
(Charline Caro/EMM)
9 Décembre 2025Un bar sportif féminin ouvre ses portes dans Hochelaga
Situé sur la rue Ontario Est, le Nadia est un bar entièrement consacré à la diffusion du sport féminin à Montréal. Il entend réunir les nombreux amateurs et amatrices de sports féminins en manque d’espaces de diffusion.
Le concept est né d’un constat, celui de l’absence de lieux garantissant un accès constant au sport féminin à Montréal. « Quand il y a une game des Canadiens, on ne se pose pas la question d’où aller », soulève sa cofondatrice Catherine D. Lapointe. Pour suivre un match de la Victoire de Montréal, l’équipe féminine de hockey de la ville, la tâche est toutefois plus ardue.
Et quand l’idée leur est venue, celle de créer un bar sportif féminin, beaucoup de gens autour d’elles se sont étonnés qu’un tel lieu n’existe pas déjà à Montréal, rapporte l’autre cofondatrice, Caroline Côté. « Ça avait beau être une évidence, jamais personne ne l’avait fait. »
Le sport féminin reste encore trop souvent marginalisé et invisibilisé, dans les bars sportifs comme dans les médias, selon les cofondatrices. Le Nadia vise ainsi à « combler le vide » en lui offrant enfin une vitrine.
Une forte demande
Le Nadia a officiellement ouvert ses portes la fin de semaine dernière, après une année à promener un projet pilote dans différents commerces et bars de la ville, soit le temps de confirmer la forte demande pour le sport féminin et de bâtir une communauté.
« Il y a énormément de gens qui regardent le sport féminin », oppose Caroline Côté à l’idée souvent véhiculée que personne ne s’y intéresse. « Mais c’est sûr que si l’offre n’est pas disponible, on ne peut pas la consommer », expose-t-elle.
Dimanche dernier, soit le troisième jour de l’ouverture du bar, la salle était comble pour le match de hockey qui opposait la Victoire de Montréal aux Sceptres de Toronto. Une bonne partie des clientes était munie du chandail rouge de l’équipe montréalaise et réagissait avec ferveur aux faits de jeu.
« C’est clair que je vais tout le temps être rendue ici », s’enthousiasme Valérie, une cliente attablée au comptoir. N’ayant pas de télé, cette trentenaire avait beaucoup de difficulté à trouver des lieux où suivre ses équipes préférées, jusqu’à ce que le Nadia ouvre.

(Charline Caro/EMM)
Du sport féminin sept jours sur sept
Avec ses deux télés et son projecteur, le Nadia veut diffuser du sport féminin sept jours sur sept. Il y aura bien sûr les nouvelles ligues nord-américaines de hockey et de soccer, mais aussi les compétitions de basketball, de handball et de baseball. Sans oublier les Jeux olympiques d’hiver, en février prochain.
« Il y a tellement de choses », s’étonne encore Catherine D. Lapointe, qui n’aura pas de mal à combler sa grille horaire avec l’offre de sports féminins disponible.
Un bar sportif inclusif
La clientèle visée par le Nadia se veut plus large que celle des bars sportifs traditionnels. Les novices du sport et les familles avec enfants sont les bienvenus au même titre que les connaisseurs et les groupes d’amis. Sans oublier les femmes, souvent minoritaires dans les espaces sportifs.
« C’est un espace inclusif et sécuritaire où les amatrices et amateurs de sport féminin peuvent se rassembler sans complexe », est-il écrit dans la présentation en ligne de la guinguette.
« On sent qu’il y a pas de mal de filles qui sont contentes d’avoir une place pour écouter du sport où elles se sentent bien », rapporte de son côté Valérie, qui considère le Nadia comme un espace de rassemblement, au-delà du simple lieu de visionnement.
Marianne, Célia et Marie, venues découvrir le Nadia entre amies, disent apprécier l’ambiance bienveillante. « On sent vraiment qu’on a notre place », dit l’une, tandis qu’une autre dit ne pas avoir à appréhender les « gars un peu « gossants » » des bars sportifs traditionnels.
« Il était temps qu’on prenne notre place dans la ville et dans le sport », soutient, quant à elle, Célia.
S’inscrire dans la vie de quartier
Si le Nadia a trouvé son public, il a aussi trouvé son quartier en s’installant dans Hochelaga. Les cofondatrices hésitaient entre cet arrondissement et celui de Villeray, avant qu’un local ne se libère au 3213, rue Ontario Est, entre les stations de métro Préfontaine et Joliette.
« Ça s’inscrit très bien géographiquement », se réjouit Catherine D. Lapointe, désignant un quartier dynamique, socialement mixte et francophone. « Je pense que ça marche bien avec ce qu’on offre », estime en terminant la cofondatrice.







