
Le 13300, rue Sherbrooke Est, à PAT (Google Maps)
2 février 2026Mobilisation contre un restaurant avec un service à l’auto à PAT
Plusieurs voix s’élèvent contre la venue possible d’un restaurant avec un service à l’auto sur la rue Sherbrooke Est, à Pointe-aux-Trembles (PAT). Les élus de Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles (RDP—PAT) devront décider si le projet peut aller de l’avant mardi soir, lors du conseil d’arrondissement.
En effet, un point à l’ordre du jour de la séance vise à statuer sur un appel déposé par le propriétaire du terrain. Ce dernier demande à l’arrondissement de lui permettre de démolir l’édifice situé au 13300, rue Sherbrooke Est, et ce, sans devoir se soumettre à des exigences formulées par le Comité d’étude des demandes de démolition de l’arrondissement.
« Les conditions, c’est de ne pas [construire] de service au volant et de ne pas faire d’entrée et de sortie sur la 36e avenue. Ça comprend aussi une protection entre le développement et les cours arrière », explique Marie-Claude Baril, conseillère d’arrondissement du district de PAT. Le terrain dont il est question est adjacent à une zone résidentielle. La venue d’un restaurant avec un service à l’auto viendrait grandement « nuire à la qualité de vie » des résidents du secteur, notamment en raison d’un achalandage 24 h sur 24 et d’une congestion automobile accrue sur les rues résidentielles avoisinantes, craint l’élue.
De plein droit, mais pas à la bonne place
Mme Baril, de Projet Montréal, demande donc au maire d’arrondissement, Denis Pelletier, et à son équipe de se prononcer contre la demande du propriétaire du terrain de porter en appel la décision du Comité d’étude. Celui qui vient d’entrer en poste sous la bannière d’Ensemble Montréal devrait prendre en compte la position de la précédente administration à ce sujet, affirme Mme Baril.
« Le projet en soi est de plein droit, reconnaît-elle. Mais quand on a eu vent de ça, à la fin de 2024, on n’était pas certaines que ce soit le bon projet à la bonne place », insiste-t-elle. Seule la question de la démolition de l’immeuble présent sur le terrain permet aux élus de délibérer sur le projet proposé, soulève l’élue de PAT.
D’ailleurs, l’équipe de la précédente mairesse avait instauré à l’époque une réglementation pour interdire les restaurants avec service au volant près des cours résidentielles. Toutefois, ce règlement n’étant pas rétroactif, le projet en question n’y est pas soumis. Ainsi, si les élus approuvent la demande d’appel du propriétaire mardi soir, plus rien n’empêchera le projet d’aller de l’avant, souligne Mme Baril.
Le dossier avait déjà été examiné par les services juridiques de l’arrondissement et celui-ci avait « de bonnes chances » d’avoir gain de cause advenant une éventuelle judiciarisation de la situation. « On avait envoyé un signal fort que l’on ne voulait plus de services au volant en mettant tout de suite en place notre nouveau règlement et aussi parce que le comité a émis des conditions. Cela signifie qu’on ne rejetait pas le projet [dans son ensemble], mais plutôt qu’on le rejetait dans ces conditions-là », rappelle Mme Baril.
En outre, le maire Pelletier a demandé un nouvel avis juridique de la part des services de l’arrondissement, tout en retirant le point à l’ordre du jour de ce dossier lors du conseil du 2 décembre 2025. Dans un résumé des faits saillants du conseil diffusé par l’arrondissement, on explique que « le maire Denis Pelletier a demandé le retrait d’un point à l’ordre du jour concernant le projet d’implantation d’un nouveau restaurant McDonald’s sur la rue Sherbrooke ». L’élu souhaitait ainsi « prendre connaissance du cadre juridique applicable à ce type de demande de façon plus éclairée » et reporter le point au conseil du 3 février 2026.
Au moment d’écrire ces lignes, l’équipe du maire n’avait pas retourné notre demande d’entrevue.
Nuisances
Il n’y pas que la conseillère d’arrondissement du district de PAT qui s’oppose à ce projet. Environ 660 citoyens ont signé une pétition en ligne demandant « [d’]empêcher la construction de ce restaurant ». Les citoyens citent entre autres un risque de « dégrader la valeur de [leurs propriétés] » adjacentes, ainsi que « de perturber [leur] quiétude compte tenu de l’augmentation prévisible du niveau des nuisances sonores, visuelles et olfactives ainsi que les risques pour la sécurité liés à l’augmentation de la circulation ».
Enfin, dans les documents décisionnels déposés à la veille de la séance du conseil d’arrondissement, la Division de l’urbanisme, des permis et de l’inspection de la Direction du développement du territoire et études techniques à RDP—PAT recommande elle aussi de « rejeter l’appel du propriétaire ».
Historique du projet
Le 9 décembre 2024, la Direction du développement du territoire et études techniques a reçu une demande de permis en démolition visant un bâtiment commercial isolé situé au 13300, rue Sherbrooke Est, à PAT.
Trois avis d’opposition, datés du 19 et du 20 août 2025, ont été transmis à l’arrondissement et soumis au Comité d’étude des demandes de démolition.
Le 27 août 2025, le projet a fait l’objet d’une décision du comité de démolition en vertu de l’article 4 du Règlement régissant la démolition d’immeubles lors d’une séance publique. Des conditions sont alors imposées au propriétaire pour aller de l’avant avec la démolition de l’édifice présent sur le terrain.
Une demande d’appel a été interjetée par écrit par le propriétaire du bâtiment concerné le 22 septembre 2025, en vertu de l’article 28 du Règlement régissant la démolition d’immeubles. Un document justificatif a également été transmis par courriel le 26 septembre 2025.







