Luc Rabouin, candidat à la mairie de Montréal et Alia Hassan-Cournol, candidate à la mairie de MHM (Courtoisie)

ALIA HASSAN-COURNOL SE LANCE DANS LA COURSE À LA MAIRIE DE MHM 

C’est la conseillère de la Ville Alia Hassan-Cournol qui tentera de reprendre le flambeau de Projet Montréal à la tête de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve (MHM). Celle-ci briguera la mairie de l’arrondissement aux prochaines élections municipales prévues cet automne.

Élue dans le district de Maisonneuve—Longue-Pointe, Mme Hassan-Cournol fera donc partie de l’équipe de Luc Rabouin, candidat de Projet Montréal au poste de maire de Montréal. Ils ont rencontré EST MÉDIA Montréal jeudi, en face du Marché Maisonneuve.

Les deux politiciens se connaissent d’ailleurs bien, puisque Mme Hassan-Cournol a été la directrice de campagne pour M. Rabouin en 2019. Elle fut aussi vice-présidente de Projet Montréal jusqu’en 2020, avant de remporter son siège dans MHM l’année suivante.

Aujourd’hui, la conseillère occupe aussi le poste de responsable du développement économique, au commerce et au design, ainsi que celui de déléguée à la réconciliation avec les peuples autochtones au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Faire les choses de manière différente

Après une mûre réflexion menée il y a quelques mois, Mme Hassan-Cournol a décidé de se lancer dans la course à la mairie de MHM, tout en sachant qu’elle devra affronter de nombreux défis dans cet arrondissement si elle venait à l’emporter le 2 novembre prochain.

« C’est un arrondissement qui, dans un sens, est difficile, car il y a vraiment beaucoup d’enjeux. J’ai la chance d’être élue dans Maisonneuve—Longue-Pointe, qui est un district qui est au centre de l’arrondissement, ce qui me donne une vue d’ensemble sur celui-ci », affirme-t-elle.

La candidate a travaillé aux côtés du maire sortant, Pierre Lessard-Blais, au cours des quatre dernières années. Toutefois, si elle croit qu’ils ont su ensemble travailler de façon « complémentaire » lors du présent mandat, Mme Hassan-Cournol affirme avoir un « style » différent de son collègue. « Pierre, c’est le maire de la transition écologique, qui a amené des changements en termes d’aménagement du territoire, d’aménagement des rues dans l’arrondissement. (…) Moi, c’est vraiment l’humain qui m’intéresse », soutient la candidate.

De prime abord, elle insiste sur le fait qu’elle souhaite être « en mode » écoute auprès de tous les citoyens et que les dossiers de l’habitation, de la cohabitation sociale et de l’itinérance seront au sommet de sa liste sous son éventuelle administration.

« Le mot mixité sociale est vraiment important pour moi, parce que ça me définit en raison de mon parcours personnel, mais aussi parce que ça définit très bien l’arrondissement dans sa démographie », souligne la candidate d’origine franco-égyptienne.

Au niveau de l’abordabilité du logement, cette dernière défend le bilan de Projet Montréal des quatre dernières années, qui a su intervenir au niveau réglementaire pour encadrer les fusions et subdivisions de logements, augmenter les taux de verdissement et interdire la location touristique en ligne du type Airbnb sur tout le territoire.

Cependant, Mme Hassan-Cournol veut aller encore plus loin, entre autres en s’attaquant à la question de la salubrité des logements, en augmentant le nombre d’inspecteurs et d’intervenants en liaison sociale avec les groupes d’aide au logement et en supervisant davantage les demandes des propriétaires au niveau des demandes de changement de zonage, par exemple.

Cohabitation

L’importante présence de personnes vivant en situation d’itinérance dans MHM continuera de faire l’objet d’intervention de la part de l’administration de Projet Montréal, assurent les deux candidats. D’entrée de jeu, il faudrait envisager de multiplier les unités modulaires d’habitation et les projets de petite envergure pour aider les personnes qui campent déjà dans les parcs et aux abords de la rue Notre-Dame Est.

« Depuis deux ans, on essaie d’avoir plusieurs petits refuges décentralisés, c’est-à-dire qu’ils ne se retrouvent pas seulement dans les quartiers centraux. Les gens, ils sont là, dans la rue, alors on veut leur offrir un lieu sécuritaire », souligne pour sa part M. Rabouin. Ce dernier reconnaît qu’il faudra assurer que l’offre en habitation d’urgence pour les personnes vulnérables ne pourra pas être concentrée seulement dans MHM ou dans Le Plateau—Mont-Royal, quartiers qui « font déjà beaucoup leur part » en matière d’itinérance. En janvier 2025, la Ville annonçait l’achat de 90 de ces unités modulaires dans le cadre d’un projet pilote.

« Il faut qu’il y ait plus d’intervenants sociaux sur le terrain. On en a parlé avec le ministre (responsables des Services sociaux) Carmant récemment. C’est une proposition que j’ai apportée au ministre. On a besoin de bottes avec du cœur et une expertise », martèle de son côté Mme Hassan-Cournol.

Il est fort à parier que la question de la cohabitation entre les citoyens et les nombreuses industries et les installations portuaires risque de se retrouver sur le bureau de la prochaine mairesse ou du maire de MHM. La saga de Ray-Mont Logistiques, cet opérateur de plateforme de transbordement de conteneurs dans le secteur de l’Assomption-Sud—Longue-Pointe (ASLP) a été un fardeau pour Projet Montréal, qui a perdu deux fois en cours contre l’entreprise.

Une poursuite de près d’un tiers d’un milliard de dollars intenté par Ray-Mont a acculé au pied du mur l’administration, qui est parvenue finalement à trouver un terrain d’entente avec l’entreprise, non sans causer l’ire de plusieurs militants en protection de l’environnement.

Il était impossible de faire payer aux contribuables la somme de la poursuite intentée, insiste Mme Hassan-Cournol, qui rappelle que Ray-Mont Logistiques a le droit de mener ses opérations, avec ou sans l’approbation de la Ville. « Les gens de la Mobilisation 6600 et des groupes connexes, leurs revendications sont absolument légitimes, on est les premiers à les soutenir. Maintenant, on s’est retrouvé dans une situation qu’on ne voulait pas avoir et on a quand même réussi des gains majeurs, dont le règlement d’emprunt de 88 M $ avec M. Rabouin pour encercler Ray-Mont avec un corridor de mobilité et d’espaces verts », affirme la candidate à la mairie de MHM.

De manière générale, M. Rabouin rappelle que Projet Montréal a modifié sa stratégie de développement du territoire dans le secteur de ASLP. « On considérait qu’on était dans une zone industrielle stratégique au niveau du développement économique, mais on a changé l’approche. On mise maintenant plus sur des petites entreprises d’innovation. On ne veut plus attirer les industries, mais plutôt des entreprises avec une valeur ajoutée », insiste-t-il.

Au niveau de la mobilité, Mme Hassan-Cournol affirme vouloir en faire davantage en ce qui concernant la sécurisation des déplacements à pied. « On a mis des aménagements urbains qui nous permettent d’être en sécurité, à la Place Simon-Valois, par exemple. Ça montre ce qu’on est capable de faire. On fait la même chose à Tétraultville et on va continuer, car il y a des zones à sécuriser qui sont essentielles. Ça fait dur dans Mercier-Ouest et ça va être une priorité pour nous », souligne-t-elle.