(Emmanuel Delacour/EMM)

Montréal-Nord restaure 1 km de berges le long de la rivière des Prairies

Après une restauration complète sur un kilomètre, les berges de la Rivière-des-Prairies à Montréal-Nord ont officiellement été inaugurées lundi. Cette intervention, dont le principal objectif est de contrer l’érosion des sols, redonne un accès bonifié aux citoyens au cours d’eau.

Une trentaine de résidents étaient rassemblés au parc Aimé-Léonard lors de l’événement pour entendre la mairesse de Montréal-Nord, Christine Black, ainsi que des experts de l’Arrondissement expliquer les détails de ce projet d’environ 2 M$.

La mairesse de Montréal-Nord, Christine Black (Emmanuel Delacour/EMM)

« Aujourd’hui, on se retrouve au bord de la magnifique Rivière-des-Prairies, joyau de notre arrondissement. Nous sommes ici pour célébrer bien plus que la fin des travaux, mais aussi pour célébrer notre engagement envers notre territoire, notre environnement et envers les générations à venir. Les berges de Montréal-Nord sont l’un de nos plus beaux patrimoines naturels », a souligné Mme Black.

Ainsi, plusieurs portions de talus fragilisées ont été stabilisées, des milliers de végétaux indigènes ont été plantés et les grèves dégradées ont été restaurées et nettoyées.

De plus, le sentier qui longe la berge entre le parc Aimé-Léonard et le pont Pie-IX a été réaménagé. En effet, au fil des années, une importante érosion des sols s’était instaurée, ce qui peu à peu endommageait le site.

En outre, une bande de protection de 10 mètres entre la rive et les sentiers piétonniers a été créée et des sections de pistes piétonnières et cyclables ont été déplacées pour éviter le piétinement de la bande de protection.

Certaines espèces arbustives indésirables ont été retirées et des aménagements pour la faune, tels que des aires de lézardage pour les tortues, ont été installés.

Avant le lancement du chantier en automne dernier, l’Arrondissement a procédé à des études de faune et de flore. D’ailleurs un inventaire des espèces présentes a été dressé.

« Ça nous a permis de pouvoir développer des concepts de restauration, de conserver des arbres existants, parce que ces arbres-là vont nous permettre d’empêcher les glaciers en hiver d’accélérer l’érosion », explique Marie-Andrée Bertrand, architecte paysager à Montréal-Nord.

« On a utilisé trois méthodes de restauration des talus : avec des méthodes de mélange terre-pierre, de l’enrochement et puis des galets », poursuit-elle.

Des interventions pour décontaminer les sols ont été nécessaires durant le chantier, révèle Pierre Bertrand, conseiller en planification à l’Arrondissement.

Plusieurs aménagements ont été faits entre le sentier et les berges (Emmanuel Delacour/EMM)

Effectivement, une partie du sentier et de la berge avaient été construits en remblais, « un remplissage qui a été fait à l’époque avec peu de suivi sur la qualité des sols qui ont été mis », rapporte-t-il. Prolonger les travaux de restauration de la berge vers l’ouest pourrait donc coûter « quatre fois plus cher » en raison de cette contamination, estime l’expert.

Par ailleurs, l’Arrondissement est en négociation avec le gouvernement du Québec pour acquérir tous les lots de ses berges, note M. Bertrand.

Sans les interventions, une partie du parc et des arbres de la berge auraient été perdus sur une période « de peut-être 5 ou 10 ans. » « Il n’y avait plus aucune valeur esthétique et environnementale à cette rive, les berges étaient complètement piétinées par les personnes qui y accédaient », ajoute l’expert.

L’initiative a été rendue possible grâce à une contribution conjointe du gouvernement du Québec et de la Communauté métropolitaine de Montréal, pour 1,2 M$, dans le cadre de la Trame verte et bleue du Grand Montréal, ainsi que du Fonds d’Action Saint-Laurent, par l’entremise du Programme maritime pour la biodiversité du Saint-Laurent à la hauteur de 300 000 $.