
L’usine d’Indorama Ventures, située à Montréal-Est (Courtoisie Indorama Ventures)
24 septembre 2025Montréal International : des secteurs clés pour attirer des entreprises étrangères
Près d’un an après sa création, un groupe dont la mission est d’attirer des entreprises dans l’est de Montréal poursuit son travail, malgré un contexte économique difficile entre le Canada et les États-Unis sous l’administration Trump.
En décembre dernier, la ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Christine Fréchette, présentait devant la Chambre de commerce de l’Est de Montréal (CCEM) d’importants investissements. L’un d’entre eux consistait en la mise en place d’une « cellule de prospection d’investissements directs étrangers », visant à dynamiser l’est de la métropole. Une somme de 500 000 $ avait été octroyée à l’organisme Montréal International à cet effet par l’entremise du Fonds signature métropole du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation.

Stéphane Paquet, PDG de Montréal International (Courtoisie)
Qu’en est-il aujourd’hui de cette cellule? « Elle est bel et bien en place et elle progresse », assure Stéphane Paquet, président-directeur général de Montréal International. Dans les derniers mois, l’organisme a ainsi « beaucoup travaillé » avec les acteurs locaux de l’est pour identifier les besoins dans les chaînes de valeur de différents secteurs économiques. L’objectif : trouver les entreprises idéales, qui viendront compléter les écosystèmes déjà en place.
Pour ce faire, la cellule a en premier lieu cerné les secteurs d’activité essentiels dans l’est. Ainsi, les technologies propres, le recyclage de plastique, les sciences de la vie, le bioalimentaire, les transports et la logistique ont été identifiés comme étant ceux à privilégier dans la recherche d’entreprises à attirer en sol montréalais.
Une véritable « équipe multidisciplinaire » a été mobilisée pour dénicher les futurs partenaires économiques de l’est, explique Philippe Lafrance, directeur principal responsable de l’est de Montréal chez Montréal International. On parle ainsi d’ambassadeurs qui partent à l’étranger pour prospecter les potentielles entreprises, mais aussi des analystes et des experts en informatique qui seront en mesure d’agréger les informations pertinentes sur les différentes chaînes de valeur de l’est.
Bien que des « joueurs soient dans le pipeline » selon M. Paquet, il est encore trop tôt pour annoncer la venue de nouvelles entreprises dans le secteur. « Il y a des projets plus matures que d’autres qui avancent. Une fois qu’on a dit ça, le temps d’incubation moyen tous secteurs confondus chez Montréal International, c’est autour de deux ans », insiste le PDG.
Contexte économique
L’arrivée de l’administration Trump au pouvoir a chamboulé les plans d’expansion de plusieurs entreprises, ici et à l’étranger. Malheureusement, les projets dans l’est de Montréal n’ont pas été épargnés par cette situation.
« Quand on accepte des mandats chez Montréal International, on a historiquement tendance à livrer plus que ce qui nous est demandé et j’espère bien que dans le cadre du mandat dans l’est de Montréal, on pourra dire la même chose. Malgré cela, effectivement, le contexte Trump est difficile. Ça ne veut pas dire qu’on ne travaille pas fort, au contraire. Je suis sûr qu’il y aura des annonces », soutient M. Paquet.
Beaucoup d’entreprises locales pariaient fortement sur la création de pôles d’emplois dans l’est, notamment dans le secteur de la santé ou de la chimie verte. Or, en novembre 2023, EST MÉDIA Montréal rapportait que le projet de zone d’innovation en santé portée par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, à l’époque dirigé par Pierre Fitzgibbon, était abandonné. Du côté de la chimie verte, la fermeture de l’usine Indorama en 2024, partenaire essentiel de la chaîne du polyester dans l’est, a agi comme une douche froide sur les ambitions de revitalisation de la chimie industrielle.

Philippe Lafrance, directeur de la cellule de prospection d’investissements directs étrangers pour l’est de Montréal (Courtoisie)
« C’est certain que ces pôles-là, ça crée des opportunités pour les entreprises internationales pour venir s’implanter là-dedans, pour s’y greffer. Toutefois, ce ne sont pas les pipelines principaux sur lesquels Québec nous a demandé de travailler », assure M. Lafrance.
Malgré tout, Montréal International suit de près le dossier de la chaîne du polyester, confirment MM. Paquet et Lafrance, notamment pour trouver un nouveau locataire dans l’usine d’Indorama, désormais inoccupée. « On travaille fort pour s’assurer que les actifs ne soient pas perdus (…) et au maintien des actifs de cette chaîne-là », indique le directeur de la cellule.
Enfin, Stéphane Paquet assure que le potentiel de l’est demeure toujours important. « Il y a des terrains qui étaient contaminés qui ont été décontaminés. C’est vrai que la question du transport des personnes reste encore difficile, mais du côté des marchandises, c’est extraordinaire, parce qu’on est collé sur le port de Montréal. C’est un atout assuré. Et il y a aussi une main-d’œuvre. Ce sont trois éléments clés pour l’est de Montréal », conclut-il.






