponses de l’Initiative immobilière communautaire du Grand Montréal, d’Investissement Québec et des Fonds du Grand Mouvement de Desjardins à la suite de demandes d’aide financière.
Une installation progressive
L’emménagement des trois organismes propriétaires des lieux se fera de façon graduelle. Interrogée à ce sujet, Lina Raffoul estime que leur installation pourrait être complétée d’ici environ un an. « Mon souhait à moi, ce serait de pouvoir emménager demain matin! », s’exclame‑t‑elle, mais elle reconnaît que plusieurs étapes doivent encore être franchies avant que les trois organisations puissent occuper pleinement leurs nouveaux locaux. Elle précise que certains services pourraient s’installer plus tôt dans les espaces déjà disponibles, tandis que d’autres devront attendre que les travaux d’aménagement soient réalisés et que le financement nécessaire soit confirmé.
À long terme, le Collectif souhaite offrir un toit au plus grand nombre d’organismes communautaires possible. Toutefois, les six étages de l’immeuble ne sont pas entièrement disponibles étant donné la présence de nombreux locataires. On retrouve notamment une pharmacie et un café au rez‑de‑chaussée, et la société financière Manuvie occupe la totalité du cinquième étage de l’immeuble. Le rythme d’accueil de nouveaux organismes issus du milieu communautaire sera donc en partie dicté par les départs éventuels des locataires actuels.
Néanmoins, plusieurs locaux sont d’ores et déjà disponibles: quatre étages sont inoccupés en grande partie ou en totalité dont le sixième étage destiné à être un espace collaboratif. L’espace sera disponible pour l’ensemble des groupes du quartier, renforçant ainsi la vocation de partage du bâtiment.
Pour suivre l’évolution du projet : polecommunautaire.org






