
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, lors d’une mêlée de presse à la conférence de la CCEM (Emmanuel Delacour/EMM)
18 Décembre 2025Montréal veut travailler avec Québec et Ottawa pour faire avancer l’Est
Pour sa première tribune publique depuis son élection en novembre, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, s’est adressée aux gens de l’est de la métropole en compagnie de la ministre fédérale Mélanie Joly et de la ministre provinciale Christine Fréchette. Bien que décidées à former un front commun pour représenter l’Est, les trois élues ont pris peu d’engagements concrets à cette occasion.
La présence de représentantes des gouvernements fédéral et provincial « lance le message que le développement de Montréal, et surtout de l’est de Montréal, va se faire avec les autres paliers du gouvernement », a lancé Mme Martinez Ferrada en mêlée de presse, à la fin de la conférence organisée par la Chambre de commerce de l’Est de Montréal (CCEM) qui se tenait mercredi matin.
Plus tôt, lors d’une allocution en ouverture de l’événement, l’élue municipale est revenue sur le fait que le dossier de l’Est relève désormais du bureau de la mairesse de Montréal et qu’un bureau spécial y était dorénavant dédié, démontrant ainsi qu’il s’agit pour elle d’une priorité.
Pour leur part, les ministres Joly et Fréchette ont assuré, durant une discussion animée par le président-directeur général (PDG) de la CCEM, Jean-Denis Charest, vouloir accélérer les investissements dans l’Est montréalais, notamment dans le Port de Montréal et ses infrastructures, mais aussi dans le domaine de la défense.

De gauche à droite : Jean-Denis Charest, PDG de la CCEM; Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal; Mélanie Joly, ministre fédérale; Christine Fréchette, ministre provinciale; et Chantal Rouleau, ministre provinciale (Emmanuel Delacour/EMM)
Mme Joly, qui est ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie du Canada et ministre responsable de Développement économique Canada pour les régions du Québec, a par ailleurs rappelé que le pays prévoyait investir 2 % de son PIB dans la défense au courant des prochaines années et que la base militaire Longue-Pointe, dans Mercier—Hochelaga-Maisonneuve, pourrait bénéficier de ces investissements.
Au niveau des transports, le PDG de la CCEM a réitéré que le dossier du Projet structurant de l’Est (PSE) fait partie des grandes préoccupations des acteurs de l’est. À ce propos, la ministre provinciale de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Mme Fréchette, a assuré qu’il s’agissait du premier dossier sur lequel la nouvelle agence Mobilité Infra Québec (MIQ) allait travailler et que ce dernier est « crucial, car il faut améliorer le temps de déplacement dans l’Est ». Pour sa part, son homologue à Ottawa, Mme Joly, a assuré que le gouvernement fédéral « sera-là pour le PSE ».
Cet automne, la CCEM avait réclamé un « signal clair » pour l’avancée du PSE, à la suite d’une entrevue de la PDG de MIQ, Renée Amilcar, accordée à Radio-Canada. Le tout suscité de vives réactions. Cette dernière avait alors soulevé la possibilité d’examiner à nouveau le modèle de tramway proposé par l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) et même de considérer un service rapide par bus (SRB) comme mesure transitoire pour la mobilité dans l’Est.
De son côté, la mairesse de Montréal a affirmé qu’elle rêvait de pouvoir effectuer le parcours de la pointe est de l’île vers le centre-ville en moins de 30 minutes et qu’il fallait s’inspirer du succès du REM dans l’ouest de l’île, dont l’antenne partant de Deux-Montagnes a récemment été mise en service.
Aucune annonce majeure
Malgré la démonstration de la force d’une mise en commun et du désir d’agir ensemble, aucun projet concret ni d’avancement majeur dans les chantiers en cours sur le territoire n’a été dévoilé mercredi.
En effet, certains acteurs de l’Est ne cachaient pas leur déception quant au manque d’engagements concrets de la part des élus lors de l’événement. C’est le cas de Christian Yaccarini, président et chef de la direction de la Société de développement Angus (SDA). « Il semble avoir un front commun [pour l’Est]. De ce côté-là, on peut dire bravo. Mais il n’y avait aucune annonce. Il y a un projet de panneaux solaires, mais on attend encore du financement clairement », a-t-il constaté.
M. Yaccarini faisait ainsi référence à un projet soulevé par la ministre Joly lors de la conférence. L’entreprise Solaris chercherait à s’installer à Montréal-Est pour y développer des panneaux solaires. Il s’agirait d’investissements d’environ 1 milliard de dollars, a évoqué le PDG de la CCEM. « C’est un projet qui est en développement, donc il n’y a pas d’annonce aujourd’hui. Mais de ce que je comprends, il y a de l’intérêt de la part du gouvernement fédéral », a précisé M. Charest lors du panel.
Aucune annonce non plus en ce qui concerne les terrains contaminés du Secteur industriel de la Pointe de l’île (SIPI), où environ 29 millions de pieds carrés attendent d’être développés. En novembre 2023, le gouvernement du Québec avait annoncé la création de la Société de mise en valeur de terrains dans l’Est de Montréal (SMTEM), avec à la clé une enveloppe de 100 M$ pour « l’acquisition, la mise en valeur et la gestion de terrains industriels » sur ce territoire.
EST MÉDIA Montréal a interrogé Chantal Rouleau, ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, au sujet de l’avancement des travaux de la SMTEM. Celle-ci a rapidement indiqué qu’en tant que nouvelle ministre de la Métropole, elle reprenait le dossier. « Je suis responsable de cette société qui travaille très bien, très fort pour faire avancer les choses. Dès qu’on aura quelque chose à dire de plus concret, on va le faire », a-t-elle résumé, avant de terminer l’entrevue.
De son côté, M. Charest s’est tout de même réjoui de la présence des élus mercredi. « Aujourd’hui, je crois que c’est une très bonne nouvelle. On voit qu’il y a un arrimage fort entre tous les paliers de gouvernement qui veulent accélérer l’Est. Je sens qu’on veut travailler différemment, et la création d’un bureau administratif [à la Ville] va aider », a résumé le PDG de la CCEM en entrevue à la fin de l’événement.
Celui-ci s’est montré optimiste quant à l’avancement des dossiers importants pour le territoire, anticipant que « que 2026 sera une grande année pour l’est de Montréal ». « Il y a, bien entendu, une fenêtre avant de tomber en élections [provinciales, prévues en octobre 2026]. (…) je sens un sentiment d’urgence que je n’ai pas senti [auparavant] pour faire arriver les choses », a affirmé en terminant M. Charest.







