Maïté Sinave sera de retour au festival cette année – Crédit photo Vincent Descôteaux (courtoisie Minifest)

Minifest : 10e édition pour ce festival de l’humour « champ gauche » dans Hochelaga

La dixième édition du Minifest se tiendra du 11 au 28 juin dans Hochelaga. Le festival d’humour alternatif revient avec une programmation qui mêle artistes émergents et établis, autour de spectacles aux registres variés.

Le président et co-fondateur du Minifest, François Tousignant, aurait aimé que le dixième anniversaire du festival « ne soit qu’une fête », mais le contexte social et politique « anxiogène », estime-t-il, donne au festival un « sens différent ».

À l’image des Canadiens de Montréal en séries, le Minifest veut renforcer la cohésion sociale en amenant le public à se rassembler et à se découvrir, mais aussi en lui apportant « quelque chose de plus lumineux dans un contexte un peu plus sombre », soutient pour sa part Maude Cégé, directrice de la programmation.

Le contexte teinte inévitablement les spectacles de certains artistes, « qui ont des choses à dire différentes d’il y a dix ans », ajoute François Tousignant, et qui amènent le public à s’interroger sur certains sujets à travers l’humour. D’autres spectacles sont au contraire un moyen de « décrocher de la politique et de juste passer un bon moment ensemble. »

Une programmation solide

La programmation de l’édition 2026 comporte près de 70 spectacles, allant du show d’humour classique à l’improvisation, en passant par la drag et l’absurde. Étalés sur plus de deux semaines, les représentations auront lieu dans divers cafés, brasseries, salles de spectacles et espaces publics d’Hochelaga.

La diversité s’incarne aussi dans le choix des artistes, dont certains sont déjà bien établis, comme Laurent Paquin, Simon Delisle ou Jo Cormier, et d’autres sont issus de la relève, comme Alexandre Forest, Mélodie Bujold-Henri ou Salem Mesri.

Parmi les spectacles suggérés par l’équipe du Minifest en entrevue se trouve celui de Yasmina Leveillé, « Entre Beyrouth et Lévis », qui mêle stand-up et musique néoclassique. Il y a également « Le tournoi des personnages », qui verra s’affronter huit humoristes. Ou encore le gala d’ouverture, qui donnera le coup d’envoi de l’édition en compagnie de six artistes, et qui est offert gratuitement.

L’humoriste Noémie Leduc Roy sera de la programmation 2026 – Crédit photo Vincent Descôteaux (courtoisie Minifest)

L’humour autrement

Lorsqu’il s’est créé en 2016, le Minifest répondait à un besoin de certains humoristes d’avoir plus de liberté dans leur création. « On voulait un nouvel espace pour se présenter un peu plus sous nos conditions et à notre façon », se souvient François Tousignant, co-fondateur du festival.

Contrairement à la plupart des grands festivals d’humour, le Minifest s’inscrit dans une démarche d’autoproduction, qui permet aux artistes de garder la main sur la création de leur spectacle, tout en les autorisant à prendre plus de risques que s’ils produisaient leur spectacle seuls, explique Maude Cégé. « Nous on loue les salles, on s’occupe de la technique, du personnel… et eux ils peuvent se concentrer sur tout ce qui est lié à la création. »

Le Minifest se revendique également de l’humour alternatif, « moins formaté » que celui de la télévision ou des formats traditionnels, estime son président. « On peut se permettre de tester des concepts, de sortir un peu de la boîte, d’être un peu plus champ gauche. » Le contenu s’en retrouve ainsi plus diversifié selon lui, avec des registres et des sujets plus variés.

L’événement est également devenu une rampe de lancement importante pour la relève de l’humour, « qui était vraiment en ébullition », et qui bénéficiait d’un nombre de scènes limité à l’époque, indique François Tousignant.

Un festival local

L’établissement dans Hochelaga était d’abord un choix logique, les membres fondateurs habitant tous le quartier, mais il s’inscrit également dans la démarche alternative de l’événement. « Ce désir-là d’autonomie, on le retrouve énormément dans le quartier », affirme François Tousignant, qui souligne la mixité sociale et la communauté artistique présente dans Hochelaga.

Loin du centre-ville, où se produisent la grande partie des festivals d’humour montréalais, le Minifest tient à son ancrage géographique, qui permet une plus grande proximité entre les artistes et le public, croit François Tousignant. « Plutôt que de miser sur l’aspect grandiose, on voulait essayer de ramener ça à l’échelle locale, en allant voir un humoriste qui n’habite pas très loin, dans un bar proche de chez nous. »

L’aspect local a aussi des avantages économiques, à la fois en contribuant à la vitalité du quartier, souligne le directeur, mais aussi en proposant des spectacles plus accessibles au public, les bars de quartier étant « souvent plus abordables que les gros événements du centre-ville », conclut le co-fondateur du festival.

Pour voir la programmation complète, cliquez ici.