
(Photo tirée de la page Facebook de l’arrondissement de Montréal-Nord)
17 octobre 2025Montréal-Nord : la propreté et l’accès au transport collectif au cœur des enjeux
Les problèmes d’insalubrité ainsi qu’une plus grande accessibilité au transport en commun dominent les discours électoraux à Montréal-Nord. Les solutions pour surmonter ces enjeux diffèrent toutefois selon les partis et leurs candidats et candidates.
Parmi celles-ci, on retrouve Christine Black d’Ensemble Montréal, la mairesse en poste depuis l’élection partielle de 2016, qui sollicite un nouveau mandat. Pour sa part, Projet Montréal compte sur Roger Petit-Frère pour remplacer la mairesse sortante. Impliqué dans le milieu communautaire de Montréal-Nord, il est le directeur général du Centre Jean-Paul Lemay, établissement dédié à la formation des adultes. La formation Action Montréal, quant à elle, propose la candidate Anastasia Marcelin. Très présente sur les médias sociaux, celle qui se définit avant tout comme une militante s’était auparavant présentée comme candidate indépendante jusqu’à la mi-septembre.
Transition Montréal n’a pas présenté de candidats à la mairie pour Montréal-Nord.
La salubrité : une priorité citoyenne
Parmi les sujets abordés lors des rencontres avec les électeurs sur le terrain, la question de la propreté de Montréal-Nord s’avère un thème récurrent. Les trois candidats s’entendent là-dessus.

La candidate d’Ensemble Montréal et mairesse sortante de Montréal-Nord, Christine Black (Courtoisie)
Même si son parti s’est engagé à augmenter les brigades de propreté, Mme Black croit qu’une meilleure collaboration avec la ville-centre améliorerait la situation. « Comme arrondissement, on est limités. Il y a beaucoup de sommes qui ont été données pour la propreté dans les quartiers centraux, avec des brigades. Nous aussi, on y a droit », insiste-t-elle.
Roger Petit-Frère fait le même constat quand il discute avec les Nord-Montréalais : « On parle beaucoup de l’insalubrité des maisons où on rencontre des cafards. On voit aussi des poubelles qui traînent dans certaines rues. » Selon l’aspirant maire, le phénomène est accentué par le fait que Montréal-Nord « manque d’espaces verts ».
Pour sa part, la candidate d’Action Montréal dénote que la malpropreté concerne aussi l’entretien des immeubles résidentiels. « Les logements insalubres sont un fléau à Montréal-Nord. Des logements infestés de coquerelles, de punaises, de seringues, il y en a beaucoup. » Elle reconnaît aussi que le problème se manifeste à l’extérieur en faisant remarquer que « certains citoyens ne sortent même plus sur les balcons en été tellement il y a des coquerelles et des bibittes dehors. Et ça pue! »
Pour atténuer le problème, elle propose de « donner des contraventions aux citoyens qui ne respectent pas la propreté, pour que l’arrondissement soit toujours propre et que les entreprises aient le goût d’être là. »
Montréal-Nord et les projets de transport collectif dans l’est
L’est de Montréal verra se développer de grands projets de transport collectif, tels que le REM de l’est ou le prolongement de la ligne bleue du métro. Cependant, le territoire de Montréal-Nord semble à l’écart de ces futurs trajets.

Roger Petit-Frère, candidat de Projet Montréal à la mairie de Montréal-Nord (Courtoisie)
« Montréal-Nord est un peu le parent pauvre de tous les grands projets qui sont en cours », tranche la mairesse actuelle. « La ligne bleue se rapproche de Montréal-Nord, mais ce n’est pas dans le quartier. Ça nous prend au moins un tramway! Les gens n’ont pas beaucoup d’alternatives à Montréal-Nord. Ils sont obligés de se tourner vers la voiture. »
Le candidat de Projet Montréal croit justement que la solution prônée par son parti peut apporter des changements positifs dans le quartier. « Notre chef, Luc Rabouin, a parlé du tramway de l’Est, pour relier Pointe-aux-Trembles à Rivière-des-Prairies et Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. On parle aussi de relier Saint-Léonard et Montréal-Nord. » M. Petit-Frère avance qu’il s’agit de la meilleure alternative pour le secteur. Notamment pour « l’est de Pie-IX, qui n’est pas bien desservi à l’heure actuelle ».
Si l’arrivée d’un tramway passant par Montréal-Nord suscite quelques espoirs chez les principaux partis, la venue d’une station de métro à Montréal-Nord demeure néanmoins, pour la candidate d’Action Montréal, la meilleure des options. Elle avance même que l’accès au métro pour les Nord-Montréalais se traduirait en répercussions positives, allant au-delà de la seule question du transport. « Ça va augmenter la valeur des loyers. Ça va engendrer plus d’emplois aussi », croit-elle.
D’autant plus que Mme Marcelin s’était elle-même impliquée dans le parti de Luc Rabouin en 2017, motivée par la venue imminente du métro dans l’arrondissement. « Je m’étais lancée avec Projet Montréal parce qu’on nous promettait une ligne rose. J’étais contente parce que l’accessibilité au métro, c’est très difficile à Montréal-Nord. Aujourd’hui, c’est encore plus catastrophique. C’est comme si on était en train de nous couper du reste de Montréal. »
Défis économiques pour les prochaines années
Hormis la propreté et les difficultés d’accès au transport public, les élus de Montréal-Nord devront aussi prendre en considération sa vitalité économique.

Anastasia Marcelin, candidate à la mairie de Montréal-Nord pour Action Montréal (Courtoisie)
Du côté d’Ensemble Montréal, Christine Black croit que les initiatives déjà entamées par son administration s’annoncent prometteuses. « Notre secteur industriel est un de nos pôles importants pour travailler l’aspect économique. On veut accélérer ça avec le plan de développement économique qu’on est train de faire pour redynamiser nos zones industrielles. L’objectif, c’est d’attirer de grands investisseurs pour faire en sorte qu’ils voient le potentiel de Montréal-Nord », évoque Mme Black.
En ce sens, elle s’est affairée à redorer l’image de Montréal-Nord au cours des dernières années : « On a remarqué qu’il y avait un grand écart entre la perception que les gens avaient de nous et la réalité. Il y a tout un travail de branding à faire. On voulait s’assurer d’avoir une belle image, un beau logo, une belle présentation. »
Ce repositionnement se voulant surtout « cosmétique », selon les mots de Mme Black, son efficacité sur le plan économique sera aussi considérable. « En étant plus attractifs, les promoteurs vont commencer à s’intéresser à nous. Notre objectif, c’est de créer des emplois ici, dans le quartier, pour les gens de Montréal-Nord. »
Quant à Roger Petit-Frère, le chômage reste l’enjeu principal auquel son parti compte s’attaquer s’il est élu. « À Montréal-Nord, le taux de chômage est beaucoup plus élevé par rapport à la moyenne montréalaise », rappelle-t-il. Pour remédier à la situation, il veut miser sur l’entrepreneuriat, qu’il considère comme « un moyen direct de créer des emplois. » Il compte également sur « sur l’économie sociale et les jeunes » pour dynamiser la vie économique de l’arrondissement. D’ailleurs, le candidat estime qu’il faut interpeller les jeunes qui terminent leurs études afin de « leur donner le plus de stages possible ».
Si on veut parler d’économie à Montréal-Nord, Anastasia Marcelin pense qu’on ne peut ignorer les requêtes des commerçants issus de l’immigration. « On oublie de parler des business des nouveaux arrivants à Montréal-Nord. J’ai rencontré beaucoup de ces entrepreneurs. Sur la rue Charleroi, il y a plein d’entrepreneurs qui sont de nouveaux arrivants. »
Elle affirme que certains de ces entrepreneurs issus de l’immigration récente doivent composer avec des réalités administratives de taille, comme l’attente d’un permis commercial. « Comment peut-on faire pour structurer ces commerçants qui n’ont pas de permis? Il y a des restaurants qui ont demandé des permis il y a un an et qu’ils n’arrivent toujours pas à avoir », déplore-t-elle en terminant.



