
La friche Charleroi (Google Maps)
4 juin 2026Montréal-Nord : un ancien dépôt à neige renaitrait en jardin communautaire
Un des derniers terrains en friche de Montréal-Nord pourrait se transformer en jardin communautaire. En effet, l’Arrondissement a récemment déposé une demande de financement pour décontaminer le sol de cet ancien dépôt à neige, qui pourrait être reverdi et connecté à un cours d’eau naturel du secteur.
La friche Charleroi est un lot d’une superficie de 19 824,3 mètres carrés situé sur l’extrémité est de la rue Charleroi. Ce terrain est la propriété de l’administration municipale depuis l’époque de l’ancienne ville de Montréal-Nord, avant sa fusion avec la ville de Montréal.
« C’est un terrain qui était de base un dépôt à neige, où il y a beaucoup de remblais, donc qui est quand même extrêmement contaminé. Mais c’est aussi un des rares terrains libres à Montréal-Nord, parce qu’on n’en a plus beaucoup, alors on le garde précieusement », souligne Philippe Thermidor, conseiller d’arrondissement à Montréal-Nord. Ainsi, le terrain fut un dépôt à neige entre les années 1999 et 2005, mais aussi un garage municipal pendant plusieurs années, fait savoir l’élu.

La friche Charleroi se trouve dans un secteur comportant d’importants îlots de chaleur (Google Earth)
Ce dernier ajoute que son administration est « sur une belle lancée dans la réhabilitation de nos milieux naturels » depuis la décontamination des berges situées entre le parc Aimé-Léonard et le pont Pie-IX, sur une distance d’un kilomètre. Entrepris au début de cette année, ce projet de 2,2 M$ a permis la restauration de talus en érosion, la plantation de végétaux riverains et l’enlèvement de débris sur les grèves dégradées.
Ainsi, dans la même optique de restauration, l’Arrondissement cherche à étudier la « faisabilité » d’un projet de jardin communautaire sur une portion de la friche Charleroi. « On aimerait redonner un espace aux citoyens de ce secteur, en plus de fournir une offre en sécurité alimentaire », note le conseiller, ajoutant que la zone comporte d’importants îlots de chaleur en raison de magasins de grande surface à proximité.
De plus, on entrevoit la création d’un milieu humide à même le lieu pour le connecter avec un fossé de drainage d’une voie ferrée à proximité qui mène jusqu’au Parc Ruisseau-de-Montigny.
Avec l’augmentation des épisodes de pluies intenses à Montréal, le site choisi a un potentiel considérable pour la restauration de milieu humide, car il est un ancien ruisseau avec un potentiel de drainage de plusieurs cuvettes situées sur la rue Lacordaire et le boulevard Industriel. « Dans le secteur où se situe ce terrain, on a souvent des inondations, parce qu’il y a un bassin de la ville sous le viaduc Lacordaire. Toutefois, le ruisseau de Montigny peut nous aider à pallier les inondations, en venant désengorger le bassin. Ça pourrait permettre d’écouler l’eau gardée dans le bassin », explique M. Thermidor.
Demande de financement

Le conseiller d’arrondissement de Montréal-Nord, Philippe Thermidor (courtoisie)
Cependant, le projet est dépendant des enveloppes disponibles au niveau du gouvernement, insiste l’élu. À l’instar du projet de réhabilitation des berges, dont la décontamination avait en partie été subventionnée par le gouvernement du Québec et la Communauté métropolitaine de Montréal à la hauteur de 1,2 M$, ainsi que par le Fonds d’Action Saint-Laurent qui lui a versé 300 000 $, l’Arrondissement compte sur une enveloppe de 75 000 $ du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
L’échéancier pour le chantier étant tributaire de ce financement, l’Arrondissement n’a pas encore de calendrier précis concernant les prochaines étapes. « On est encore aux balbutiements du projet », spécifie M. Thermidor.
La demande dans le cadre du programme de restauration et de création de milieux humides et hydriques a été déposée par l’Arrondissement le 31 mars dernier, confirme l’élu. L’argent permettrait de procéder à une étude afin d’obtenir diverses informations, notamment sur la qualité des sols, la caractérisation de la flore et de la faune dans le fossé de la voie ferrée adjacente, ainsi qu’une cartographie du réseau de drainage local.
Ce projet revêt une importance d’autant plus grande à Montréal-Nord en raison de son déficit d’espaces verts. Selon les données publiées par l’Arrondissement, Montréal-Nord se situe en deçà de la moyenne montréalaise en ce qui a trait au pourcentage du territoire occupé par des parcs, avec 3,9 % de la superficie de l’arrondissement, contre 11,4 % du territoire en moyenne pour l’ensemble des arrondissements de la Ville. En outre, l’arrondissement se classe au dernier rang des arrondissements en termes de superficie de parcs par rapport à sa population. Loin derrière la moyenne montréalaise de 24 412 m² par 1 000 habitants, Montréal-Nord ne compte que 5 149 m² de parcs par 1 000 habitants.







